«Sir Gaëtan» - Le «Mechanical Engineer» Rugoobur: «Plizir fwa mo’nn dir misié Issany febles lakok»

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Oomadevi Rajagopall, en charge des réclamations d’assurances au Marine Department de la MPA, et Prakash Rugoobur (à dr.), Superintendent Mechanical-Marine, ont été appelés à la barre hier.

Oomadevi Rajagopall, en charge des réclamations d’assurances au Marine Department de la MPA, et Prakash Rugoobur (à dr.), Superintendent Mechanical-Marine, ont été appelés à la barre hier.

Un nom qui revient sans cesse dans les témoignages de plusieurs employés de la Mauritius Ports Authority (MPA) qui sont convoqués par la cour d’investigation pour faire la lumière sur le drame du remorqueur Sir Gaëtan. Il s’agit de Yaasin Issany, Electrical and Electronic Engineer à la MPA qui avait été transféré au Marine Engineering Department en 2018. Lors de son précédent passage, il avait martelé qu’il n’était pas responsable de ce département mais donnait un coup de main à ses supérieurs, le Port Master et son adjoint.

Or, hier, lors de la reprise des travaux, l’ingénieur Satyanam Prakash Rugoobur, Superintendent Mechanical-Marine, a soutenu qu’il a été posté au Marine Department le 1er novembre 2018 et que Yaasin Issany était bel et bien son supérieur. «Il présidait des réunions quotidiennes en présence du Marine Superintendent.»

 À une question de Me Rault, représentant des syndicats MPA-MAOSU, l’ingénieur mécanique a répondu que le 6 juin 2019, il avait informé son supérieur de la mauvaise condition de la coque du remorqueur côté tribord. «Plizir fwa mo’nn dir misie Issany febles lakok. Me pa ti ena okenn reaksion.» Il a fait ressortir que même pendant les réunions du matin, cette faille n’a pas été évoquée. Satyanam Prakash Rugoobur explique qu’il n’était nullement impliqué dans l’achat des équipements pour le Sir Gaëtan. Cette tâche incombait à des ingénieurs stagiaires qui préparait la liste et que c’est Yaasin Issany qui passait les commandes. Le témoin a expliqué que le remorqueur est entré en cale sèche le 23 mai 2019 et en est sorti le 6 juin 2019. Ensuite, il est entré au quai de réparation de Taylor Smith pour des travaux sur le moteur. Il en est ressorti le 14 octobre 2019.

À une question du capitaine Mahendra Babooa, l’un des assesseurs, il enfonce une nouvelle fois Yaasin Issany en affirmant que c’est lui qui lui a remis la liste des travaux à suivre. «Vous dites que la liste des réparations a été préparée par Issany qui est un Electrical and Electronic Engineer. Ne considérez-vous pas qu’il fallait faire appel à vous ?» lui demande alors le capitaine Jacques Goilot. «Non, on n’a pas fait appel à moi. Il y avait un Trainee Mechanical Engineer dans notre département.» Parlant de sa relation avec son supérieur Yaasin Issany, il dira que toutes les instructions venaient de lui.

Renvoi de balle

Convoqué également, Oomadevi Rajagopall, Manager Administrative Services à la MPA en charge des réclamations d’assurances au Marine Department, a expliqué que la MPA travaille avec City Brokers, le consultant pour les assurances qui conseille notamment sur les différentes couvertures. Oomadevi Rajagopall a eu du mal à répondre aux questions persistantes de Me Rault. Si Me Oozeer, l’avocat de la MPA, a essayé de s’interposer, il a fallu l’intervention du président du panel, l’ancien juge Angoh, pour calmer un peu les deux parties. «Avez-vous oui ou non, au moment du naufrage du Sir Gaëtan, regardé dans les fichiers le certificat de classification du Sir Gaëtan?», lui demande Me Rault.

Sa réponse : «Nous ne sommes pas au courant que le remorqueur a été déclassifié. Cela dépasse nos compétences.» Me Rault insiste. «Non. Je ne l’ai pas examiné. Nous sommes des services administratifs.» L’avocat enchaîne : «Mais à partir de février 2020, vous êtes la personne responsable ?» «Oui. Mais il y a le Director of Administrative Services qui est responsable», répond-elle en renvoyant la balle à son supérieur. «La MPA ou City Brokers a-t-elle fait une évaluation des risques avant l’incident ?». Si elle répond par l’affirmative, elle dit cependant ne pas savoir quel était le risque associé au remorqueur Sir Gaëtan. Elle dira également que la couverture d’assurance de la SICOM était le «Hull & Machinery» ainsi qu’une couverture d’assurance basique de Protection & Indemnity (P&I) Club sous la Marine Hull Cove.

Les travaux reprennent vendredi avec l’audition d’autres témoins.

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