Décès des dialysés positifs au Covid-19: le Fact-Finding Committee n’a toujours pas contacté les familles endeuillées

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Cela fait deux mois que les familles pleurent leur défunt et n’ont eu aucun contact avec les membres du Fact-Finding Committee. © Sumeet Mudhoo

Cela fait deux mois que les familles pleurent leur défunt et n’ont eu aucun contact avec les membres du Fact-Finding Committee. © Sumeet Mudhoo

Le décès d’une patiente dialysée relance le débat autour de la mise sur pied et du fonctionnement du Fact-Finding Committee (FFC) institué le 23 avril. À ce jour, les proches des 11 patients dialysés de l’hôpital de Souillac, qui sont décédés, attendent toujours que la lumière soit faite dans cette affaire. Devant cette inaction, certains envisagent de saisir la justice.

Cela fait bientôt deux mois que le Conseil des ministres a avalisé la décision de mettre sur pied un Fact-Finding Committee (FFC). Et les familles des dialysés décédés attendent toujours d’être contactées par ce comité. «Pour l’heure, nous n’avons toujours pas été approchés», confie Vimi Beesoo, dont l’époux est décédé le 7 avril.

Même réaction du côté de la famille Jeebun. Pour leur gendre Kevin Hanzary, porte-parole de la famille, l’impression est que la mise sur pied de ce comité n’était que du «eye-wash». «On dirait que le gouvernement a eu peur que les familles et leurs proches élèvent la voix.» Il refuse de baisser les bras. «Nous sommes encore en consultation avec nos hommes de loi pour savoir quelle marche nous suivrons.»

Pour lui, le but n’est pas d’obtenir une compensation financière. «L’argent ne rendra pas la vie à notre cher disparu.» Kevin Hanzary et les membres de la famille Jeebun veulent surtout des réponses. «Pourquoi les recommandations des médecins n’ont pas été considérées ? Le 7 avril, les médecins ont demandé que mon beau-père soit placé sous respirateur. Mais cela n’a pas été fait. Il a dû nous contacter et j’ai été contraint d’appeler le responsable de l’hôpital pour que le 8 avril, mon beau-père soit transféré à l’hôpital ENT et qu’on lui fasse un scan.»

Kevin Hanzary et ses hommes de loi vont tout faire pour que justice soit rendue à Neman Jeebun, décédé le 11 avril. Mais ce qui chagrine le plus et révolte aussi les membres de la famille du disparu c’est qu’à ce jour, ils n’ont toujours pas récupéré les effets personnels de Neman Jeebun. «Nous avons, à maintes reprises, essayé de contacter les responsables de l’hôpital de Souillac pour récupérer ses effets personnels comme son portable, sa montre et son portefeuille. Mais notre demande n’a jamais été entretenue.»

Kevin Hanzary se demande quand le FFC se penchera réellement sur le décès des patients dialysés positifs au Covid-19 ? 

Un sentiment partagé par Bose Soonarane, secrétaire de la Renal Disease Patients Association. «Il y a un Fact-Finding Committe, qui a été mis sur pied. Il a été instauré pour que nous apprenions de nos erreurs et s’il y a eu des manquements, on aurait dû trouver le moyen pour qu’ils soient corrigés. Or, ce comité ne semble pas avoir démarré son travail. Est-ce que c’est toujours après la mort, la tisane ? On aurait pu prendre des mesures correctives si on avait situé les responsabilités et les lacunes. Mais valeur du jour, si on a fait des erreurs, celles-ci se perpétuent.»

Par ailleurs, Bose Soonarane soutient que des tests réguliers sont effectués sur les patients dialysés à l’hôpital de Flacq à la suite d’un cas de Covid-19 enregistré chez un patient dialysé. Nos sollicitations pour savoir où en est le FFC sont restées vaines. 

Rajesh Mungrah: «ma femme était une battante, très respectée dans le quartier»

C’est sur la pointe des pieds que Sandhya Mungrah, 44 ans, souffrant d’insuffisance rénale au point d’être sous dialyse, a quitté ce monde, hier. Cette habitante d’Argy à Flacq avait contracté le Covid-19. Pour tous ceux qui l’ont côtoyée, elle restera une battante. Son époux, Rajesh Mungrah, ne pensait pas que leur histoire allait prendre fin aussi brutalement. «Elle était une femme courageuse et présidait l’association féminine de l’endroit car elle ne voulait pas que les femmes ne s’occupent que de leur maison. Elle voulait qu’elles aient une activité génératrice de revenus.» Selon lui, sa femme se portait bien jusqu’à ce qu’une infection vienne aggraver son état. «Elle a été admise à l’hôpital Bruno Cheong. Elle allait mieux jusqu’à ce que l’on découvre qu’elle avait contracté le Covid-19.» C’est après avoir été testée positive qu’elle a été transférée à l’hôpital ENT à Vacoas, le dimanche 7 juin. «Elle était toujours joviale. Pour elle, la famille passait avant tout.» Et ce sont ces souvenirs qu’il conservera d’elle. Dans le dernier communiqué émis par le ministère de la Santé, le décès de Sandhya Mungra n’est pas attribué au Covid-19.

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