Covid-19 - vaccination: la troisième dose fait toujours débat

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Le ministre Kailesh Jagutpal l’a déclaré en conférence de presse, vendredi. Un plan de vaccination est à l’étude pour administrer une troisième dose. Pour l’heure, aucune information n’a filtré pour savoir si elle sera obligatoire.

Selon le Dr Farhad Aumeer, les avis se contredisent sur la question. «Les opinions de plusieurs acteurs comme l’OMS (NdlR, voir plus loin), ou encore les grandes sociétés médicales divergent. Maurice a bénéficié de cinq à six vaccins faits au sein de la communauté. Il y a eu différentes réactions et défenses immunitaires que chaque personne a développées.» Toutefois, face à la flambée des cas, il s’interroge sur le travail effectué par les anticorps. «Parmi les gens déjà vaccinés, est-ce qu’il y a suffisamment d’anticorps dans leur système par rapport au vaccin utilisé ?»

Pour le Dr Aumeer, le ministère de la Santé doit faire des «sample checks» ou encore «des cluster checks» afin de découvrir comment les vaccinés des premiers mois ont développé ces anticorps. «En se basant sur les informations recueillies, je pense que l’on pourra déterminer s’il faut faire une booster dose.» Autre question qui mérite un temps de réflexion est de savoir quel sera le vaccin qui pourra être administré à Maurice. «Je l’ai dit au début que pour un petit pays comme le nôtre, on a eu plusieurs vaccins. Si notre pays frère comme l’Inde nous avait déjà donné le Covishield et par la suite le Covaxin, nous aurions dû aller dans cette direction. La Chine nous a, certes, donné le Sinopharm, et nous avons obtenu d’autres donations d’un peu partout, du coup, la situation me paraît un peu ambiguë.»

Utiliser un vaccin universel peut se révéler un véritable casse-tête. «En tout cas, le débat est lancé. Le gouvernement doit aussi écouter la population avant de faire la ‘booster dose’, surtout ceux qui sont réticents après avoir fait le vaccin. Pour moi, ce n’est, certes, pas une mauvaise idée que de faire une autre dose, mais il faut savoir quel vaccin utiliser.»

Idée qu’épouse aussi le Dr Vasantrao Gujadhur. Pour lui, il faut faire la différence entre la troisième dose et la «booster dose». «La troisième dose fait déjà partie d’un ‘schedule of vaccination’. Donc, l’on sait quand la prendre déjà, soit 28 jours après la deuxième dose. Elle doit être destinée aux personnes à risque telles que celles souffrant de cancer, de problèmes rénaux, celles ayant fait une transplantation, les personnes qui ont le HIV ou encore les personnes âgées.»

Par contre, la booster dose est donnée aux personnes dont l’immunité pourrait diminuer avec le temps. «On doit étudier qui sont les personnes qui doivent l’obtenir et il y a peu d’études faites à ce sujet pour le moment.» Se référant aux pays tels qu’Israël et les États-Unis, le Dr Gujadhur explique que même eux font des études pour savoir s’il faut avoir recours à une «booster dose». «Ils ont ciblé certaines personnes par tranche d’âge. L’Angleterre attend les retombées des études avant de préconiser une booster dose pour tous. Et puis, à titre d’exemple, comme l’ont souligné les responsables d’Oxford, l’AstraZeneca offre suffisamment de protection. Le plus important, c’est que tous les pays à travers le monde puissent bénéficier d’une dose de vaccin.»

Concernant les «booster doses», certains pays comme la Chine ont même fait appel à d’autres laboratoires pour avoir spécifiquement un autre vaccin pour booster le vaccin administré à sa population. «Comme l’a fait le Bahreïn aussi. Même si sa population a été vaccinée avec le Sinopharm, les plus vulnérables ont reçu un booster venant de Pfizer ou de Moderna.» Pour l’ancien directeur de la santé, il faudrait dans un premier temps que le gouvernement mauricien publie un relevé des personnes qui ont été positives mais vaccinées, et surtout savoir quel vaccin a été utilisé. «Il faut savoir combien de personnes décédées étaient vaccinées et avec quel vaccin. On saura à travers cette étude quels sont les vaccins les plus efficaces.» Ce n’est que par la suite que l’on saura quel autre vaccin administrer comme booster. Le débat risque d’être encore long.

Pas justifiée, affirme L’OMS

Comme il est rapporté sur plusieurs plateformes internationales, un groupe d’experts de l’OMS et de l’Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a publié une étude dans la revue scientifique «The Lancet» qui penche du côté des «contre» au sujet d’une troisième dose. Comme le rapporte «lexpress.fr», selon les auteurs, l’efficacité du vaccin contre les formes graves du Covid-19 reste suffisamment élevée – même contre le variant Delta – pour l’instant. La troisième dose ne serait donc pas adaptée pour la population en général «à ce stade de la pandémie». Si les chercheurs n’enterrent pas l’intérêt pour une troisième dose à terme, ils estiment que les précieux flacons sont plus utiles pour les populations non protégées. Ces études montrent même qu’après six mois, les vaccins sont efficaces même contre les variants Alpha et Delta. Il faut développer des rappels basés sur les variants.

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