Covid-19: les bébés mieux protégés mais pas à l’abri

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[Photo D'illustration] Grâce à leur immunité innée, les enfants en bas âge sont moins affectés par le Covid-19.

[Photo D'illustration] Grâce à leur immunité innée, les enfants en bas âge sont moins affectés par le Covid-19.

Le récent décès de la petite Keira Esther, 15 mois et positive au Covid-19, suscite des questions sur l’incidence du virus sur les enfants en bas âge. Qu’en est-il des risques de décès des bébés détectés positifs ? Y a-t-il un variant et d’autres facteurs les rendant plus vulnérables ?

Si jusqu’à présent, la recherche indiquait que les enfants en bas âge étaient moins vulnérables au Covid-19, le nombre d’hospitalisations et de décès des nourrissons détectés positifs, à échelle internationale, pose des interrogations. Maurice n’est pas épargné du débat après le récent décès de Keira Esther, 15 mois et positive au Covid-19.

Mondialement, la mortalité chez les bébés ayant contracté la maladie inquiète et engendre des questions. Par exemple, au Brésil, la pandémie a causé plus de 2 800 décès chez les petits de moins de dix ans, indiquent les médias étrangers. La moitié des victimes ont moins d’un an. En France, les hospitalisations dues au Covid-19 affluent depuis juillet 2021 et incluent des jeunes enfants et nourrissons. L’un d’eux est décédé le 20 août 2021 à la maternité en Occitanie. Parallèlement, en Indonésie, de nombreux enfants succombent à la pandémie. Ce pays, épicentre du variant Delta, a recensé plus de 1 200 jeunes victimes, avec environ la moitié âgée de moins d’un an.

Avec la seconde vague pandémique à Maurice en 2021, plusieurs contaminations chez les enfants en bas âge sont survenues. Jusque-là, aucun n’est décédé excepté la petite Keira Esther. D’emblée, précise la Dr Catherine Gaud, conseillère au ministère de la Santé, on ne sait si son décès est attribuable au Covid-19. «L’investigation est en cours. S’il s’agit d’un décès dû à la pandémie, ce serait quelque chose d’extrêmement atypique. En fait, la radiographie des poumons ne correspond pas au virus», déclare-t-elle. Depuis les premières contaminations mondiales, les études scientifiques convergent vers une plus faible prévalence du virus chez les enfants. Est-ce toujours pertinent face à la mutation des variants et au nombre de cas positifs ainsi que décès survenant au sein de cette catégorie ?

La Dr Catherine Gaud désigne deux types d’immunité, soit de forme innée et acquise. «Pour l’immunité innée, on naît avec un certain nombre de défenses. Ces cellules servent à tuer tous les microbes. Ce n’est pas adapté à tel ou tel virus ou bactérie. L’immunité acquise s’adapte à chaque type de microbe, dont le Coronavirus, qui possède ses propres anticorps», explique-t-elle. Or, les tout petits disposent dans le nez et les voies respiratoires d’énormément de cellules d’immunité innées. Celles-ci sont capables d’ériger un premier rempart très efficace, ce qui fait que les enfants sont moins sensibles au Covid-19. Aussi, la majorité des formes de la pandémie chez eux sont bénignes. Cette catégorie représente moins d’un pour cent des patients hospitalisés, moins d’un pour cent des décès et moins de transmissions. Les petits de 0 à 2 ans caractérisent 6 % des cas positifs au Covid-19 dans le monde tandis que ceux âgés entre 3 et 5 ans, 9 %, ajoute-t-elle.

Bien que les enfants en bas âge soient moins affectés par le virus, rétorque un pédiatre, ils n’en sont pas pour autant à l’abri. «Il subsiste tout de même des cas sévères. À ce stade, on apprend encore sur la maladie. Beaucoup de choses sont encore dans l’inconnu», affirme-t-elle. Abondant dans ce sens, un autre spécialiste indique qu’il n’y a pas suffisamment de recul pour déterminer quels bébés seront plus affectés que les autres par le Covid-19. D’autant que le traitement ne s’applique qu’aux complications. Cela dit, «si un enfant est porteur d’un handicap, souffre d’une malformation cardiaque, d’une paralysie cérébrale ou tout autre comorbidité, il sera plus affecté par le Covid-19». Idem en cas de problème musculaire ou de difficultés à tousser, ce qui comprime sa capacité à désengager ses bronches, explique-t-il.

D’ailleurs, la Dr Catherine Gaud évoque aussi le syndrome inflammatoire multi viscéral, une forme rare ressemblant à la maladie Kawa- saki. «Il s’agit d’une défaillance des organes. C’est une forme grave qui peut affecter les poumons, le cœur, les reins, entre autres, mais dont la plupart des enfants guérissent», avance-t-elle. Parallèlement, les petits peuvent aussi être touchés par le «Covid-long». Ici, ces derniers ne développent pas forcément une forme grave de la pandémie mais traînent une grande fatigue, des difficultés cognitives et d’attention à l’école.

Existe-t-il des variants plus dangereux pour les petits ? Selon un pédiatre, la recherche ne l’a pas encore déterminé à ce jour. «Je ne pense pas qu’il n’y ait un variant particulier qui affecte les enfants. Ces derniers résistent mieux au virus et en sont davantage protégés», déclare, pour sa part, le Dr Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la santé. La Dr Catherine Gaud mentionne une «petite suspicion générale sur le Delta qui serait plus grave pour tous patients». Sauf que les études demeurent contradictoires, indique-t-elle.

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