Conseil de l’Ouest: un projet immobilier à Flic-en-Flac au cœur d’une controverse

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Après celui à La Tourelle, c’est un projet à Flic-en-Flac qui est contesté.

Après celui à La Tourelle, c’est un projet à Flic-en-Flac qui est contesté.

Encore un projet immobilier qui risque de faire du bruit. Le conseil de district de Rivière-Noire a accordé à un promoteur immobilier un permis pour construire un bâtiment de quatre étages dans une zone de Flic-en-Flac où seuls des bâtiments ne dépassant pas deux étages sans compter un penthouse sont autorisés. Le pot aux roses a été découvert par le conseiller de Gros-Cailloux Khemraz Ortoo, également membre du bureau politique du MMM. Il ficelle un dossier qui sera déposé à la commission anticorruption (ICAC) dans la semaine. 

Ce projet a été discuté en long et en large à la réunion du conseil du district de Rivière-Noire la semaine dernière. Un fonctionnaire a alors expliqué au conseiller de Gros-Cailloux que le Permit and Business Monitoring Committee a donné son feu vert pour ce projet immobilier de quatre étages. Khemraz Ortoo s’étonne qu’il ait pu avoir un permis pour un tel bâtiment dans cette région de Flic-en-Flac. 

«J’ai interrogé un fonctionnaire sur ce projet. Il m’a fait comprendre que cette région de Flic-en-Flac est interdite aux bâtiments de plus de deux étages. Le plus grave, c’est qu’il a aussi déclaré que le Conseil de district a poursuivi plusieurs promoteurs n’ayant pas respecté cette règle dans le passé. Dans quelques cas, le Conseil de district a eu raison en cour alors que d’autres affaires sont toujours devant la justice. Comment se fait-il que malgré cette condamnation de la cour, un permis ait été accordé à ce promoteur ?» 

Ce projet ne date pas d’hier. À plusieurs reprises, il a été rejeté par le Permit and Business Monitoring Committee. «J’étais moi-même membre de ce comité l’année dernière. Je m’étais opposé à ce qu’on lui accorde son permis malgré la pression de certaines personnes car il ne respectait pas les critères établis par le Conseil de district. D’après mes renseignements, le planning officer chargé de superviser cette demande était aussi contre ce projet, mais ses recommandations ont été mises de côté. Après mon départ du comité, le promoteur a eu le feu vert du Conseil de district au début de cette année», relate-t-il. Le conseiller de Gros-Cailloux allègue que plusieurs politiciens proches du gouvernement ont également pesé de leur poids dans la balance pour que le promoteur obtienne son permis. 

Nous avons sollicité le président du Conseil de district de Rivière-Noire, Ludovic Labeauté, qui confirme que la demande du promoteur date de 2018. Il maintient également que sa demande a été rejetée à plusieurs reprises. Par la suite, ajoute-t-il, l’homme d’affaires derrière ce projet a sollicité l’Environment and Land Use Appeal Tribunal. «Notre conseiller juridique nous a proposé de lui accorder son permis, à la suite d’un accord entre les deux parties. C’est ce qui a été fait.» Qu’en est-il donc de ceux qui ont été poursuivis par le Conseil de district ? 

À cette question, Ludovic Labeauté affirme qu’accorder un permis au promoteur de Flic-en-Flac a été un dossier complexe. «Nous avons eu beaucoup de difficultés avec ce projet. Je ne dis pas que le Conseil de district a commis des fautes. Il y a eu des lacunes quelque part, mais je ne vais pas en dire plus car s’il y a une enquête, je préfère que les autorités tirent leurs propres conclusions», concède-t-il. 

Pour Khemraz Ortoo, l’ICAC ne doit pas s’intéresser uniquement à ce projet. Plusieurs projets immobiliers dans l’Ouest, dit-il, ont eu leur permis de développement de façon douteuse.

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