Affaire St-Louis: un ingénieur du CPB sur la liste des personnes arrêtées

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Amritsingh Rajarai au siège de l’ICAC hier. Son homme de loi, Me Anil Kumar Ujoodha (en médaillon) est un ancien numéro un de l’ICAC.

Amritsingh Rajarai au siège de l’ICAC hier. Son homme de loi, Me Anil Kumar Ujoodha (en médaillon) est un ancien numéro un de l’ICAC.

Nouvelle arrestation dans l’affaire St-Louis. Amritsingh Rajarai, un ingénieur du Central Procurement Board (CPB), a passé une longue journée dans les locaux de la commission anticorruption (ICAC) hier. D’après les enquêteurs, il était parmi ceux qui avaient approuvé que le tandem PADCO-Burmeister and Wain Scandinavian Contractor (BWSC) réalise le projet pour le redéveloppement de la centrale de St-Louis du Central Electricity Board. Il a été arrêté sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act. Les enquêteurs l’accusent d’avoir touché une somme de Rs 2 millions pour ce projet. Son supérieur, Kreetykant Dosieah, le chef exécutif du CBP, est également attendu à Réduit au début de la semaine prochaine pour aider les enquêteurs à faire la lumière sur cette affaire.

L’ingénieur, qui a été interrogé en présence de son homme de loi, Me Anil Kumar Ujoodha lui-même ancien numéro un de l’ICAC, a nié toutes les accusations faites contre lui. Il a été libéré sur parole, mais il doit retourner au bureau de l’ICAC lundi pour ensuite être conduit au tribunal de Curepipe. Amritsingh Rajarai est la quatrième personne arrêtée depuis mercredi suite aux nouveaux éléments en possession de l’ICAC.

Alain Hao Thyn Voon, le directeur de PADCO, s’est rendu au bureau de la commission anticorruption jeudi matin en compagnie de son homme de loi, Me Shailesh Seebaruth. Il a été convoqué après que les enquêteurs ont eu accès à des mails qui avaient été effacés dans un premier temps. D’après l’ICAC, le directeur de PADCO aurait donné des instructions pour qu’une somme de Rs 38 millions soit payée aux fonctionnaires et aux cadres du CEB. Les noms de ceux qui auraient touché de l’argent étaient codés dans les mails, dit-on. Les enquêteurs affirment qu’ils ont pu les décoder en faisant une comparaison avec une liste obtenue sur le téléphone portable d’Alain Hao Thyn Voon.

Cependant, d’après des légistes qui ont eu accès à ces éléments, il sera difficile de prouver devant une cour de justice que les personnes arrêtées ont touché de l’argent en se basant sur ces codes uniquement. Ils expliquent que ces codes contiennent quelquefois seules trois ou quatre lettres ou une syllabe avec un chiffre à côté. Rien n’indique qu’il s’agit du nom d’une personne et que le chiffre est une somme d’argent, déclare l’un d’entre eux. De plus, avancent-ils, les codes dans les mails ne sont pas les mêmes que ceux présents dans le téléphone d’Alain Hao Thyn Voon, qui sont des surnoms. En somme, ceux-ci ne correspondent pas, même s’il peut y avoir une similitude, sont d’avis ces légistes.

En outre, apprend-on, les enquêteurs sont arrivés à la conclusion que PADCO et la firme danoise BWSC auraient surévalué des projets pour ensuite utiliser l’argent pour le paiement de leurs contacts. D’ailleurs, avec ces nouveaux éléments, l’ICAC avait arrêté l’ancien directeur financier de l’entreprise, Patrice Lung Lam Hing, et l’ex-comptable, Khemraj Moojee, sous une accusation de «conspiracy to commit money laundering» mercredi. Alain Hao Thyn Voon, déjà arrêté l’année dernière, a été confronté aux nouveaux éléments entre les mains de l’ICAC jeudi. Toutefois, lors de son interrogatoire, il a fait valoir son droit au silence.

Pour sa part, l’ancien ministre et consultant Swalay Kasenally a été inculpé devant le tribunal de Curepipe jeudi. Il s’est également défendu en rejetant l’accusation qui pèse contre lui. L’ICAC lui reproche d’avoir touché Rs 500 000, mais il a insisté auprès des enquêteurs que ces derniers prouvent qu’il a effectivement obtenu de l’argent. «Il est clair que mon arrestation a été orchestré depuis le départ pour des raisons purement politiques», a-t-il déclaré à l’express hier. Il veut faire croire que c’est Paul Bérenger qui est visé.

L’ICAC a arrêté d’autres personnes dans cette affaire, notamment Shamshir Mukoon, le directeur général par intérim du CEB, et Bertrand Lagesse, consultant de BWSC à Maurice.

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