Dans la presse du… 21 septembre 1985: un atelier «éolienne» regroupe quatre pays de l’océan Indien à Terre-Rouge

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Le ministre Utchanah, à la tribune, souligne que l’autosuffisance énergétique est un objectif majeur, afin de diminuer la charge trop lourde du coût des hydrocarbures importés.

Le ministre Utchanah, à la tribune, souligne que l’autosuffisance énergétique est un objectif majeur, afin de diminuer la charge trop lourde du coût des hydrocarbures importés.

Il est rapporté dans l’express du 21 septembre 1985 que le ministre de l’Énergie de l’île Maurice, Mahen Utchanah, a procédé, la veille, à l’ouverture d’un atelier «Éolienne» organisé conjointement par son ministère, le Central Electricity Board (CEB) et la Communauté Économique européenne. C’est le tout premier atelier sur l’énergie éolienne dans cette partie du monde qu’est le sudouest de l’océan Indien. 

Cet événement, qui se déroule dans le contexte de la coopération régionale entre les îles de l’océan Indien sur les sources d’énergie nouvelles et renouvelables, doit réunir une vingtaine de participants de Madagascar, des Seychelles, des Comores et de La Réunion, en présence d’experts français, anglais, danois et hollandais. Le séminaire se déroule du 20 au 26 septembre, au Centre de Formation et de Perfectionnement professionnel du CEB à Terre-Rouge. 

Après avoir déclaré que la coopération régionale n’est qu’à ses débuts, Mahen Utchanah a souligné que la décision politique est déjà appliquée, notamment par la création de la Commission de l’océan Indien. «Mais elle doit se traduire dans la réalité par l’institution de structures appropriées aux différents niveaux sectoriels, puis par l’application d’un programme bien rodé, basé sur nos ressources existantes et potentielles et débouchant sur nos besoins réels et effectifs...» 

Pour le ministre, toute source susceptible de fournir de l’énergie de manière compétitive et rentable doit être exploitée, parce que l’énergie est l’élément de tout développement national. «Chaque pays a ses besoins propres. Mais pour tout pays en voie de développement, l’autosuffisance énergétique demeure un objectif majeur, afin de diminuer la charge trop lourde du coût des hydrocarbures importés. Je voudrais donc féliciter la Commission de l’océan Indien pour son initiative ainsi que la Communauté européenne pour la priorité accordée à ce projet régional sur les énergies renouvelables», a dit Mahen Utchanah. 

Le ministre a souligné que ce que l’île Maurice avait fait dans le domaine de l’énergie éolienne devrait intéresser les participants des quatre autres pays, tout comme ce qu’ils avaient fait euxmêmes devait intéresser les Mauriciens. Ce séminaire, au-delà de la communication scientifique, sera utile grâce au contact humain. 

«C’est pourquoi je dois ici saluer l’initiative prise par le professeur Marrony en présentant son projet ‘Énergies renouvelables’ dans les pays du sud-ouest de l’océan Indien. Projet fort innovateur, car il comprend quatre ateliers de travail dans les différents pays de la région sur des thèmes très appropriés», a déclaré Mahen Utchanah. 

Le ministre a fait ressortir que si les applications mécaniques de l’énergie éolienne étaient déjà connues depuis longtemps, n’empêche que cette source bénéficie d’un regain d’intérêt depuis peu. Il a exprimé l’espoir que les participants à l’atelier seront intéressés par l’installation d’un aérogénérateur à Maurice non seulement pour le pompage d’eau, mais également pour la fourniture d’électricité à un certain nombre d’habitants. Il a souhaité ardemment que la présente collaboration régionale ne cesse au moment de la fermeture de l’atelier mais, au contraire, se perpétue par le biais d’échanges techniques enrichissants entre les pays de cette région sur une base continue voire permanente. 

Pour sa part, Germain Commarmond, président du conseil d’administration du CEB, a estimé que la tenue de cet important atelier constitue la concrétisation des pays de cette région de regrouper leurs problèmes énergétiques et de tenter de diminuer leur grande dépendance des produits pétroliers importés (à Maurice 50 % de l’énergie produite proviennent de cette source coûteuse...). «La production de la centrale hydraulique de Rivière-Champagne a bien provoqué un soulagement de quelque 10 % mais la croissance de la demande va encore augmenter. Nous avons aussi nos projets en ce qui concerne la bagasse, mais les expériences sont toujours en cours.» 

«Cet atelier sur l’énergie éolienne aidera, je l’espère, à provoquer... l’éclairage en ce qui concerne cette source — bien que probablement plus de questions seront posées que de solutions trouvées... comme par exemple les problèmes de la saison des cyclones et celui de la résistance des matériaux», a ajouté Germain Commarmond. Ce dernier accueille pourtant bien le fait que l’atelier est une preuve des efforts des îles du sud-ouest de l’océan Indien de vouloir relever le défi de la trop grande dépendance des produits pétroliers... 

Le représentant de la Communauté Économique européenne, Dieter Friedrichs, a commenté pour sa part que le domaine des sources d’énergie nouvelles et renouvelables était le domaine idéal de la coopération régionale et que c’est pour cela qu’il avait été décidé qu’une collaboration bien plus étroite était utile. Une somme de Rs 187 millions a d’ailleurs été prévue dont l’organisation de cet atelier et d’autres expériences. Il a souhaité que cet atelier apporterait de bons résultats tant pour les organisateurs que pour les participants mais aussi, en fin de compte, pour les consommateurs d’énergie de la région.

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