Vaccination anti-Covid: un homme de 65 ans décède en faisant la queue

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Il y avait foule au gymnase James Burty David, à Curepipe, lundi 7 juin. Une personne âgée qui patientait pour se faire vacciner y est d’ailleurs morte.

Il y avait foule au gymnase James Burty David, à Curepipe, lundi 7 juin. Une personne âgée qui patientait pour se faire vacciner y est d’ailleurs morte.

Il était parti pour se faire vacciner contre le Covid-19 mais il a été pris de malaise avant d’avoir pu le faire. Cet habitant de Curepipe, âgé de 65 ans, est décédé lundi 7 juin au matin, au gymnase James Burty David, à Curepipe.

«Il attendait son tour et était assis lorsqu’il a fait un malaise», nous indique une source. Selon une autre source, le sexagénaire avait des problèmes cardiaques et était diabétique.

Il faut dire qu’il y avait foule dans ce centre et dans d’autres, hier. Tout comme ce matin, à l’hôpital Jeetoo. Ils ont été nombreux à avoir quitté les centres de vaccination, bredouilles, lundi.

Alors que plusieurs personnes âgées n’ont pas compris qu’elles devaient prendre rendez-vous avant de se déplacer pour se faire vacciner, des employés des secteurs public et privé n’ont pu se le faire administrer, également pour cause d’épuisement de stock.

File d’attente interminable

La file d’attente était interminable devant le gymnase James Burty David à Curepipe hier matin. Les tranches horaires matinales étaient dédiées aux personnes âgées et ces dernières ont dû prendre leur mal en patience.

D’ailleurs, dans l’après-midi, ceux qui n’avaient pas compris le principe de la prise de rendez-vous préalable avant de se déplacer, ont débarqué au centre de vaccination et ont eu la surprise de se voir gentiment refuser l’accès par les policiers présents. «Comment faire pour s’enregistrer ?» a demandé un retraité à un policier. «Donc, vous me dites qu’il fallait venir le matin ?» redemande-t-il, incrédule.

Entre-temps, Jamy pénètre dans la cour du gymnase. Lui non plus n’a pas pris de rendez-vous. «J’ai soumis mon nom il y a quelques semaines mais je n’ai pu m’y rendre. Je suis venu aujourd’hui en espérant pouvoir faire ce vaccin.» Un policier lui a fait comprendre qu’il y avait déjà beaucoup de monde qui patientait et que chacun attendait son tour. «Ce n’est pas grave, j’attendrai», a-t-il précisé au policier.

L’entrée du centre de vaccination était bondée car c’était au tour des employés des secteurs privé et public de se faire vacciner. On entendait d’ailleurs le personnel du ministère de la Santé appeler les employés d’après la compagnie qui les emploie.

Plus de vaccins non plus à Côte-d’Or

À l’entrée du Côte-d’Or National Sport Complex, également converti en centre de vaccination, un employé nous a informés qu’il n’y avait plus de vaccins. Or, il n’était que 14 h 35 et une journée de vaccination dure généralement jusqu’à 16 heures.

D’ailleurs, certaines personnes débarquaient pour se faire vacciner. «Quel manque d’organisation !» a commenté un homme. «C’est le département des ressources humaines de la compagnie où je travaille qui a pris rendez-vous pour moi. Que vais-je dire à mon patron ?»

Même son de cloche au centre Swami Vivekananda à Pailles.

Ceux se rendant au SVICC avaient du mal à garder la distanciation sociale lundi 7 juin.

Vers 15 heures, une centaine d’employés de diverses compagnies venus pour se faire vacciner, ont dû rebrousser chemin. Raj Toory y était avec ses collègues. «On nous a demandé de revenir mercredi matin», a-t-il dit.

Deux enseignantes du privé avaient l’air très contrariées. Elles venaient d’informer leur hiérarchie qu’elles n’avaient pu recevoir le vaccin. «Devrons nous encore faire queue la prochaine fois que nous reviendrons ?», ont-elles demandé.

Devant la porte donnant accès à l’intérieur du centre, d’autres personnes demandaient des explications aux fonctionnaires. «Notre compagnie nous a demandé de venir faire le vaccin. S’il n’y en a plus, le ministère de la Santé doit l’en informer et nous donner un autre rendez-vous», estiment-elles.

Obligation mais pas d’organisation

Depuis l’annonce des autorités que le vaccin sera obligatoire pour le personnel soignant et éducatif, à partir du 21 juin, le public semble en effet avoir accéléré son intérêt pour se faire vacciner.

Mais le manque d’organisation est décrié notamment sur les réseaux sociaux. Plusieurs questions ont surgi suivant ces situations. Manque de vaccins ? Mauvaise organisation ?

Le ministère de la Santé s’explique. «La vaccination matinale est réservée aux personnes âgées. L’on travaille de concert avec la Sécurité sociale. Mais n’importe quelle personne de plus de 60 ans peut venir aux différents centres à n’importe quelle heure. Il ne faut pas oublier que ce calendrier s’étend sur plusieurs jours et semaines», soutient un responsable au sein du ministère.

Toutefois, force est de constater que les personnes viennent en grand nombre et toutes le même jour. «Il y a des gens qui viennent même depuis 6 heures du matin, et à 8 heures, c’est déjà la grosse foule. Au niveau du ministère, nous essayons de vacciner le maximum de ces personnes âgées. Alors que l’on devrait faire au moins 300 vaccins le matin, on monte jusqu’à 600 facilement. Mais si à 10 heures, l’on constate que les files sont encore longues et que l’on doit à partir de midi prendre les personnes enregistrées auprès de Economic Development Board (EDB), on n’a pas d’autre choix que de leur dire de repasser.»

Revoir le calendrier

Toujours selon notre source, dans l’après-midi, rebelote. «Il y a certaines personnes qui ne se sont pas enregistrées auprès de l’EDB et sont venues pour se faire vacciner. Comme certaines ont attendu plus de trois heures dans les files, nous n’avons pas d’autre choix que de les vacciner.»

Notre interlocuteur soutient qu’il y a suffisamment de doses par jour au niveau des centres de vaccination. En tout cas, au niveau du ministère de la Santé, l’on songe d’emblée à revoir le calendrier afin d’éviter les foules quotidiennes : «Même à l’époque où l’on demandait de venir en ordre alphabétique, des personnes n’écoutaient pas.»

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