Variant indien: l’efficacité des vaccins prouvée

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Depuis le début de la campagne de vaccination, les taux de protection des différents vaccins se bousculent dans les papiers médicaux et dans la presse. Cependant, comme les études cliniques des différents vaccins étaient faites dans différentes circonstances, il n’était pas possible de comparer l’efficacité des vaccins. Ce n’est que récemment que les études comparatives sur les différentes marques de vaccins ont débuté, et les nouvelles sont plutôt bonnes en ce qui concerne le variant indien.

À Maurice, la population a été vaccinée au Covaxin, Covishield et Sinopharm. Dans une étude publiée le 4 juin mais qui attend toujours un examen des pairs, les données sur l’effet du Covaxin et Covishield sont comparées. L’étude a été menée en Inde entre le 16 janvier et le 15 mai. À cette période, le variant Delta circulait déjà. 515 travailleurs du secteur de la santé y ont participé. 425 avaient reçu du Covishield et 90 du Covaxin.

Après l’administration des deux doses, 95 % du groupe affichaient des taux d’anticorps très satisfaisants. Entre 21 et 36 jours après la deuxième dose, le Covishield a affiché une meilleure protection, à savoir 98 %. Mais le Covaxin n’est pas loin, le taux de protection affiché était de 80 %. La différence dans le niveau de protection réside dans la quantité d’anticorps produits. Ceux vaccinés au Covishield avaient 127 unités d’anticorps par millilitre de sang alors que le groupe Covaxin affichait 53 unités. Les personnes de plus de 60 ans ou qui souffraient de diabètes figuraient parmi ceux dont le corps réagissait moins bien aux vaccins. Pendant l’étude, 5,5 % de ceux vaccinés au Covishield et 2,2 % du groupe Covaxin ont été infectés après la vaccination. Aucun des participants infectés n’a eu de symptômes graves ou n’a été hospitalisé.

Quant à Sinopharm, les données de l’Institute for Health and Metrics des États-Unis ont démontré son efficacité contre le variant indien à 47 %.

L’étude, intitulée «Antibody Response after Second-dose of ChAdOx1-nCOV (Covishield™®) and BBV-152 (Covaxin™®) among Health Care Workers in India: Final Results of Cross-sectional Coronavirus Vaccine-induced Antibody», a été rendue public le 4 juin dernier et a été réalisé par Awadhesh Kumar Singh, endocrinologue et Kingshuk Bhattacharjee, biostatisticien entre autres.

Pagaille autour de l’annonce du variant Delta à Maurice

Confusion. Désordre. Embrouillamini depuis vendredi. Alors que l’Africa Centre for Diseases Control (CDC) listait Maurice comme étant parmi les pays où le variant Delta (NdlR, le variant indien) est présent, dans son rapport daté du mardi 15 juin, le rapport hebdomadaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), datée du même jour, disait le contraire. Trois jours après, soit le 18 juin, les autorités locales n’en savaient pas plus... Ce n’est qu’hier que la nouvelle a été confirmée par le Dr Laurent Musango, représentant de l’OMS à Maurice : le variant indien est bel présent à Maurice…

D’où vient le cafouillage ? Selon le Dr Laurent Musango, le variant Delta a été décelé dans le batch de résultats obtenus vendredi après-midi, soit le 18 juin, trois jours après le rapport de l’Africa CDC. Dans la pratique, c’est Maurice qui doit réceptionner les résultats et les communiquer aux autres instances. Sauf que dans ce cas, l’Africa CDC a eu les résultats au préalable.

Toujours est-il qu’il s’agit de deux cas en quarantaine. Est-ce les travailleurs indiens qui étaient venus et avaient par la suite été testés positifs ? On ne sait pas pour l’heure, car les échantillons ne sont pas envoyés avec des noms mais des codes. Il faudra maintenant déterminer à quels patients appartiennent les échantillons Delta. «Les cas du variant Delta, tout comme l’Alpha (Royaume-Uni) et Beta (Afrique-du-Sud) détectés à Maurice proviennent des échantillons de personnes en quarantaine. Donc, il n’y a pas de propagation dans la communauté», rassure-t-il. Pour rappel, dans les résultats déjà obtenus, deux cas du variant Alpha et neuf cas du variant Beta avaient été détectés.

La question qui se pose dès lors : comment l’Africa CDC a pu avoir l’information avant les autorités ? Pour l’heure, ni le Dr Laurent Musango, ni la Dr Catherine Gaud, conseillère au bureau du Premier ministre et immunologue, n’a la réponse à cette question. «Nous allons poser la question au CDC pour en savoir plus», rajoute la Dr Gaud. Quant à la peur créée depuis que le rapport de l’Africa CDC circule, le Dr Laurent Musango, explique que le centre ne peut pas savoir si les résultats appartiennent à des cas locaux ou en quarantaine.

Pour rappel, avant que Maurice n’ait ses propres séquenceurs, les échantillons étaient envoyés en Afrique du Sud, en Angleterre et à La Réunion pour le séquençage. En Afrique du Sud, c’est le laboratoire national, qui fait partie des WHO Collaborating Centres, qui effectue le séquençage pour les pays de la région. «Après, les résultats sont envoyés au National Institute For Communicable Diseases Of South Africa (NICD). C’est cette instance transmet les résultats au laboratoire de Candos à Maurice», avance-t-il.

Par ailleurs, nos interlocuteurs affirment que d’autres résultats de séquençage, datant du 1er mai, sont attendus dans les semaines à venir.

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