Incendie sur le «Ruey Chien Tsai 112»: des traces de diesel autour du palangrier inquiètent

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La fumée, qui émanait du bateau, n’est pas plus grave que celle émanant des cheminées d’usines ou des bus, soutient Khalil Elahee, professeur à l’université de Maurice. © Doreck Clair

La fumée, qui émanait du bateau, n’est pas plus grave que celle émanant des cheminées d’usines ou des bus, soutient Khalil Elahee, professeur à l’université de Maurice. © Doreck Clair

Alors que le feu a pu être circonscrit hier, la situation inquiète, cependant, les autorités. Pour cause, la présence de diesel autour du navire et sur les rochers à environ 200 mètres du site. D’autant que le palangrier taïwanais a 65 tonnes de diesel dans ses réservoirs et que des trous ont été détectés dans la coque en fibre de verre. 

À hier, aucune décision n’avait été prise par la Mauritius Ports Authority (MPA) et l’armateur sur le sort du navire à cause de l’incendie qui avait repris aux petites heures. La présence de peinture à l’huile s’est aussi révélée un problème car étant hautement inflammable. Des booms ont, toutefois, été installés autour du navire et aussi autour du site en cas de fuite. 

Attention pollution ! 

Qu’en est-il de l’impact environnemental de cet incendie ? Qui dit fumée dit émanation dans l’air. Dans un tel bateau, soutient Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement, il peut y avoir du plastique ou du polystyrène, qui peut être extrêmement toxique. Incluant la peinture. Quand le bateau est en feu, toutes les particules toxiques vont dans l’air, dit-il. 

Mais Khalil Elahee, professeur à l’université de Maurice, explique que l’impact serait minime par rapport à la qualité de l’air. Car, «comme c’est en plein air, il y aura une bonne ventilation. Les émissions seront emportées vers le large. Il y a de la fumée noire mais ce n’est pas plus grave que celle relâchée par les cheminées des usines ou encore celle sur les routes qui émanent des bus», fait-il ressortir. D’autant plus que la fibre de verre est brûlée à très haute température. «Même si le vent ramène vers la terre les émissions, elles vont se disperser assez rapidement.» 

En ce qui concerne les traces de diesel, qui ont été découvertes près du navire sur des rochers à Bain-des-Dames, Vassen Kauppaymuthoo relève qu’il faut voir si ces traces de carburant proviennent bel et bien de ce bateau. Soulignant qu’«il ne faut pas oublier qu’il y a d’autres sources de pollution dans le port. Mais si ces traces d’hydrocarbures proviennent bien de ce bateau, il faudrait suivre la situation de près». 

En outre, ce dernier considère qu’en cas de fissures dans la coque, notamment en raison de la chaleur, des produits toxiques pourraient être dissous dans l’eau. 

«On pourrait voir la mort de certains poissons, de certains mammifères marins, des tortues de mer, des coraux. Ça va affecter toute la chaîne alimentaire.» Ainsi, si la coque s’abîme, il y a un risque de déversements de liquide, notamment d’hydrocarbures, qui peut éventuellement affecter la flore et la faune marines. Soit de tout l’écosystème. 

Donc, l’idéal, selon Vassen Kauppaymuthoo, est de ramener le palangrier taïwanais en cale sèche. Et ensuite de dépolluer l’eau. Il est d’avis qu’on ne peut pas le laisser en mer avec les risques qu’il continue de polluer. 

Selon un communiqué du ministère de l’Environnement émis hier après-midi, le navire est dans un endroit sûr dans la zone portuaire, conformément aux instructions du Port Master. Le ministère rassure que diverses mesures de précaution ont été prises pour éviter toute pollution de l’environnement par le navire. 

Notamment l’activation du Port Louis Harbour Oil Spill Response Plan après l’incident, le déploiement de booms flottants, par la MPA, et des garde-côtes, autour du navire afin de contenir une éventuelle pollution dans la zone où le navire est actuellement amarré. Un monitoring de la qualité de l’air et de l’eau est aussi effectué au quotidien par le National Environment Laboratory du ministère de l’Environnement et celui de l’Économie bleue. 

«En ce qui concerne la qualité de l’air, à l’exception d’une légère odeur de plastique, détectée près de l’accident, les composés organiques volatils étaient inférieurs aux limites détectables. Pour ce qui est de la qualité de l’eau, les échantillons d’eau de mer prélevés ont révélé l’absence d’hydrocarbures. Alors que les résultats des échantillons prélevés près du navire, à l’intérieur des barrages flottants, ont indiqué la présence d’hydrocarbures», indique-t-on. 

D’autre part, les pêcheurs de Bain-des-Dames sont inquiets de la présence de ce navire dans leur région. Ils ont fait une sortie en mer pour effectuer un constat.

L’équipage sain et sauf 

Des photos et vidéos des marins du bateau taïwanais, deux Chinois et 16 Indonésiens, ont été publiées sur Facebook pour rassurer leurs proches. Dans une vidéo postée dans un groupe privé, on peut voir les membres d’équipage regarder le feu consumer le navire. Ces derniers ont trouvé refuge sur un «sister vessel», avant d’être transférés sur la terre ferme.

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