Covid-19: les limites de la fiabilité des tests d’anticorps

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L’administration de la troisième dose devrait dépendre sur la catégorie de personnes vaccinées qui ont le moins d’anticorps neutralisants et avec quels vaccins ces anticorps ont diminué plus rapidement.

L’administration de la troisième dose devrait dépendre sur la catégorie de personnes vaccinées qui ont le moins d’anticorps neutralisants et avec quels vaccins ces anticorps ont diminué plus rapidement.

Dans une étude publiée le 13 septembre, plusieurs scientifiques étrangers affirment que si la protection contre l’infection elle-même peut diminuer quelques mois après la vaccination, la protection de base, c’est-à-dire, celle qui pare contre les formes graves de l’infection, dure plus longtemps. Pourtant, il y a les cas de personnes qui, après un test sérologique en laboratoire, ont découvert qu’elles n’ont plus d’anticorps. Est-ce contradictoire ? Le Dr Shameem Jaumdally, virologue et chercheur, basé en Afrique du Sud, affirme que non. «Le système immunitaire est plus complexe qu’on ne le croit», explique-t-il. 

Ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a deux types d’anticorps. Il y a les agglutinants, qui «collent» tous les corps étrangers comme les virus et les bactéries pour que les autres cellules les détruisent. Il s’agit des fameux IgG et IgM. Ils sont les indicateurs d’une infection. Lorsqu’une personne se fait vacciner, elle peut développer ces anticorps aussi. Ce sont ceux-là, qui sont détectés rapidement avec les tests antigènes ou dans les laboratoires de diagnostic. «Mais ces anticorps ne sont pas une vraie indication de l’efficacité des vaccins», prévient le virologue. Par exemple, une personne infectée mais asymptomatique, peut avoir un niveau très bas d’IgG et d’IgM, voire ne pas en avoir. Idem pour une personne vaccinée. Et même une personne infectée et symptomatique, avec une forte charge virale, peut ne pas en avoir, tout simplement parce qu’une autre «branche» du système immunitaire s’est activée et a combattu le virus. 

Anticorps neutralisants 

Parmi les autres anticorps, qui doivent être mesurés, il y a les neutralisants et les cellules T. Ceux-là gardent en mémoire les corps étrangers et peuvent se réactiver dès une nouvelle apparition. Ils s’attachent aux virus et bactéries et les détruisent. C’est à ce niveau que se joue l’efficacité sur la durée. «À ce niveau, il faut que les analyses soient faites par un laboratoire de recherche car elles nécessitent des équipements de pointe», avance le Dr Jaumdally. Pour détecter le niveau d’anticorps neutralisants, il faut prélever du sang et séparer la partie contenant les anticorps. Ensuite, un virus modifié afin qu’il ne se réplique pas, est introduit dans ce plasma et la réaction est surveillée. «Il faut des équipements pour le sang, il faut arriver à modifier le virus… Cela demande non seulement des équipements très performants mais aussi une équipe qualifiée dans le domaine. Cela se fait dans les laboratoires de recherche», ajoute-t-il. Après, il faut aussi surveiller les cellules CD4 et CD8, qui ont également un rôle important dans la défense du corps. «Il est possible d’avoir des résultats pour cette partie du système immunitaire sans avoir des IgG et des IgM. Donc, même sans la présence de ces derniers anticorps agglutinants, la protection sera toujours assurée par ceux neutralisants», insiste-t-il. 

Il prend son cas en exemple. Après son inoculation au vaccin Johnson & Johnson, il ne présentait pas d’IgG et d’IgM, mais d’autres personnes, surtout celles, qui ont ressenti les effets secondaires les plus courants après la vaccination, en avaient. «Sur les tests rapides, je n’avais pas les anticorps agglutinants, mais après une analyse poussée de mon sang, les anticorps neutralisants étaient actifs.» 

Troisième dose 

Avant l’inoculation de la troisième dose, ce sont sur les anticorps neutralisants que les autorités doivent se baser. Le laboratoire de l’hôpital Victoria à Candos a déjà démarré des tests et un rapport est attendu. Cependant, l’étendue des analyses est toujours inconnue. Selon le Dr Jaumdally, il faudrait déterminer quelle catégorie de personnes vaccinées ont le moins d’anticorps neutralisants et avec quels vaccins ces anticorps ont diminué plus rapidement avant de mettre en place une stratégie pour l’administration d’une troisième dose. Pour l’instant, les informations concernant le taux de breakthrough cases des différents vaccins et la sévérité de la maladie qui a suivi, n’ont pas encore été communiquées par les autorités.

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