Covid-19 Sept mois, 149 décès

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Les obsèques de patients positifs décédés se succèdent au fil des jours et des semaines malgré l’assurance des autorités sur la situation de la pandémie à Maurice.

Les obsèques de patients positifs décédés se succèdent au fil des jours et des semaines malgré l’assurance des autorités sur la situation de la pandémie à Maurice.

Il se passe rarement un jour sans que l’on ne recense un décès lié – directement ou pas – au Covid. Des chiffres qui suscitent des interrogations à plusieurs niveaux. Les questions qui reviennent sur le tapis au quotidien: pourquoi et comment?

Ces dernières semaines, il ne s’est pas passé un jour sans que les autorités n’annoncent le décès d’au moins un patient positif, dont la mort est liée directement au Covid-19. Puis, il y a aussi les patients positifs qui ont rendu l’âme, mais ces décès n’ont pas été imputés directement au coronavirus. Difficile de retracer les chiffres. Toujours est-il que du 20 mars à hier soir, le pays en a dénombré 149, dont 67 en 14 jours – officiellement. Comment expliquer cette vague de décès ?

L’explication la plus simple est que le virus circule massivement au sein de la communauté. Comme il y a plus de personnes infectées, le nombre d’individus à risque augmente aussi. Les plus vulnérables succombent malheureusement plus facilement face au virus.

Selon les autorités, parmi les 65 décès liés au Covid-19 (NdlR, à vendredi soir), 52 patients n’étaient pas vaccinés. Il y a aussi eu le décès de 81 patients positifs dont la mort n’était pas directement liée au Covid-19 et parmi eux, 69 n’étaient pas vaccinés. «Ce qu’il faut savoir aussi, c’est où les patients décèdent ? À l’ENT ? En auto-isolement ou dans les hôpitaux régionaux ?» demande le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien directeur des services de santé.

Pour rappel, une circulaire du ministère de la Santé émise le 20 septembre fait état d’un nouveau protocole pour les funérailles en cas de mort en auto-isolement et prévient que ce type d’occurrence sera plus fréquent. De toute façon, le médecin estime que l’âge ou le statut vaccinal ne sont pas les seuls facteurs à prendre en considération. Il faut aussi savoir si l’état des personnes admises, surtout celles qui ont des comorbidités, est surveillé comme il faut.

Par exemple, il faudrait que leur concentration d’oxygène soit monitored avec des pulse oxymeters afin de pouvoir leur procurer de l’oxygène, si le niveau baisse. «Mais je ne sais pas si tous les patients à risque sont surveillés ainsi», déplore-t-il. Sachant que le virus attaque les poumons, le Dr Vasantrao Gujadhur explique qu’il est plus que nécessaire de mettre cela en place afin que l’état de santé des patients ne se dégrade pas.

Autre raison qui pourrait expliquer le nombre de décès : les traitements. En ce qui concerne les patients asymptomatiques, ceux avec des symptômes légers ou encore, ceux ne tombant pas dans la catégorie à risque, le protocole de traitement fonctionne. Mais qu’en est-il des plus vulnérables ? «Est-ce qu’ils reçoivent le traitement approprié à l’ENT ? Ceux qui sont dans les hôpitaux régionaux, est-ce que le traitement prend en compte leurs comorbidités ?» se demande le Dr Gujadhur. Sur ce sujet, l’ancien directeur des services de santé parle de traitements monoclonaux (NdlR, ce traitement complète les mesures thérapeutiques déjà mises en place pour traiter les patients susceptibles de développer des formes graves de Covid-19. L’administration d’anticorps monoclonaux, en empêchant la pénétration du virus dans les cellules et ainsi en luttant contre sa réplication pourrait neutraliser le virus à la phase précoce de l’infection) qui ont fait leurs preuves ailleurs. Cependant, il y a la barrière du prix. «On aurait pu investir dedans au lieu d’acheter des vaccins pour la troisième dose pour ceux qui n’en ont bas besoin», lâche-t-il.

«Il faut aussi savoir si l’état des personnes admises, surtout celles qui ont des comorbidités, est surveillé comme il faut.»

La vaccination

Environ 130 000 personnes à Maurice ne sont pas vaccinées, et les autorités ne cessent de le répéter : il faut se faire vacciner pour se protéger car les non-vaccinés ont plus de risques de ne pas survivre au virus. Sur ce point, le Dr Gujadhur est d’accord. Cependant, ce qu’il comprend moins, c’est l’organisation de la campagne au début. «Ou krwar banla pann al fer vaksin akoz zot pa kontan ?» Selon lui, beaucoup de senior citizens et d’autres personnes malades ne se sont pas fait vacciner non par peur ou réticence, mais tout simplement parce que c’est trop fastidieux, fatigant. Ici, il cite un exemple concret. «Imaginez une vieille personne qui habite Roches-Noires. Pour se faire vacciner, elle doit se déplacer au stade Anjalay. Là-bas, il faut attendre des heures au soleil…»

Même dans les village halls et autres endroits plus accessibles, l’organisation était telle qu’il fallait rester debout pendant pratiquement toute une journée. Face à la situation, beaucoup de personnes vulnérables ont préféré passer leur tour et résultat, depuis que le virus est partout, ils sont à risque. Le Dr Gujadhur avance que depuis le début, il fallait non seulement décentraliser les vaccins afin de les rendre plus accessibles avec moins d’attente, mais aussi travailler avec le ministère de la Sécurité sociale pour aller vers ces personnes à mobilité réduite. Ce n’est que récemment que cette décision a été prise et pour l’heure, elle ne concerne que les patients alités. Cette mesure, dit-il, même si elle survient tardivement, doit être étendue à toutes les personnes fragiles.

De plus, concernant la vaccination, hormis le Dr Gujadhur, plusieurs chercheurs et épidémiologistes estiment qu’il serait plus intéressant d’offrir le vaccin Pfizer à cette population à risque plutôt qu’aux jeunes. Les ados, même s’ils risquent de contracter la maladie, ont de meilleures chances de survie car leur système immunitaire est plus robuste. Donc, proposer le vaccin Pfizer aux personnes avec un système immunitaire faible les aiderait à combattre la maladie en cas d’infection.

Les gestes barrières

Le nombre de décès est directe- ment lié au nombre d’infections. Si la gestion de la pandémie est critiquée par les experts dans plusieurs domaines, il a aussi été démontré, à travers plusieurs études depuis janvier 2020 jusqu’à présent, que les gestes barrières sont toujours un des meilleurs moyens de se prémunir des infections. Par exemple, le port du masque, la distanciation physique et une aération adéquate des espaces peuvent réduire les risques de transmission de plus de 50 %. Dans plusieurs pays, même avec un fort taux de vaccination, le virus a recommencé à se répandre après la fin des confinements et un relâchement au niveau des gestes barrières. Si les gestes sont maintenus aussi rigoureusement que l’année dernière, et avec la vaccination en plus, cela contribuera aussi à la baisse du nombre de cas.

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