Wakashio: le Dr Beeharry donne des précisions sur la nécropsie des dauphins

Avec le soutien de
Le Dr Peetumber Beeharry, Principal Veterinary Officer et Head of Veterinary Division, a déposé en Cour de Port-Louis, mercredi 28 juillet.

Le Dr Peetumber Beeharry, Principal Veterinary Officer et Head of Veterinary Division, a déposé en Cour de Port-Louis, mercredi 28 juillet.

Le département vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie avait récupéré 50 carcasses de Melon Headed Whales et deux dauphins, dont la moitié d’entre eux se trouvaient dans un état de décomposition très avancée. Selon le Dr Peetumber Beeharry, Principal Veterinary Officer et Head of Veterinary Division, qui a déposé, hier, mercredi 28 juillet, dans le cadre de la cour d’investigation sur le naufrage du MV Wakashio, le décès de tous les dauphins daterait de plus de 24 heures.

«Toutes les carcasses avaient une hémorragie interne. Sur la surface, environ trois des carcasses du Melon Headed Whale avaient la mâchoire brisée. Lorsque nous avons fait la nécropsie, nous avons détecté la présence de gaz dans les vaisseaux sanguins, principalement à l’extérieur des poumons», a-t-il révélé. Le vétérinaire a fait ressortir que la majorité avait les mêmes types de lésions causées par le barotrauma, soit un changement soudain de la pression de l’eau. Ce qui a causé la mort des cétacés.

«Qu’est-ce qui aurait pu être responsable de ce genre de comportement ?» a alors demandé Me Rajkumar Baungally, Assistant Sollicitor General. Si dans un premier temps le vétérinaire a affirmé que c’est difficile de dire quel facteur aurait provoqué ce genre de lésions, une question du président Abdurafeek Hamuth l’a poussé à en énumérer quelques-uns, notamment une exposition au sonar, des ondes de choc et une décompression. Le Dr Peetumber Beeharry a également expliqué que des parties du foie, les tissus musculaires, ont été envoyés au Food Technology Lab pour avoir une idée de la quantité de métaux lourds présents dans les carcasses des mammifères.

Selon les conclusions, s’il n’y a eu aucune trace de plomb, des résidus de cadmium et de mercure ont été retrouvés. «D’où proviennent-ils et quelle était la quantité ?» s’est enquis Abdurafeek Hamuth. «Ce sont des contaminants environnementaux dans la mer. Leur quantité était assez substantielle. Dans un échantillon, il y en avait 219 mg. C’est normal. Rien d’extraordinaire», a lancé le vétérinaire, ajoutant qu’il n’y a pas eu de demande pour une contre-nécropsie.

Ces dauphins auraient pu volontairement heurter quelque chose ? À la question, le vétérinaire a fait ressortir que ces animaux ont de l’orientation. «Une pollution marine comme une marée noire aurait-elle pu perturber leur orientation ?» a alors demandé le représentant du Directeur des poursuites publiques, Ricky Bhookun. Ce à quoi le témoin répondra que des résidus d’huile ont été retrouvés sur les échantillons du foie envoyés au Forensic Science Laboratory. Et que sur la peau, il n’y avait aucune trace d’huile qui pourrait ne pas être visible à l’œil nu.

Appelé également à la barre, Ravi Mohit, Ag Divisional Scientific Officer à Albion Fisheries Research Centre, a expliqué qu’il était impliqué dans la «herd operation» des mammifères vivants dans le lagon, dans la région de Pointe-du-Diable, Deux-Frères et Quatre-Soeurs. Il a ajouté que depuis le 26 août, les dauphins morts ont commencé à s’échouer. Le 28 août, grâce à un mur sonore, les dauphins bloqués dans le lagon ont pu rejoindre le large par la Passe Danois, en face de Deux-Frères.

«Le 28, nous avons observé le schéma du comportement de 150 dauphins qui étaient stressés et désorientés. Nous avons pu les repousser avec l’aide de 10-15 bateaux. Environ 50 sont revenus dans le lagon. L’opération a dû se poursuivre dans les jours qui ont suivi. (…) C’est très stressant de les guider vers la sortie. Certains avaient des blessures visibles sur leur corps.»

Parlant des carcasses, Ravi Mohit a soutenu que la majorité a été récupérée du côté de la Ferme Marine de Mahébourg. «Les premiers jours, les 26 et 27, les mammifères étaient déjà morts et échoués sur le rivage. Certains poussaient leur dernier soupir.» L’assesseur Jean Mario Geneviève voulait savoir si le sabordage de la proue du MV Wakashio et des tests hydrographiques par le Mauritius Oceanographic Institute autour de l’épave sont reliés. «Je ne vois pas de relation. Le sabordage était loin du rivage alors que les dauphins s’échouaient dans le lagon. Cela aurait était possible quelques jours après l’utilisation des équipements électromagnétiques pas un mois après.»

Publicité
Publicité

Le 26 juillet, les habitants de Pointe d’Esny se réveillent avec une triste image: l’épave du MV Wakashio drossée sur les récifs. Le navire japonais battant pavillon panaméen s’est échoué la nuit précédente. 12 jours après, il déverse son contenu dans nos lagons, causant une marée noire. Sans perdre de temps, les Mauriciens, main dans la main, s’activent pour limiter les dégâts. Retour sur la pire catastrophe écologique du pays…

D'autres articles »
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
Suivez le meilleur de
l'actualité à l'île Maurice

Inscrivez-vous à la newsletter pour le meilleur de l'info

OK
Pour prévenir tout abus, nous exigeons que vous confirmiez votre abonnement

Plus tardNe plus afficher

x