Hippisme | Maiden: entre ferveur d’antan et réalité sanitaire

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La foule des grands jours, présente en 1984, pour assister au triomphe de Nippy Regen.

La foule des grands jours, présente en 1984, pour assister au triomphe de Nippy Regen.

Ni sponsor, ni public. Alors qu’il se pare généralement de ses plus beaux atours pour la journée la plus importante de son calendrier, le Champ-de-Mars fera triste mine cet après-midi pour l’édition 2021, à huis clos, de la Maiden Cup. Une grande première, compte tenu de la situation sanitaire qui prévaut dans le pays. 

Certes, une centaine de spectateurs, composés majoritairement de propriétaires de chevaux concourant pour le ruban bleu, des membres du Mauritius Turf Club (MTC), seront présents sur l’hippodrome cet après-midi, de même que 35 membres du public, dans ce qui constitue un léger assouplissement du protocole sanitaire pour les courses. Mais nous sommes bien loin des 125 000 personnes qui avaient assisté au triomphe de l’outsider Nippy Regen en 1984, lors d’une course qui ne réunissait pourtant que trois chevaux, ni des quelque 10 000 spectateurs annuels dans les loges et autres 20 000 spectateurs dans la plaine ou les gradins de la montagne, qui assistent annuellement à «the race that stops the nation». Le Maiden a toujours attiré la grand foule. 

Cette course, fautil encore le rappeler, est bien ancrée dans le folklore mauricien. Vieille de près de deux siècles, cette épreuve mythique déchaîne les passions, chez des professionnels aux amateurs, des plus petits aux plus grands. Des recherches dans les archives démontrent que le Maiden n’a pas été couru que dans les années 1942, 1943, 1944 et 1945, pendant la deuxième guerre mondiale. Pour beaucoup de Mauriciens, cette journée dominicale, passée bien souvent sous le soleil de plomb de Port-Louis, en compagnie d’amis et proches, demeure l’événement à ne rater sous aucun prétexte. Si la précédente édition avait pu échapper au spectre du Covid-19 et des mesures sanitaires y relatifs, la Maiden Cup 2021 sera malheureusement amputée de son plus bel atout : le public. 

Oubliez le joyeux bazar qui règne dans laplenn, où parieurs, bookmakers, restaurateurs, commerçants, amateurs de zwe piké et amoureux des chevaux se confondent. Oubliez les stands du MTC remplis à ras bord, où il devient parfois pratiquement impossible de circuler avec les couloirs engorgés et les guichets des opérateurs de paris pris d’assaut par cette fameuse nation zougader. Oubliez les rues jouxtant le Champ-de-Mars, prises en otage par l’important volume de véhicules, garés çà et là. Et toute une série de déviations mises en place pour accéder à l’hippodrome. 

Contrairement aux années précédentes, le voisinage du Champ-de-Mars connaîtra une rare journée du Maiden paisible…

Grands perdants

Si le public regrettera à coup sûr de ne pas être de la partie, il n’est cependant pas le plus à plaindre, le MTC et sa filiale, la MTCSL, étant logés à bien pire enseigne. Car la journée du Maiden est celle où l’organisateur réalise sa meilleure opération comptable en termes de revenus. A titre d’exemple, les deux totalisateurs que sont Supertote et Tote Lepep avaient enregistré un turnover combiné de près de Rs 55 millions, duquel le MTC avait perçu 5 % en termes de redevances. L’assistance payante dans les loges, qui tourne aux alentours de 3 000 - 4000 personnes lors des journées de courses régulières, grimpe facilement jusqu’à 10 000 pour cette journée phare du calendrier hippique. 

Le manque à gagner découlant de l’absence de sponsors est également énorme pour l’organisateur des courses. Dans un passé pas si lointain, le MTC avait pu compter sur le parrainage d’Air Mauritius à hauteur de Rs 1 million, représentant des billets d’avion pour l’international. Sauf que les dettes de la compagnie nationale d’aviation ont fini par la rattraper, au grand dam du MTC, la dernière association avec MK remontant à 2018. Une association qui avait débuté avec l’édition 1973 du Maiden. Lors des deux dernières éditions, Courts Mammouth, le géant de l’ameublement et de l’électroménager, avait apporté son soutien financier pour cette prestigieuse affiche. Mais cette dernière ne sera pas de la partie cette année. Une Maiden Cup sans sponsor, voilà une autre grande première de ces dernières années, qui ne risque pas d’alléger la situation financière déjà très précaire du tandem MTC-MTCSL. Et la fête ne risque-t-elle pas d’être fade sans son ingrédient principal, le public ? À ce titre, Denis Doger de Spéville, président de la MTCSL, essaie de voir le verre à moitié plein. Et se réjouit du fait qu’il y ait «un peu de monde malgré tout sur l’hippodrome» tout en estimant que «c’est probablement un début à plus d’ouverture» pour ce secteur d’activité toujours fortement impacté par les restrictions sanitaires.

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