Covid-19: le Molnupiravir, remède de l’espoir

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Cela fera bientôt deux ans que le Sars-Cov 2 a fait son apparition et a changé nos vies et nos habitudes. Une chose est sûre, il ne disparaîtra pas de sitôt. C’est la raison pour laquelle les laboratoires, malgré les nombreux vaccins, poursuivent les recherches afin de trouver des traitements pour contenir le coronavirus. Plusieurs pistes prometteuses ont déjà été annoncées. Parmi elles, le Molnupiravir, antiviral dont le nom est dérivé du marteau de Thor et dont l’efficacité est présentée comme tout aussi puissante…

L’origine

En ce moment, les espoirs reposent sur le laboratoire Merck et la pilule Molnupiravir. Le médicament a été conçu par l’unité de recherches et de développement de médicaments de l’Emroy University aux États-Unis. En 2014, des recherches sont entamées sur un virus qui affecte la race équine, et les recherches sont concluantes. Par la suite, il est testé sur des coronavirus, et les résultats sont similaires. Les études sur l’utilisation de la molécule contre la grippe étaient envisagées, mais depuis que la pandémie a frappé, l’angle a changé et les recherches se sont focalisées sur l’effet du Molnupiravir sur le Sars-Cov 2. Dans un premier temps, il a été noté que non seulement il supprime la faculté de réplication du virus, mais il empêche aussi la transmission.

L’efficacité

Le rapport intérimaire sur la phase 3 des études a été publié début octobre et selon un communiqué du laboratoire, elle a été conduite dans plus d’une dizaine de pays, incluant l’Angleterre, les États-Unis, le Guatemala, le Brésil, le Japon, le Mexique et la Russie, entre autres. Les données de 775 patients non vaccinés, qui avaient au moins une comorbidité et des symptômes légers, ont été analysées. Il a été noté que le Molnupiravir réduit l’hospitalisation et le décès des patients à risque de 50 % ; 7,3 % des patients prenant le traitement sont décédés pendant les études, alors que dans le groupe placebo, le taux était de 14,1 %. En ce qui concerne les variants, les échantillons de 40 % des patients ayant reçu le traitement ont été séquencés ; et il a été noté que le médicament garde la même efficacité contre les lignées Gamma, Delta et Mu. Les risques de transmission sont aussi réduits, selon le rapport intérimaire.

Le laboratoire a soumis une demande d’autorisation pour une utilisation d’urgence à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis lundi dernier et une décision est attendue d’ici la fin d’octobre. Les études ont duré moins longtemps que prévu car le comité d’experts indépendants, qui surveillaient les recherches de la phase 3, ont été convaincus par les chiffres disponibles et la FDA a agréé à la requête.

Comment ça marche ?

Lorsque le virus pénètre le corps, il reproduit les informations de son ARN pour se multiplier. La molécule du Molnupiravir s’attache à l’ARN naissant du virus et l’attaque. Il cause une mutation aléatoire à l’endroit où il s’attache. L’ARN devient alors défectueux et ne peut pas se reproduire pour former de nouveaux virus. Lorsque les mutations aléatoires s’accumulent, la population virale meurt. En gros, le médicament force le virus à muter jusqu’à sa mort. C’est l’un des avantages du médicament : les changements au code génétique étant aléatoires, le virus peut difficilement muter pour développer une résistance.

Les avantages

L’avantage principal du Molnupiravir est qu’il sera, sous réserve de validation par les agences de médicaments, le premier par voie orale. Pour l’instant, tous les autres traitements existants et approuvés, comme le Remdesivir et les anticorps monoclonaux, sont administrés par voie intraveineuse. La prise pourra donc se faire sans la présence d’un employé de santé. De plus, contrairement au Remdesivir, l’autre médicament largement utilisé comme traitement, le Molnupiravir sera accessible dans les pharmacies, sans hospitalisation du patient.

Les limites

Pendant les études, le médicament a été administré dans les cinq jours suivant l’infection. Au-delà de ce délai, le Molnupiravir n’est pas efficace. Il marchera donc dans les pays où le système de santé permet de détecter l’infection dans les premiers jours. Si l’un des arguments en faveur est que le Molnupiravir changera la donne pour les pays à faibles revenus qui ont difficilement accès aux vaccins, se pose la question de son utilité, si l’infection n’est pas détectée à temps dans ces pays.

Un autre obstacle est le prix. La posologie recommandée pour l’instant est un cachet chaque 12 heures pendant sept jours. Les États-Unis ont déjà commandé 1,7 million de cycles de traitements au prix de $ 700 par traitement. Il sera donc loin d’être accessible aux pays qui n’ont déjà pas les moyens de se procurer des vaccins.

L’espoir

Dans un communiqué, Merck a fait savoir que d’ici fin 2021, 10 millions de cycles de traitements seront produits. Le laboratoire a pris l’engagement de s’assurer que son médicament soit accessible à tous et que la grille tarifaire sera basée sur les données des catégories de revenus des pays de la Banque mondiale. De plus, la licence sera libre et les génériques seront disponibles très rapidement.

La vaccination toujours importante

Malgré les avancées dans les traitements, toutes les agences sont d’accord sur un point : la vaccination est toujours importante pour protéger la population. Les autres médicaments sont un outil de plus dans le combat contre le virus. Pour rappel, un des résultats de la vaccination est la protection contre les infections alors que les traitements sont pour les patients déjà infectés. De plus, avec la vaccination, la charge virale de la personne est moindre, ce qui augmentera l’efficacité des traitements.

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