Hippisme: Jean-Michel Giraud réclame le gel du projet de loi

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Le MTC, par la voix de son président Jean-Michel Giraud (au centre), a dénoncé avec effroi la volonté d’étatiser les courses hippiques.

Le MTC, par la voix de son président Jean-Michel Giraud (au centre), a dénoncé avec effroi la volonté d’étatiser les courses hippiques.

Le Mauritius Turf Club sera réduit à «couper le gazon». Son président n’exclut pas l’arrêt définitif de l’activité hippique mauricienne si l’État persiste avec l’amendement à la «Gambling Regulatory Authority Act» dans le cadre du «Finance Bill».

Les administrateurs du Mauritius Turf Club (MTC), avec le président du club comme porte-parole, ont tiré la sonnette d’alarme sur la tentative du gouvernement, à travers le Finance Bill, de mettre «à genoux le MTC». Outre son appel en faveur d’un retour à la table des négociations, et la suspension temporaire de la partie qui amende la Gambling Regulatory Authority (GRA) Act, Jean-Michel Giraud n’a pas exclu l’arrêt immédiat et, subséquemment, définitif de l’activité hippique mauricienne si l’État persiste avec les amendements à GRA Act.

Les administrateurs du MTC ont dénoncé avec effroi l’ébauche du Finance Bill visant à «étatiser» l’industrie hippique mauricienne, lors d’une conférence de presse après la réunion du club, hier. «On s’attendait à ce qu’il ne soit pas tendre envers le MTC mais c’est bien pire que ce qu’on avait imaginé», a déclaré Jean-Michel Giraud. Pour lui, il est clair que l’État «veut enlever les dernières prorogatives du club» et ainsi le réduire à «couper le gazon».

L’homme fort du MTC, mais démissionnaire de la présidence de la Mauritius Turf Club Sports and Leisure (MTCSL), faute de Personal Management Licence (PML), a rappelé qu’à travers ce projet de loi, l’éventuelle Horse Racing Division (HRD) sera seul maître à bord. Ce qui, selon les animateurs du point de presse, ne serait pas gage d’impartialité : «Ce ne sera pas étonnant d’apprendre un jour qu’un entraîneur copain avec un ministre puisse demander la tenue d’une quelconque course de valeur spécifique et sur une distance spécifique pour favoriser ses desseins.» Pour Jean-Michel Giraud, les plus à même de garantir cette confiance auprès du public est la chambre suprême des administrateurs. «Des gens élus par leurs pairs et qui n’ont pas de vested interest.» «L’indépendance c’est nous!», a-t-il insisté.

À cet effet, le MTC ne comprend pas l’intention de l’État de vouloir tout contrôler dans la mesure où le board d’appel de la GRA est d’ores et déjà en «mesure de revoir les décisions du club». «À qui profite cette mainmise annoncée ?»

La comparaison avec ce qui se fait ailleurs a aussi été abordée. En effet, le MTC juge qu’il serait faux de comparer ce qui se fait en Angleterre et à Singapour avec ce qui se trame «dans l’ombre» chez nous: «La British Horseracing Authority gère plus d’une cinquantaine d’hippodromes à travers le Royaume-Uni. La BHA est donc le régulateur. Puis, plusieurs organisateurs de courses hippiques opèrent de façon autonome. Mais encore, il y a la UK Gambling Commission qui gère le betting.» Il a ajouté que dans le contexte mauricien, «le régulateur ne peut être l’organisateur et celui qui gère le betting», et que c’est «l’erreur que fait l’Etat».

Pour le reste, bien que des erreurs aient été commises en 209 années d’histoire, le MTC, dans l’ensemble, es- time Jean-Michel Giraud, «a fait un bon travail, réunis- sant plus de 300 000 personnes chaque week-end». «C’est le sport le plus populaire de l’île», a-t-il asséné.

L’arrêt immédiat de l’activité hippique envisagé

L’organisateur de courses historique se dit très préoccupé par le sort des officiels et employés du club. Dans l’éventualité d’une concrétisation des desseins de mainmise de l’État, plusieurs officiels devront faire de la place à ceux que l’État va choisir. «Ce sera un drame humain», déplore Jean-Michel Giraud.

Quid des 330 employés du club ? Pour eux, même si l’aventure va sans doute continuer malgré le contrôle de État le MTC n’a pas caché son intention de cesser toute activité si le gouverne- ment ne revient pas à la table des négociations. «Si zot le fini nou abé nou fini la mem. Ferm partou !», a lâché Jean-Michel Giraud, non sans évoquer avec regret le sort funeste d’une telle décision pour les employés du club.

