Les Fashion Weeks cherchent leur expression post-Covid

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Défilé Dior homme à Paris, le 17 janvier 2020 afp.com - FRANCOIS GUILLOT

  Défilé Dior homme à Paris, le 17 janvier 2020 afp.com - FRANCOIS GUILLOT  

Après Milan, Paris reprend le flambeau avec une poignée de défilés pour le prêt-à porter masculin à partir de mardi, qui sera suivi de la haute couture en juillet: entre les grands absents et les nouveaux formats, la mode cherche son expression post-Covid. 

Dior, Hermès et quatre autres marques convient le public pour des défilés de la Fashion Week homme à Paris, sur 72 maisons inscrites dans le calendrier officiel.

A Milan, trois défilés physiques des poids lourds (Dolce & Gabbana, Etro, Armani) ont célébré le début du retour à la normale. New York ne reprendra qu'en septembre, tandis que la Fashion Week de Londres, désormais «gender-neutral» (non genrée) s'est déroulée sous format numérique. 

A Paris, Louis Vuitton reste dans le virtuel tout comme Dries Van Noten, Yohji Yamamoto, Issey Miyake, Loewe ou Tom Browne.

«Il y a un appétit très fort pour revenir au physique», déclare à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode française.  

Mais après la pandémie du Covid-19 qui a accéléré la révolution numérique «on va rentrer dans un univers phygital, ce ne sera pas l'un ou l'autre, ce sera les deux et c'est un facteur d'innovation».

«Absences temporaires»

Après avoir présenté sa collection homme le 8 avril à Shanghaï devant «un public vivant», le directeur artistique de Berluti, Kris Van Assche a quitté la maison. Son départ a coïncidé avec les annonces du PDG de Berluti, Antoine Arnault, que la maison aura désormais son propre calendrier. 

Autre grand absent: Hedi Slimane, directeur artistique de Celine qui, déjà avant la pandémie, jugeait la Fashion Week «caduque». 

«Le caractère événementiel et la rareté me semblent plus essentiels aujourd’hui que l’exercice de style obligatoire à heure fixe», disait-il dans une interview au journal Le Monde en janvier 2020. 

Ses deux dernières collections homme et femme ont été présentées en février et avril dans des films poétiques tournés dans des châteaux.

Interrogé sur ces absences, Pascal Morand dédramatise en rappelant qu'il y avait toujours eu «des écarts» et veut croire que l'institution n'est «pas menacée». 

«C'est la vie, il peut y avoir des absences temporaires», souligne-t-il tout en se félicitant du retour dans le calendrier homme de Courrèges et de Balenciaga dans la haute couture et du fait que les «jeunes marque du monde entier veulent venir».

Instagram plutôt que calendrier

Le créateur brésilien Francisco Terra, de la jeune marque Neith Nyer, a de son côté préféré se retirer du calendrier parisien. 

«Frustré» après les présentations virtuelles, il organise jeudi un défilé à Paris, suivi d'un événement sur quatre jours dont un pop up store «pour tester la réaction des clients directement après le défilé».

«Je ne pense pas qu'on a vraiment besoin du calendrier. L'image d'une jeune marque se fait sur Instagram, avec les célébrités et surtout en dehors des saisons», dit-il à l'AFP.

Alors que la mode est sortie du cadre pendant la crise sanitaire, le président des activités mode de Chanel, Bruno Pavlovsky, a appelé en mai à «retrouver un peu de discipline» et réintégrer le calendrier officiel. 

Chanel défilera en juillet pendant la haute couture, événement exclusivement parisien, ainsi que Dior, qui vient de renouer avec le «physique» jeudi à Athènes pour une collection croisière.

«Vous n'avez pas l'ambiance»

«L'idée de pouvoir revenir au défilé physique nous rend optimiste», déclare Maria Grazia Chiuri, styliste de Dior femme pour qui maintenir le rythme des collections relève de la responsabilité face à ses fournisseurs et entreprises touchés par la crise.   

Les maisons de couture plus petites, qui habillent principalement les princesses du Moyen-Orient, estiment qu'il est trop tôt pour revenir aux défilés, et préparent des films.

«On ne va pas faire un défilé en sachant que les relais d'opinion ne peuvent pas se déplacer de Chine, d'Arabie Saoudite, du Qatar ou des Etats-Unis. Cela demande des sommes indues pour avoir un podium et du public derrière les masques», explique à l'AFP Julien Fournié. 

En ce moment, «vous n'avez pas l'ambiance», soutient Stéphane Rolland. «Les défilés ne me manquent pas parce que je sais que je vais les retrouver», conclut-il. 

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