Retour des touristes à Maurice: entre enthousiasme et prudence

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L’enthousiasme est de mise pour Guni et Tabea, un couple israëlien, qui est en vacances à Maurice.

L’enthousiasme est de mise pour Guni et Tabea, un couple israëlien, qui est en vacances à Maurice.

«Visiter Maurice était un projet qu’on chérissait. Notre présent séjour va au-delà de nos espérances. Après la septaine, nous sommes allés à la découverte de l’île. Et nous en sommes émerveillés.» Guni, Software Developer et Tabea, directrice d’Infor- mation Technology Support, des touristes venant d’Israël, n’ont pas attendu la réouverture complète des frontières, prévue le 1er octobre, pour débarquer chez nous. Ayant réservé un séjour pour deux semaines et demie, le couple multiplie les visites des sites touristiques. Visites de rhumerie, de tables d’hôte, entre autres activités, agrémentent leurs journées. Seul hic, précise Tabea, certains endroits, dont des musées, n’ont toujours pas rouvert. «Nous devons toujours appeler pour savoir si le lieu que nous voulons visiter est ouvert ou pas. Les horaires affichés en ligne ne sont pas toujours fiables.»

Tous deux vaccinés, ces voyageurs ont effectué leur septaine en «resort» et fait leurs tests PCR avant d’aller à la découverte du pays. Aussi, ils pouvaient se déplacer librement dans l’enceinte de l’hôtel. Or, s’il fallait rester confinés en chambre, cela aurait été décourageant pour les vacanciers, affirme Tabea.

De son côté, Elizenne Coupama trépigne d’impatience en attendant de revenir à Maurice. «On attend que l’île Maurice rouvre ses portes aux Réunionais avec pass sanitaire ou pas. Cependant, si nous devons effectuer une septaine, ce n’est pas avantageux pour nous. Mais on a besoin de soleil, de plage et la convivialité des Mauriciens. Aussi, on a hâte d’être à la réouverture», confie-t-elle. Ayant dû reporter son mariage qui devait être célébré à Maurice en 2020, elle a dû tout organiser à La Réunion. Elizenne Coupama a finalement convolé en justes noces le 8 mai 2021. Elle entend bientôt organiser une petite réception pour sa famille dans notre île puisque les proches n’ont pu assister à la cérémonie.

L’enthousiasme est de mise pour ces quelques personnes que nous avons interrogées. Le Covid ? «Il faut s’y faire, tout en restant prudents. Il faut bien continuer à vivre, à profiter de la vie», affirme-t-on. Quid du nombre de cas et de décès ? «C’est un peu le cas partout dans le monde, personne n’a la formule miracle…»

Un état d’esprit dans lequel se trouvent bon nombre de touristes, semble-t-il. Nathalie Gauthier, Marketing officer chez Adrien’s Dream, recense ainsi «pas mal de réservations», majoritairement des Français, pour octobre et novembre. «Ayant des proches qui travaillent pour Air France, j’ai récemment appris que cette compagnie d’aviation est à 85 % booked pour Maurice pour octobre. De plus, les billets qui se vendaient à Rs 352 000 en classe affaire avant le Covid-19 pour d’autres destinations comme les Bahamas, les États-Unis, s’arrachent maintenant pour Maurice. Je pense que les étrangers veulent venir à Maurice», confie-t-elle.

«Pour le moment, Maurice, c’est mort»

Si plusieurs visiteurs ne cachent pas leur engouement pour la destination Maurice – pandémie ou pas – d’autres sont plus frileux et jouent la carte de la prudence. À l’instar de Jean-Claude et Chantal, un couple belge. «Notre dernière visite à Maurice remonte à fin 2017-début 2018. Nous reviendrions volontiers dans l’île mais sans quarantaine car cela nous ferait perdre trop de jours. Nous espérons que cela se termine très vite.» Entretemps, les Belges, qui sont vaccinés, ont visité la Suisse et l’Albanie cette année. Des destinations qui ne nécessitent pas de quarantaine. Toutefois, ajoute Jean-Claude, le passeport sanitaire était exigé dans les restaurants. Et dans son pays natal cette mesure prendra également effet en octobre.

