À la recherche de consultants: la NSLD piétine dans son projet de construction de logements

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La NSLD a, au moins, un bureau à Ebène.

La NSLD a, au moins, un bureau à Ebène.

Aucun logement n’est sorti de terre depuis les deux ans qu’existe la New Social Living Developement Ltd. Ce, alors que 12 000 maisons destinées à des bénéficiaires sociaux doivent être construites. Quand le seront-elles? Pas de sitôt, semble-t-il, la compagnie étant à sa seconde demande de propositions afin de trouver une firme de consultants. Le CEO maintient, lui, que ces constructions seront faites dans les temps, d’ici juin 2024.

Incorporée en mai 2019, la New Social Living Developement Ltd (Ltd) (NLSD), dont l’objectif est de construire 12 000 logements, semble peiner à atteindre son but. Elle vient de lancer une nouvelle demande de propositions (request for proposal) afin de trouver des firmes consultantes. Elles ont jusqu’au 15 septembre pour soumettre leurs propositions, soit deux semaines. C’est le deuxième exercice de ce genre après l’annulation du premier lancé en janvier 2021.

Avant l’annulation du premier exercice, le député du Parti travailliste (PTr), Osman Mahomed, avait interrogé le ministre du Logement et des terres, Steven Obeegadoo, au Parlement, au sujet de la demande de propositions pour des cabinets de consultants. Il disait détenir des informations selon lesquelles l’exercice était contesté par des soumissionnaires. Il avait souligné qu’il était au courant qu’un membre du board de la NLSD avait soumis sa démission.

Le ministre avait répondu qu’il n’était pas courant de ce request for proposal et que comme il s’agit d’une compa- gnie privée, il ne s’ingère pas dans ces affaires. Toutefois, sur l’insistance du député Osman Mahomed, Steven Obeegadoo avait fini par indiquer qu’il avait obtenu des informations et que le membre dont il était question avait été invité à se retirer du board suivant un point que le député du PTr avait luimême soulevé au Parlement.

Interrogé hier, le député Osman Mahomed a indiqué qu’avant même la parution de l’avis pour ce deuxième «request for proposal», il avait appris que le premier exer- cice avait été annulé pour des raisons de nature technique, selon ses renseignements. Avec ce deuxième exercice, déplore-t-il, la NSLD accuse plusieurs mois de retard, et subséquemment des coûts plus onéreux pourraient être imposés aux bénéficiaires éventuels de logements sociaux. Il rappelle que la NSLD avait donné le coup d’envoi de son projet en lançant, le 23 août 2020, un premier exercice connu comme le «request for qualification, for finance, design, construction and transfer of ownership of 6,000 social housing units»

En deux ans,«la compagnie piétine toujours et n’a rien réalisé de concret jusqu’ici. Depuis le début, j’étais contre la création de ce Special Purpose Vehicle, compagnie qui recrute des employés à tour de bras, alors qu’à mon avis, la National Housing Development Company Ltd aurait pu bien mener cette mission.»

Interrogé, Jairaj Sonoo, Chief Executive Officer (CEO) de la NSLD, souligne que le premier exercice a été annulé parce qu’il n’y avait pas assez de soumissionnaires. Puis, certains avaient commis des erreurs techniques. D’où ce deuxième exercice. «Nous avons maintenant créé huit zones au lieu de cinq et nous pensons obtenir plus de soumissionnaires.»

Le CEO maintient que le projet sera achevé d’ici la date fixée, soit juin 2024. Selon lui, 50 sites ont été identifiés pour la construction de ces logements alors qu’auparavant, il n’y en avait que 36.

Enter la Mauritius Housing Corporation Properties Limited

Changement d’identité pourla Mauritius Housing Corporation Limited (MHC). Elle sera rebaptisée Mauritius Housing Corporation Properties Limited. C’est ce que nous apprend une des délibérations de la dernière réunion du Conseil des ministres, vendredi. L’un des objectifs de la «nouvelle» société est le développement des propriétés privées en Afrique.

Qu’est-ce qui explique cette décision? Sollicité, le président du conseil d’administration de la MHC, Racheed Dawreeawoo, argue qu’actuellement la MHC fait face à trop de lourdeurs administratives. «Il y a certaines choses que nous voulons faire, mais cela prend trop de temps et avec la nouvelle société, nous pouvons réaliser plus de ventes et d’achats dans le domaine immobilier.» Au sujet du développement de propriétés privées en Afrique, Racheed Dawreeawoo souligne que la compagnie compte plus de 50 ans d’existence et elle possède le savoir-faire dans la construction et pourra apporter son aide dans le domaine immobilier à certains pays africains.

Pour Osman Mahomed, la MHC ne fait qu’emboîter le pas au CEB avec la création de ces filiales d’où est absente toute bonne gouvernance. Il ne comprend pas comment la MHC pense promouvoir le développement en Afrique, alors qu’elle peine à vendre des maisons construites à Le Hochet… 

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