Enquête judiciaire: les pompiers reviennent sur l’incendie de Shoprite

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Les travaux de l’enquête judiciaire pour faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune Dineshwar Domah dans l’incendie de l’entrepôt de l’hypermarché Shoprite, le 12 novembre 2017,  se sont poursuivis mardi et mercredi 22 et 23 juin au tribunal de Rose-Hill. Interrogé par Me Azam Neerooa du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) et contre-interrogé par Me Sanjay Bhuckory, Senior Counsel, qui représente Highway Properties Limited (HPL), gérant du Trianon Shopping Park, le chef adjoint des pompiers Kothandaraman explique que c’est lui qui avait remis le certificat d’incendie à Shoprite mais il concède qu’aucune séance de formation n’a été organisée pour les pompiers.

Toutefois, il dit ne pas être en mesure de confirmer si les 11 caméras thermiques disponibles ont été utilisées lors de l’incendie. «Cela aurait été plus facile de localiser la personne s’il y avait eu la caméra thermique. Si la température du bâtiment est supérieure à celle du corps, vous pouvez détecter la personne, sinon c’est difficile. Les agents n’ont aucune formation réelle pour rechercher une personne dans un incendie. C’est rare de faire de la simulation de la vie réelle. Le manuel est plus utilisé», précise le témoin. Le témoin a ajouté que lors d’un incendie, une personne peut respirer pendant 240 secondes. «La personne perdra connaissance ensuite et peut mourir même si elle n’est pas encore brûlée.»

Un autre témoin à défiler à la barre est le pompier Kentoo, le premier officier à être arrivé sur les lieux avec quatre autres officiers. «Nous sommes arrivés sur le lieu à 18 h 04 et on pouvait voir une fumée noire qui provenait de l’arrière du bâtiment. Ce qui signifie qu’il y avait du plastique impliqué dans le feu», précise celui qui était le commandant de l’incident et qui dit avoir fait un briefing lors de leur déplacement vers Shoprite. Il a également confirmé qu’ils n’étaient pas équipés de caméras thermiques. «On a demandé à l’agent de sécurité s’il y avait une personne portée manquante et il nous a dit qu’il n’était pas sûr si c’était Monsieur Domah. L’équipe a parcouru environ 40 mètres à l'intérieur. Il n’y avait aucun agent de fumée désigné et aucune décision concernant l'évacuation des fumées», avance-t-il, soutenant n’avoir jamais inspecté Shoprite dans le passé.

Toujours selon ses dires, c’est à 18 heures que l’équipe a réussi à localiser le «seat of fire». «Il y avait plus d’un seat of fire: dans la chambre froide et dans l’entrepôt. On a maîtrisé l’incendie dans la chambre froide, puis nous nous sommes rendus dans l’entrepôt. Une deuxième équipe de deux agents est allée faire une recherche rapide dans la zone des poubelles et aucun officier supérieur n’était à l’intérieur quand l’incendie faisait rage. Il y avait huit appareils respiratoires avec deux cylindres de rechange.» À 18 h 55, un autre officier supérieur est arrivé, en l’occurrence Dorsamy Ayacooty, qui est alors devenu le commandant de l’incident. 

L’assistant chief fire officer Ayacooty a, lors de sa déposition, confirmé sa présence à 18 h 55. «J’ai réévalué la situation et j’ai constaté qu’il y avait un incendie à un stade avancé dans l’entrepôt. Je n’ai obtenu le plan du supermarché que plus tard, après avoir demandé à un responsable. C’était vers une ou deux heures du matin.»  

Revenant sur les caméras thermiques, Dorsamy Ayacooty concède que les pompiers n’ont aucune formation quant au mode d’utilisation de ces appareils. Pressé de questions par Me Azam Neerooa, le témoin insiste avoir donné des instructions pour que les pompiers présents utilisent trois caméras thermiques, qui sont disponible à Maurice. Mais l’avocat du DPP  a pour sa part, tenu à produire un log book démontrant que les instructions n’ont jamais été données mais qui selon lui, a été modifié. Rapport dans lequel une note aurait été ajoutée, à la fin portant sur les instructions lancées.

«On a utilisé les grands moyens pour chercher la personne. Le feu s’était propagé et les pompiers ont même appelé en criant mais en vain,» dit Ayacooty, qui était le ‘Incident Commander’.

Un représentant du Forensic Scientific Laboratory (FSL) a évoqué la cause de l’incendie qui est dû à un smoldering fire - une cigarette ou une allumette qui n’a pas été éteinte pourraient en être l’origine de l’incendie. La séance se poursuit ce jeudi.

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