Pour sa part, Teddy De Leeuw, également d’origine belge, souligne que «pour le moment, Maurice, c’est mort». Non pas à cause du nombre de cas, mais à cause du protocole sanitaire instauré. «Moi j’aimerais beaucoup revenir. J’y avais séjourné en décembre 2017 pour le nouvel an. Mais je ne suis pas vacciné et c’est hors de question d’être placé en quarantaine.» En revanche, il est partant pour les tests PCR.

Une situation qui refroidit également Grégory Dauteuille, 37 ans, et Pauline Faucillon, 34 ans. Parents de deux filles de 11 ans, ces Français sont vaccinés depuis juillet alors que leurs enfants ne sont pas encore éligibles à la vaccination. Or, précisent-ils, ils devaient séjourner à Maurice en juillet 2020 et étaient très motivés. Par conséquent, ils ont décalé leur voyage à deux reprises en octobre et décembre derniers. «La situation s’améliore en France et nous voyageons facilement en Europe juste avec la vaccination. Mais pour Maurice, le fait de devoir être vacciné et de se soumettre à des tests PCR 72 heures avant le voyage et à cinq jours nous décourage très fortement car cela engendre trop d’incertitudes. Si un membre de la famille est positif en arrivant, qu’adviendra-t-il de nous ? Ce sera la quarantaine ? Le retour à la maison ? C’est un peu flou et risqué à notre goût pour tenter une nouvelle fois de venir.»

Et comme un voyage nécessite beaucoup de préparations, ils ne veulent pas être déçus et devoir faire marche arrière de nouveau. Pour Grégory, de par les conditions sanitaires actuelles, les vacances ne peuvent être planifiées sereinement, sans compter le coût des tests pour une famille. «Nous envisagerions de revenir lorsque la vaccination suffira», indique-t-il. Quant à Christina, une autre Française, elle est d’avis que ce protocole, même si elle comprend qu’il s’agit de protéger la population, peut fortement décourager le tourisme. «Puisque les voyageurs viennent en genéral pour une durée de deux semaines, ils ne pourront malheureusement pas profiter de leur séjour.»

Confusion

Qui plus est, pour ce qui est de la sécurité face au Covid, Daniel Saramandif, président de l’Association of Tourism Professionals (ATP) évoque des annulations de séjours après le dernier classement de Centers for Disease Control (CDC) des États-Unis qui catégorise Maurice comme pays à risque très élevé face à l’augmentation des cas de Covid-19. Néanmoins, souligne-t-il, il faut rester optimiste : «Il faut attendre la fin d’octobre pour être fixés. On doit changer notre stratégie de marketing et miser sur trois ou six mois pour les touristes.» Il s’interroge sur le protocole à bord des avions. Évidemment, dit-il, un test PCR avant l’embarquement est impératif. Mais le fait que certains visiteurs soient vaccinés et d’autres non, cela n’engendrera-t-il pas une confusion, se demande-t-il.

«Au départ, plusieurs passagers peuvent être négatifs, mais le virus peut se développer quelques jours après le voyage. À bord de l’avion, il n’y a pas de distinction en fonction de son statut vaccinal. On doit avoir les réponses à ces questions importantes. Auparavant, les avions n’étaient pas totalement remplis. Si on attend 30 000 touristes pour octobre, les appareils risquent d’être bondés entre 90 % et 95 %. On doit être fixé sur le protocole applicable dans ce cas.»

Selon Umarfarooq Omarjee, directeur exécutif d’Omarjee Aviation, il n’y aura pas de séparation entre les passagers vaccinés et non-vaccinés dans l’avion pour la plupart des lignes aériennes. «L’air est renouvelé à chaque cycle de trois semaines avec un système précis de filtres, donc difficile d’être contaminé à bord de l’appareil.»

Si on ne connaît pas encore le nombre de touristes qui visiteront le pays au cours des prochains mois, doutes, interrogations mais aussi optimisme, ont, eux, déjà posé leurs bagages à Maurice. Le virus, lui, est bien installé…

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