PRB 2021: des fonds spéciaux hors budget pour financer la mise en application

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La masse d’argent qui sera en circulation d’ici la fin de l’année est préoccupante à cause des forts risques d’inflation.

La masse d’argent qui sera en circulation d’ici la fin de l’année est préoccupante à cause des forts risques d’inflation.

L’exécution de l’ajustement salarial se chiffrera à Rs 4,3 milliards, soit à presque 1 % du montant de notre déficit budgétaire. Pravind Jugnauth a cependant assuré que prendre un prêt pour financer l’augmentation salariale est hors de question, hier, lors de sa conférence de presse. Mais, les économistes, eux, appréhendent une inflation à deux chiffres d’ici la fin de l’année.

Comme les précédents rapports, l’impact économique de l’édition 2021 fait sourciller les économistes et les spécialistes financiers. En cause, le coût financier de son application et les risques qu’il fasse flamber les prix avec des tendances inflationnistes déjà perceptibles dans le pays. Rs 4,3 milliards, c’est ce que cela coûtera chaque année à la trésorerie publique pour réajuster les salaires des 85 000 fonctionnaires et employés des corps paraétatiques.

Faut-il emprunter pour financer sa mise en application ? Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a déjà balayé d’un revers de main cette possibilité, hier, lors de sa conférence de presse. Il a insisté que comme ex-ministre des Finances et aujourd’hui au poste suprême du pays, il n’a jamais privilégié cette option, c’est-à-dire s’endetter pour financer les dépenses courantes du gouvernement. Il a ajouté dans la foulée, que des modalités ont été travaillées par le ministère des Finances.

Du coup, la question reste posée: comment financer le PRB. Au ministère des Finances, on souligne volontiers que les Rs 4,3 milliards seront puisées d’une réallocation du budget de développement non utilisé en raison de l’avènement du Covid. Soit de fonds spéciaux hors budget, plus spécifiquement le National Resilience Fund qui, au terme de l’année fiscale se terminant au 30 juin, se chiffrait à Rs 12,8 milliards et qui, selon les estimations officielles, sera à Rs 2,7 milliards en juin 2022.

D’ailleurs, une lecture attentive du Special & Other Extra-Budgetary Funds, indique un montant de Rs 35,3 milliards en juin et de Rs 19,7 milliards pour la même période l’année prochaine. «La réallocation de fonds a toujours existé. C’est un procédé dynamique», laisse entendre l’entourage du ministre. Seul hic, toutefois, est le transfert du budget de développement ou autres fonds spéciaux pour financer les dépenses courantes du gouvernement. Les économistes interrogés ne sont pas favorables à cette pratique. «Est-ce que le gouvernement puisera Rs 4,3 milliards de fonds spéciaux au lieu du Consolidated Fund pour financer la manne des fonctionnaires ?», s’interrogent-ils.

Pourtant, la somme de Rs 4,8 milliards sera additionnée aux Rs 32 milliards nécessaires presque chaque année pour financer la masse salariale des employés de l’État. Une situation qui pourrait impacter négativement le déficit budgétaire chiffré à 5 % du PIB d’ici juin 2022. «Comprenez que Rs 4,3 milliards, c’est presque 1 % du PIB. Est-ce qu’il faut compter presque 1 % de plus de notre déficit budgétaire, soit presque 6 % au terme de la prochaine année fiscale. Cependant, vu que le financement provient d’un fonds déjà constitué et opérant hors du budget, il est fort probable qu’il n’ait pas d’effet direct sur le déficit comme sur la dette publique. C’est l’astuce généralement utilisé pour faire du window dressing», insiste un économiste qui a souhaité garder l’anonymat.

En revanche, avec la masse d’argent en circulation d’ici la fin de l’année, provenant principalement du montant forfaitaire déboursé en novembre aux fonctionnaires combinés aux nouveaux barèmes salariaux de décembre et du boni de fin d’année, les risques d’une inflation à deux chiffres sont réels. Statistics Mauritius a chiffré l’inflation en glissement annuel (Year-to-Year) à 5,4 % en septembre dernier comparé à 2,6 % pour la période correspondante l’année dernière. Et cette semaine, le Fonds monétaire international est venu enfoncer le clou en projetant un taux de 6,6 % l’année prochaine.

De quoi interpeller les dirigeants du pays avec d’importants défis à gérer alors même que les fonctionnaires dansent déjà au son de la monnaie sonnante. Et quid du privé ?

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