Assemblée nationale: questions sans réponse sur la Mauritius Investment Corporation

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Hier, le ministre des Finances n’a pas éclairé l’Assemblée nationale sur les bénéficiaires et les conditions de décaissement des fonds de la Mauritius Investment Corporation. Le gouverneur de la Banque de Maurice n’en dira pas plus.

Créée par la Banque de Maurice et critiquée pour avoir été placée sous le contrôle de celle-ci, la Mauritius Investment Corporation Ltd a essuyé, hier matin, un échec lors des débats autour de la Private Notice Question. Les échanges tant attendus ont tourné en eau de boudin, des questions pertinentes posées par le leader de l’opposition n’ayant pas été autorisées par le président de l’Assemblée nationale. Ce dernier a avancé comme argument dans certains cas que de telles questions constituent une violation du code de confidentialité associée au bon fonctionnement de la Mauritius Investment Corporation.

Pire, cette première partie des travaux parlementaires a été marquée par une subite levée de séance en raison d’un échange assez musclé d’ailleurs entre le président de la Chambre,Sooroojdev Phokeer, et le député Arvin Boolell. La levée de séance a été suivie d’une interruption des travaux de la Chambre et enfin à la reprise par l’annonce d’une suspension de huit semaines d’Arvin Boolell pour avoir prononcé un mot dont la portée est jugée inadmissible selon des règles élémentaires de bonne conduite à l’Assemblée nationale. Occasion ratée pour se pencher en direct sur le fonctionnement d’une organisation dont le principal objectif consiste à aider tout secteur susceptible de laisser des plumes face aux effets de la pandémie.

Xavier-Luc Duval voulait que le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, dévoile la nature des mesures prises pour que les déboursements des fonds confiés à la Mauritius Investment Corporation Ltd se fassent dans la plus grande transparence. Pour Renganaden Padayachy, la question de transparence ne constitue aucun problème. «L’ensemble des décisions qui sont prises par la Mauritius Investment Corporation le sont en conformité avec les meilleurs standards de transparence et de bonne gouvernance. D’où l’importance des membres qui constituent son conseil d’administration.»

Le ministre va défendre bec et ongle le recours à la mise sur pied de la Mauritius Investment Corporation. «Sans la Mauritius Investment Corporation», souligne-t-il, «notre économie et notre population auraient plongé dans le chaos économique et social.»

Pour Harvesh Seegolam, gouverneur de la Banque de Maurice dans une entrevue qui paraît dans l’édition du jour de notre confrère Business Mag, le recours à un tel outil était souhaitable. «À contexte exceptionnel, mesure exceptionnelle» précise-t-il. «La Banque de Maurice a mis l’équivalent de 2 milliards de dollars US, soit Rs 80 milliards, à la disposition de la Mauritius Investment Corporation. Je note avec satisfaction que la Mauritius Investment Corporation rend publiques des informations sur le nombre de dossiers approuvés et le décaissement des fonds.»

En effet, sur le site de cette société, il est indiqué que jusqu’au 30 juin dernier une somme de Rs 9,1 Mds a été déboursée pour principalement venir en aide aux opérateurs qui évoluent dans les secteurs suivants : hébergement/le service alimentaire (Rs 15,7 Mds soit 53,4 %), manufacturier (Rs 2 Mds soit 6,8 %), divertissement/ art/ service de détente (Rs 140 millions soit 0,5 %) ; l’immobilier (Rs 200 millions soit 0,7 %), l’agro-industrie/segment fores- tier/pêche (Rs 10,4 millions soit 35,3 %) et autres secteurs qui englobent un montant de Rs 1 million.

Le gouverneur de la Banque centrale se dit confiant dans l’avenir de la Mauritius Investment Corporation. «La Mauritius Investment Corporation» devait-il souligner, «a les capacités financières pour atteindre ses objectifs fixés pour soutenir les entreprises systémiques et viables, soutenir le développement économique du pays et créer de la richesse pour les générations futures». Par ailleurs, depuis le 15 courant, les personnes suivantes font partie du conseil d’administration de la Mauritius Investment Corporation: Mark Florman, président, Mardayah Kona Yerukunondu, First Deputy Governor, Hemlata Sadhna Sewraj-Gopal et Jean Michel Louis Rivalland, Ragen Swaminathan, Neemalen Gopal et Swadicq Nuthay.

«Une banque centrale ne doit jamais se comporter comme un acteur des activités économiques et financières, soutient un économiste. Elle doit être au-dessus de la mêlée.» Il cite l’exemple de BlackRock, une société multinationale américaine spécialisée dans le domaine de la gestion d’actifs et qui joue un rôle presque semblable dans l’économie américaine à celui de la Mauritius Investment Corporation. «Une société de cette nature ne doit pas être une subsidiaire d’une banque centrale. Ce n’est pas le rôle d’un organisme régulateur de se comporter comme un acteur de la chose économique.» Une thèse que défendent les dirigeants du Fonds monétaire international.

Difficile d’envisager un changement de posture du gouvernement sur ce plan. «Je dois faire ressortir» devait souligner Renganaden Padayachy, «que la Mauritius Investment Corporation est une compagnie privée régie par la Companies Act. En tant que subsidiaire de la Banque de Maurice, les comptes audités de la Mauritius Investment Corporation seront consolidés dans les comptes audités de la Banque centrale qui sont rendus publics, en toute transparence, dans un délai de quatre mois après la fin de son année financière au 30 juin de chaque année.»

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