Droits d’atterrissage: eviter d’être au détriment de MK

Avec le soutien de

FlySafair, Comair, South African Airways, Air Seychelles… des compagnies aériennes se préparent à fouler le tarmac de Plaisance. Le département de l’aviation civile ayant octroyé des droits d’atterrissage à ces compagnies. Si dans le milieu l’on affirme que le but est de se rapprocher de l’objectif du gouvernement d’accueillir, d’ici à décembre, 350 000 touristes, l’on fait ressortir que cela ne doit pas se faire au détriment d’Air Mauritius qui se trouve toujours sous perfusion en attendant la Watershed Meeting des administrateurs prévu le 27 septembre.

Selon une source dans le secteur de l’aviation, les droits d’atterrissage font partie d’un portefeuille d’actifs que chaque compagnie aérienne s’efforce d’obtenir pour soutenir ses activités. Ils ne peuvent normalement être obtenus qu’après d’âpres négociations bilatérales entre les États garantissant chacun des droits de trafic sur une base mutuellement avantageuse et réciproque. «Si vous n’avez rien demandé et obtenu en retour, vous ne pouvez pas devenir sage plus tard et demander quoi que ce soit en retour pour équilibrer les droits cédés. Si vous acquérez des droits réciproques mais n’êtes pas en mesure de les exploiter, vous pouvez négocier le paiement de redevances par l’autre compagnie aérienne jusqu’à ce que vous décidiez de déployer votre propre avion sur la route. Il existe plusieurs façons de s’assurer que vous ne donniez pas de tels actifs avec peu ou rien en retour.» Notre source fait ressortir que chaque cas doit être soigneusement examiné selon ses mérites et les négociations doivent être soigneusement préparées avec des objectifs clairs définis et menés avec professionnalisme.

«Je suis choqué par la manière dont nous accordons ces droits sur une base unilatérale sous le piètre prétexte que ces bénéficiaires nous apporteront les touristes dont nous avons tant besoin», lance notre interlocuteur. Il ajoute qu’en tant que seule compagnie aérienne nationale, Air Mauritius (MK) doit jouir exclusivement de tous les droits de trafic dont Maurice bénéficie en vertu du Bilateral Air Services Agreement négociés (BASA). «Ils constituent une part importante de son portefeuille d’actifs incorporels. Les droits réciproques accordés à la France par exemple doivent être partagés par plusieurs compagnies aériennes comme Air France, Corsair, Air Austral. Idem pour le Royaume-Uni.»

Notre source explique que pour l’Inde, seule Air India peut exploiter cette ligne. Mais comme elle ne déploie pas de flotte sur Maurice, elle a négocié et obtenu que MK exploite seule les routes Maurice-Inde, mais en revanche, elle est l’agent de commercialisation en Inde et reçoit le paiement d’une redevance sur le chiffre d’affaires de MK sur ces routes. «Ainsi, en cédant des droits sans rien en retour pour le gouvernement, l’économie, le contribuable, nous privons MK et tout éventuel transporteur mauricien de droits et de valeurs pérennes.» De son côté, Raj Ramlagun, ancien cadre de MK et actionnaire dans la compagnie d’aviation, fait ressortir qu’il faut un équilibre entre les touristes et MK. «Pour l’ouverture du ciel dans un contexte où l’environnement est favorable, on doit protéger les siens. Il faut donner à la compagnie le souffle qu’il faut.» Selon lui, dans le monde, certaines compagnies aériennes qui ne sont plus sous administration sont prudentes avant d’octroyer des droits d’atterrissage aux autres transporteurs.

Pour Raj Ramlagun, il y a eu beaucoup d’accords communs dans le passé qui ont été au détriment du transporteur national. «Sa in manz dan basin MK.» D’où la raison pour laquelle, selon lui, le gouvernement, en tant qu’actionnaire principal, en octroyant les droits, doit s’assurer que ceux-ci ne jouent pas contre la reprise de la compagnie aérienne nationale.

Pour le personnel de MK, qui ne cache pas son inquiétude, l’on affirme que les droits d’atterrissage restent une politique du gouvernement. «Nous ne pouvons rien y faire. Ils vendent des droits d’atterrissage. Ils achètent le mauvais avion…»

FlySafair lance ses vols le mois prochain

Après de longs mois d’attente, FlySafair, compagnie aérienne low cost, pourra, à partir du 1er octobre, desservir Maurice deux fois par semaine, depuis l’aéroport international OR Tambo, Johannesburg. Une situation possible après que le High-Level Committee sur le Covid-19 a décidé de lever la restriction sur les vols en provenance d’Afrique du Sud, en vigueur depuis mars 2020.

Les vacances approchant à grands pas pour les Sud-Africains, FlySafair mise sur la réouverture complète des frontières le mois prochain et espère dominer le marché Maurice. Un Boeing 737 pouvant accueillir 162 passagers desservira la destination. Kirby Gordon, Chief Marketing Officer de la compagnie, a expliqué que FlySafair a obtenu son permis d’opérer vers Maurice l’année dernière mais la pandémie de Covid-19 a retardé le processus. Les vols FlySafair seraient les plus attractifs sur cette desserte, Business Insider South Africa estimant le tarif d’un billet aller-retour entre Rs 20 000 et Rs 30 000.

Soulignons qu’à la reprise des vols, Air Mauritius, Comair South Africa et South African Airways seront également de la partie. Les autorités mauriciennes misent sur le marché sud-africain pour booster les arrivées touristiques et les investissements à la fin de cette année. D’autant qu’à ce stade, la demande demeure forte bien qu’une publication américaine ait récemment déclaré que Maurice avait atteint l’échelle 4 de contaminations au Covid-19, soit un niveau très élevé. Arvind Bundhun, directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority, affirme que l’Afrique du Sud demeure «un marché prioritaire» pour l’industrie touristique de Maurice. Raison pour laquelle il se réjouit de cette levée de restrictions sur les vols.

Air Seychelles a également annoncé qu’elle reprendra ses deux vols hebdomadaires vers Maurice à partir du 3 octobre. C’est l’Airbus A320neo pouvant accueillir 168 passagers qui desservira la destination les mercredis et dimanches. La compagnie sera en concurrence avec Air Mauritius. Le comité de haut niveau présidé par Pravind Jugnauth a également avalisé la décision de lever les restrictions sur les vols en provenance du Brésil.

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