Dortoirs: les recommandations de l’OMS pas respectées

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Les cas de Covid-19 dans les dortoirs explosent. Avec les 305 cas découverts dans un dortoir hier, le nombre de cas actifs est passé à 1 106. Ces cas interpellent. Pourquoi cette explosion alors que les travailleurs sont tous vaccinés ? Qu’est-ce qui ne va pas dans le protocole ? Que dit l’Organisation mondiale de la Santé ?

Depuis quelques semaines, le protocole pour la quarantaine a changé. Les personnes complètement vaccinées (14 jours après la deuxième dose) sont mis en auto-isolement lorsqu’ils sont des cas contacts et les tests PCR se font à domicile. La quarantaine dans les hôtels est réservée à ceux qui ne sont pas encore vaccinés. La raison avancée est qu’après la vaccination, les risques de contamination et de transmission sont réduits de 60 % environ alors que les cas d’hospitalisation sont négligeables.

Pour en revenir aux travailleurs étrangers, ils sont tous vaccinés. D’ailleurs, sur les 305 cas récencés hier, seules cinq personnes, soit 1,6 % des infectés, présentent de légers symptômes. Selon le nouveau protocole, le dortoir a été isolé et les travailleurs sont considérés comme en auto-isolement. Les cas sont considérés comme en quarantaine et non dans la communauté.

Mais comme la quarantaine, l’auto-isolement a un but : limiter la propagation. «Dans les dortoirs, il y a une promiscuité qui favorise la transmission», explique le Dr Zouberr Joomaye. C’est là que la situation se complique. En ce qu’il s’agit de l’auto-isolement des individus vaccinés, le ministère s’assure que la personne peut vraiment être coupé du reste de son entourage, c’est-à-dire, prendre ses repas seuls et ne pas partager les pièces communes comme la salle de bains et les toilettes. De plus, selon l’OMS et les autres agences de santé à travers le monde, même après la vaccination, les gestes barrières doivent être maintenues. Cela implique le port du masque, une distance d'un mètre entre les personnes et une bonne ventilation à l’intérieur d'une pièce.

Quant à l’auto-isolement dans les dortoirs, les dernières recommandations de l’OMS datant du 25 juin sont claires. Il faut «des installations adéquates pour la nourriture, l’eau et l’hygiène» ou encore «s’assurer que toutes les personnes placées dans une structure de quarantaine disposent d’une chambre individuelle avec salle de bains. Lorsque les chambres individuelles ne sont pas disponibles, maintenir une séparation d’au moins un mètre entre les lits et appliquer des stratégies de regroupement en cohorte».

Or, il est impossible de respecter ces gestes dans les dortoirs à Maurice, d’où la propagation. Les lits des employés étrangers sont superposés et la distanciation n’est pas respectée. De plus, il est impossible pour eux de porter le masque en continu à l’intérieur. La cuisine, salle de bains et toilettes sont communes et dans plusieurs dortoirs, l’aération pose problème. Alors que des dizaines de personnes sont dans une pièce, il n’y a que très peu d’ouvertures.

D’ailleurs, il est fort probable que les cas continuent à augmenter si la gestion des dortoirs ne change pas, même si les cas seront considérés comme en quarantaine et n’auront pas d’incidence sur la propagation dans la communauté et même s’il n’y aura pas d’hospitalisations.

Y aura-t-il un changement dans la gestion des dortoirs si la situation ne s’améliore pas ? Pour l’instant, il n’y a pas de discussions sur cela.

Ailleurs dans le monde

À Singapour, 72 % de la population ont reçu au moins une dose de vaccin et 45 % sont totalement vaccinées. Les autorités prévoient que la totalité des personnes éligibles à la vaccination soient vaccinés d’ici fin août. Il est prévu que la gestion du Covid-19 change radicalement après cette date. Par exemple, le décompte journalier, la quarantaine pour les voyageurs ou encore, le «contact tracing», n'auront plus lieu. L’infection sera gérée comme la grippe. Seuls ceux qui seront gravement malades seront suivis, et la surveillance – «mass testing» – n’aura lieu qu’en amont des rassemblements importants. En France, où le variant Delta se répand toujours, la quarantaine à domicile de dix jours, qui sera contrôlée par les forces de l’ordre, est obligatoire pour toute personne pas totalement vaccinée. Quant aux cas contacts, depuis le début de la pandémie, ils sont placés en auto-isolement. En Angleterre, les personnes non vaccinées ou venant des pays à risques doivent rester enfermés chez eux ou dans leur hôtel pendant dix jours et seront libres de circuler si les résultats de leur test PCR après cette période sont négatifs.

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