Football - Saoud Lallmahomed: «Une société moderne ne peut pas laisser tomber ses talents»

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Une société moderne ne peut pas laisser tomber ses jeunes talents selon Saoud Lallmahomed (en médaillon).

Une société moderne ne peut pas laisser tomber ses jeunes talents selon Saoud Lallmahomed (en médaillon).

Lancée en septembre 2020, l’Académie de football du sud, basée à New-Grove, fait son petit bonhomme de chemin dans l’ombre. Elle réunit des enfants de 5 à 16 ans, des localités de New-Grove, Rose-Belle, Mahébourg et Plaine-Magnien entre autres. 

Riad Hullemuth, président de l’académie, fait un constat : «Après bientôt une année d’existence, nous continuons le travail pour aider les jeunes mauriciens de la localité à s’adonner au sport-roi dans l’espoir de leur donner une activité saine et valable qui leur inculquera les bonnes valeurs pour réussir dans la vie, et pourquoi pas dénicher des perles rares qui feront la fierté du Club M un jour ?» 

Malgré les difficultés pour mettre en place une telle structure, ce dernier dit avoir été soutenu par les autorités. «L’académie tient à remercier infiniment ceux qui nous ont aidés en termes d’équipements pour les enfants : Giandev Moteea, président du Club Maurice, Rajen Dorasami, ainsi que le ministère de la jeunesse et des sports, Mahen Seeruttun et le ministère de la bonne gouvernance». 

Parmi les expertises techniques que l’académie a bénéficiées on retrouve celles d’un certain Saoud Lallmahomed. «On m’a appelé pour donner un coup de main et animer une session d’entraînement et je suis venu avec grand plaisir en tant qu’amoureux du football», nous a confié l’ancien entraîneur de la Fire Brigade. 

«J’ai été très surpris par la qualité des jeunes de moins de 12 ans que j’ai vus en action à New-Grove. Mais j’ai toujours pensé qu’on regorgeait de talents aux quatre coins de l’île. Heureusement qu’on a plusieurs académies privées qui agissent comme forces vives du football mauricien, comme le Racing Club, Riverland ou Mangalkhan pour ne citer que ceux-là. Mais c’est déplorable de voir nos jeunes footballeurs livrés à eux-mêmes passés un certain âge». 

Il met le point sur le principal disfonctionnement du système. «A 17 ans, ils n’ont plus de débouchés s’ils veulent jouer au football. Il n’y a plus rien pour eux. Pas de tournois. Pas de réserve. Pas de tournois «under 20» non plus, donc leur horizon est bouché. Alors c’est normal que les parents vont alors se désengager du foot de haut niveau et les envoyer prendre des leçons particulières et réussir leur vie académiquement puisqu’ils vont s’entraîner pour rien…», enchaîne Saoud Lallmahomed. 

Que faire alors pour changer ça ? «Le problème c’est un manque de structure. Et même quand elle existe, elle n’opère pas comme il faut. Soit ça ne fonctionne pas comme ça devrait, ou il y a un manque de matériels, ou de motivation. Les cadres techniques et les parents se découragent au fil du temps. Dans toutes les disciplines sportives du pays, nous faisons face à une pauvreté et une médiocrité incroyables, c’est bien dommage pour nos jeunes ! On a pourtant la matière première, les talents. Mais le travail pour les encadrer est mal fait. D’un côté, la fédération de foot et le ministère des sports ont des prétentions pour soi-disant former nos jeunes mais dans la réalité le bât blesse. Une société moderne ne peut pas laisser tomber ses talents… »

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