Barlen Pyamootoo: «Je ne veux pas que le Festival de Trou d’Eau Douce connaisse le même sort que Confluences»

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Barlen Pyamootoo, écrivain et organisateur du Festival du Livre de Trou d’Eau Douce.

Barlen Pyamootoo, écrivain et organisateur du Festival du Livre de Trou d’Eau Douce.

Le Festival du Livre de Trou d’Eau Douce s’est achevé, dimanche 3 octobre. Vivement l’année prochaine. En attendant, Barlen Pyamootoo, écrivain et organisateur, analyse les forces et faiblesses d’une manifestation qui a le mérite de remettre la littérature au centre du village, au centre des vies.

Après la première journée (NdlR, le samedi 2 octobre), êtes-vous satisfait de la participation des habitants de Trou d’Eau Douce au festival du livre qui porte le nom de leur village ? 
Non. Il ne faut pas se voiler la face. On a remarqué que ce sont surtout des gens qui n’habitent pas à Trou d’Eau Douce qui sont venus au festival. Bien sûr, il y a eu des lecteurs, quelques habitants. 

Surtout des jeunes… 
Je me dis que l’année prochaine, dès janvier, il faut absolument travailler sur la jeunesse de Trou d’Eau Douce, pour la faire venir au festival. Pas seulement sur scène, mais aussi parmi les spectateurs. Il y a eu quand même quelques familles, mais ça ne suffit pas. 

Qu’en est-il des autorités ? Hormis la Bibliothèque nationale représentée dans l’un des débats au programme du festival, est-ce que le ministère des Arts et du Patrimoine culturel a été impliqué dans ce festival ? 
Je n’ai pas pris contact. 

C’est donc un choix conscient ? 
C’est un choix. Lady Sarojini Jugnauth était là hier (NdlR, elle était l’invitée d’honneur de l’ouverture du festival, le vendredi 1er octobre). Aujourd’hui (NdlR, samedi 2 octobre), Cassam Uteem est venu.

Mais ils ne représentent pas une instance officielle. 
Absolument pas. On n’a pas voulu aller vers le ministère. Et ils ne nous ont pas contactés.

Sachant que vous parlez publiquement du Festival du Livre de Trou d’Eau Douce depuis le mois de janvier de cette année. Il n’y a eu aucune réaction ? 
Je ne veux pas que le festival connaisse le même sort que Confluences (NdlR, salon du livre qui s’est arrêté après deux éditions, en 2013 et 2014). Que suite à un changement de gouvernement, il n’y ait plus de festival. On ne veut pas être dans ce système-là. Mais j’aimerais bien qu’un jour le ministère des Arts et du patrimoine culturel ou celui du Tourisme me dise qu’il veut être une partie prenante. C’est à eux de faire le premier pas. Moi je ne connais aucun ministre. Je n’ai pas leur numéro de téléphone, rien du tout. 

Ni celui des conseillers ? 
Je ne connais personne. On a travaillé autrement, avec des sponsors privés. 

Le Festival du Livre de Trou d’Eau Douce, c’est aussi la preuve que ce type de manifestation peut se faire sans l’État ? 
Bien sûr. C’est une sorte de trêve pour moi. Une trêve politique, par exemple. On peut avoir La Sentinelle Ltd comme partenaire média et en même temps Lady Sarojini Jugnauth comme invitée d’honneur. Il n’y a aucun problème puisqu’il y a trêve. Nous, on n’entre pas dans la politique. Notre but est de promouvoir le livre, notamment le livre mauricien. Pas question d’entrer dans tel ou tel parti politique ou de se faire récupérer. 

Après une première journée de festival, le livre mauricien a-t-il attiré l’affluence que vous attendiez ?
Oui, mais en même temps, je ne sais pas percevoir ça. Je suis dans un travail où il faut tout le temps être sur le qui-vive, donc je ne peux pas être dans le contentement ou la déception. Ça n’existe pas. J’ai vu des policiers qui prenaient des livres, qui les lisaient. Quand j’ai fait le tour des éditeurs présents, ils m’ont dit «mais qu’est-ce que j’ai vendu comme livres». C’est ça qu’on veut : que les éditeurs soient satisfaits. Quand les participants disent que c’est un succès, à ce moment-là je peux être satisfait.

L’année prochaine, vous revenez en octobre ? 
Tout à fait. L’ouverture se fera le premier vendredi d’octobre, la clôture, le premier dimanche. Le pays invité, c’est la France. On travaille déjà dessus. 

Comment la France sera-t-elle représentée ? 
Il y a un type que j’aimerais bien inviter à Maurice. C’est Sylvain Tesson (NdlR, écrivain voyageur, explorateur). Je l’aime vraiment beaucoup. Il n’est jamais venu pour un festival à Maurice. J’ai aussi dit à Ananda Devi que je vais l’inviter. Il y aura aussi quelques très grands éditeurs français.

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