Covid-19: entre appréhension et positivité

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Rodrigues a recensé ses deux premiers cas de Covid-19. Les deux voyageurs détectés positifs sont rentrés au pays, le vendredi 8 octobre, après avoir passé plusieurs mois à Maurice, dans la communauté. Pour le personnel du service hospitalier, ces cas peuvent permettre d’ajuster les manquements, à quelques semaines de la réouverture des frontières. En revanche, pour certains Rodriguais, l’inquiétude affichée, depuis un certain temps, refait surface… 

Après le premier cas annoncé samedi, lors d’un point de presse, une autre personne, arrivée par le même vol, a également été testée positive. Il s’agit d’un quadragénaire, qui est aussi vacciné. Son état de santé, comme celui du premier patient positif, n’est pas engagé. En tout cas, la situation semble sous contrôle, et c’est même le Commissaire à la santé, Simon-Pierre Roussety, qui le dit. «On a tenu à distance le Covid-19 pendant presque deux ans mais aujourd’hui, il est arrivé dans l’île. Mais on gère la situation.» Il faut savoir que le protocole a changé depuis peu. Avant, ceux qui devaient regagner l’île, effectuaient une quarantaine dans un centre à Maurice. Or, aujourd’hui, c’est à Rodrigues qu’ils sont isolés. «On a voulu que cela se fasse sur l’île, pour voir comment cela allait se passer. Mais, si le test effectué sur le passager avant qu’il n’embarque est positif, il restera à Maurice. C’est alors le ministère de la Santé qui le prendra en charge.» 

Si dans un premier temps, la commission avait demandé que les passagers fassent une septaine, à présent, tous devront faire une quatorzaine. Le personnel se tient prêt pour les prochaines arrivées. «Le prochain vol est prévu pour le 14 octobre. Donc, les passagers devront faire la quarantaine, et le 18 octobre, lors d’un autre vol de rapatriement, ce sera pareil. En tout cas, il y a suffisamment de places pour la quarantaine. Mais on espère ne pas avoir d’autres cas positifs venant de Maurice.» Ces deux cas ont certes bouleversé la vie de tous les Rodriguais. «On voit tout le monde porter son masque, et les Rodriguais savent qu’ils doivent respecter les gestes barrières.» 

Au niveau de la population, les avis sont partagés. Pour Andy Albert, la grande question repose sur l’ouverture des frontières. Exerçant dans le domaine touristique, il confie avoir déjà des réservations pour début novembre. «On trouve que l’arrivée du Covid-19 est un bon signe car le personnel médical a l’occasion de se faire la main. Le personnel médical apprend à gérer ces cas, et on espère qu’il ne va pas reculer face à cela.» En tout cas, il ajoute que les campagnes, même au niveau de la radio, s’accentuent autour du Covid-19. «On parle déjà des amendes si on ne porte pas de masque. En tout cas, on constate que les gens sont conscients qu’il faut maintenir les gestes barrières. Les policiers commencent à verbaliser. Et même l’Office du Tourisme vérifie les restaurants pour voir s’ils ont tous les dispositifs nécessaires à la réouverture.» Néanmoins, il espère que le gouvernement viendra donner l’assurance que l’ouverture pourra se faire en novembre. 

Marie Noëlla Vieillesse, elle, semble ne plus craindre le virus. «Avant, j’en avais peur car on voyait que c’était mortel.» Mais grâce à sa fille, elle a changé d’avis. «Elle est positive et se trouve à Maurice. Elle me dit qu’elle a une grippe et a un peu mal à la gorge mais c’est tout. Il faut savoir qu’elle est déjà vaccinée. Elle m’a dit de ne pas paniquer. Et nous savions que tôt ou tard, à Rodrigues, nous allions avoir le virus. Il fallait juste se préparer.» Cette dernière confie que le cas suspecté du petit de neuf mois avait semé la panique dans l’île. «Aujourd’hui, on relativise. Au cas où on contracte le nouveau coronavirus, on doit se dire que c’est une grippe et qu’il faut la soigner tranquillement…» 

Toutefois, certains habitants ne seraient pas contre l’idée que la quarantaine se fasse à nouveau à Maurice. «À Maurice, il y a plus d’équipements. Aujourd’hui, nous avons eu deux cas, on ne sait pas ce que les prochaines arrivées vont nous réserver. Aussi, nous sommes des personnes qui aiment le contact humain, et cela va être difficile de ne pas s’approcher de nos amis pour entamer une conversation», avance une habitante de Port-Mathurin.

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