Décès de Nooresh Juglall: incohérences du médecin du MTC

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Il avait écopé d’un avertissement, mardi dernier, de la magistrate Shavina Jugnauth de la cour de district de Port-Louis. Elle lui avait rappelé qu’il était sous serment et qu’il fallait donner de vraies réponses. Le Dr Rehan Oo-zeerkhan, médecin du Mauritius Turf Club (MTC), a de nouveau fait l’objet d’une remarque de la magistrate hier, mardi 24 août lors des travaux de l’enquête judiciaire pour faire la lumière sur la chute mortelle du jockey Nooresh Juglall, au Champ-de-Mars, le 15 mai.

Les réponses du Dr Oozeerkhan ont été une nouvelle fois qualifiées de non-concordantes. La magistrate a réclamé une enquête policière. Du coup, la séance a été interrompue et se poursuivra 21 septembre, une fois l’investigation terminée. La séance n’a pas été de tout repos pour le Dr Rehan Oozeerkhan, qui compte 30 ans d’expérience au MTC. Une séance marquée par l’interrogatoire de Me Yahia Nazroo, qui représente Mauritius Turf Club Sports and Leisure (MTCSL).

Le médecin a confié que la chute du jockey Juglall a été la première s’avérant mortelle. Revenant sur cette journée fatidique, le témoin a expliqué que deux ambulances suivent les chevaux pendant la course et les procédures de sécurité sont appliquées lorsqu’un jockey tombe d’un cheval. «On doit s’assurer que les chevaux qui courent toujours après que les jockeys ont fait une chute ne représentent aucun danger pour les jockeys et pour nous afin de pouvoir prodiguer des soins immédiats.»

Or, ce jour-là, poursuit le Dr Rehan Oozeerkhan, le jockey Juglall, après sa chute, était quasi inconscient. «Je l’ai appelé par son nom pour voir s’il réagissait mais en vain. Des débris se trouvaient sur son visage et dans sa bouche et il respirait à peine. On a dû les enlever pour lui procurer de l’oxygène. Alors qu’il se trouvait sur le gazon, on l’a retourné sur le dos.»

Me Nataraj Mooneesamy, du bureau du Directeur des poursuites publiques (DDP), a objecté à cette version. «Le témoin ne dit pas la vérité. Lors de sa déposition de la semaine dernière, il avait fait mention que la victime, sur la piste, avait été placée sur le côté gauche afin de faciliter sa respiration. Mais, confronté à des images qui ne démontraient pas cette procédure et après avoir écopé d’un avertissement selon lequel il commettrait un acte de perjury s’il continuait de mentir, il devait concéder qu’il l’avait fait dans l’ambulance.» Le représentant du bureau du DPP a ajouté : «Maintenant, il dit que le jockey Juglall, se trouvant sur la piste, a été placé sur son dos avant d’être transféré dans l’ambulance.»

S’alignant avec son point, la magistrate a évoqué l’incohérence de la semaine dernière. «J’avais émis un avertissement la dernière fois pour lui dire qu’il ne faut pas mentir et je demande à la police d’ouvrir une enquête. On n’a d’autre choix que de suspendre la séance d’aujourd’hui. En attendant, le témoin doit se rendre disponible pour l’enquête policière.»

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