Un retour à la table des négociations est réclamé par le club. «Il faut qu’on s’asseye deux minutes pour revoir la situation.» Jean-Michel Giraud a aussi plaidé auprès du ministre des Finances qu’on «mette de côté» la partie du Finance Bill qui vise à changer le destin du MTC, le temps «d’y voir plus clair».

Et, dans l’éventualité où l’État se montre in- flexible, le MTC dit vouloir se battre : «Nu pu manz ar zot !» Si pour l’heure, aucun recours légal n’est envisageable, compte tenu du fait que la loi n’a pas encore été votée, le club étudie, de concert avec ses hommes de loi, toutes les avenues légales pouvant renverser la tentative délibérée du gouvernement actuelle de faire «main basse sur l’héritage des Mauriciens», pour reprendre la déclaration d’un officiel du club en aparté.

Un 2e organisateur de courses est-il viable ?

La partie du «Finance Bill» concernant l’amendement à la «GRA Act» prend le soin de ne pas nommer le Mauritius Turf Club, ou encore sa subsidiaire, la Mauritius Turf Club Sports and Leisure Ltd (MTCSL). L’appellation «horseracing organiser» est utilisée à maintes reprises, laissant la voie à la création d’un deuxième organisateur de courses, outre le MTC. Jean-Michel Giraud s’est exprimé à ce sujet, déclarant qu’un deuxième organisateur ne serait pas viable sur une île peuplée de seulement 1,2 million d’habitants, et que c’est le MTC qui est reconnu par la Fédération internationale des autorités hippiques de courses au galop (FIAH).

Le MTC : son nouveau rôle dans le monde hippique

Organisateur et régulateur des courses depuis 1812, le Mauritius Turf Club (MTC) voit ses attributions chamboulées avec l’introduction du Finance Bill. Désormais, le MTC devra surveiller, deux jours avant une journée hippique, les faits et gestes des chevaux engagés dans la journée. L’utilisation de caméras et d’agents de sécurité sera primordiale. Il devra deux jours avant une course, informer la Horse Racing Division, de l’absence d’un coursier; s’assurer de l’entretien des équipements qui seront utilisés le jour des courses – les stalles, la caméra photo-finish, le système de sonorisation et les machines à paris, entre autres. En conférence de presse, hier, le président du MTC, Jean-Michel Giraud, a déclaré, face à ces nouvelles mesures: «Ki pou res nou, koup gazon ek remet koup…»

Création d’une «Horse Racing Division» : les attributions

Avec l’introduction du Finance Bill au Parlement, plusieurs clauses seront amendées surtout par rapport au giron hippique. Parmi ces nouvelles mesures, il faudra retenir:

La création d’une Horse Racing Division. Cette instance devra réglementer, contrôler et surveiller l’organisation des activités hippiques; veiller à ce que les courses soient équitables et exemptes de corruption ou de malversations; et rassurer le public sur l’intégrité de ce secteur tout en garantissant que les normes de conduite et de compétence sont appropriées et respectées.

La création d’un Horse Racing Committee, avec un président, un vice-président, un vétérinaire, un operation officer, un comptable, un juriste et un responsable de communication, entre autres.

Une requête pour une expertise étrangère sera également à l’agenda pour la bonne marche de la division.

Ceux exerçant au sein du Mauritius Turf Club et qui voudraient appartenir à la Horse Racing Division devront faire acte de candidature quand elle débutera ses opérations.

Un membre ayant un intérêt direct ou indirect depuis le 1er juillet 2019 ne pourra pas faire partie de cette instance.

Le comité sera responsable de la planification des courses, notamment la préparation et la publication du calendrier ainsi que le programme et les fixtures.

Ce comité mettra sur pied le panel des commissaires de courses.

Les licences des entraîneurs, des jockeys et même des propriétaires de chevaux seront gérées par la nouvelle instance.

Le comité sera en contact avec la Police des jeux pour éviter toute connexion illégale dans le milieu hippique.

Le comité informera le ministre de toute question relative à l’organisation des courses.

La Horse Racing Division sera dotée d’un compte bancaire sur lequel les propriétaires déposeront leur argent, effectueront les paiements pour l’acquisition de chevaux et le paiement des jockeys.

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