Mauriciens expatriés: Comment associer la diaspora au développement ?

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Questionnements sur la diaspora mauricienne, comment associer la diaspora au développement - quelques questions de politique portant sur des paramètres socio-économiques…

Parlant de la diaspora par rapport à Maurice où l’État postcolonial et le fonctionnement de ses institutions sont remises en question ou sont en totale décadence, nous amène aussi à réfléchir sur la nécessité de créer des conditions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles nécessaires pour mettre en valeur les potentiels de sa diaspora - travailleurs, entrepreneurs, commerçants, artistes diasporiques, scientifiques, intellectuels.

Dans le contexte de la mondialisation où les migrations transnationales et internationales sont considérées comme une mobilité géopolitique et géoéconomique, l’apport des Mauriciens de la diaspora peut prendre une importance singulière pour Maurice en matière de son développement.

Il est grand temps de dépolitiser le débat sur la diaspora pour privilégier un débat favorisant une approche scientifique et méthodologique, en abordant les grandes questions définitionnelles, des statistiques, des politiques migratoires  et de leur mise en œuvre. Un tel débat doit être organisé d’ans un premier temps autour des spécialistes sur des questions migratoires et diasporiques qui vont avoir la tâche de définir les enjeux et les trajectoires de la trame de la problématique.

Les quelques éléments qui suivent proposent une réflexion sommaire sur ce que pourrait être la nature de la formulation d’une politique, dans les rapports entre la diaspora et le pays d’origine.

On ne trouvera pas ici une analyse de  la question du vote à distance avec la participation de la diaspora, qui constitue une problématique en soi-même, pourtant  au centre des débats au pays aujourd’hui.

Ce synopsis, rapide, ne fait que synthétiser quelques idées phares qui s’articulent autour de la problématique de la diaspora dans son ensemble. Le concept de la diaspora étant  multifacette, le présent instantané ne peut en aucune façon constituer une démarche exhaustive et définitive quelconque. Son objectif principal est de poser quelques jalons et d’identifier le fil conducteur en vue d’inciter à la réflexion et à la discussion.  

  1. Contexte

À partir de son indépendance vers la fin des années 60, Maurice fait une entrée timide dans  la sphère du développement et va connaître à des degrés divers et de vagues successives de l’émigration de ses ressortissants principalement vers la Grande Bretagne, l’Europe et l’Australie.

Bien que la variable migration dans le processus de développement soit paradoxale – pouvant être cernée sous une optique de gain ou de perte pour la construction des pays d’origine -  il devint de plus en plus évident dans les années 70 et 80 que les émigrants pouvaient aussi représenter potentiellement des diasporas susceptibles d’être mobilisées au profit de leur pays d’origine. Ainsi la tendance était de plus en plus à analyser les migrations sous son aspect lucratif, et des études se multiplièrent et se succèdent sur l’implication des diasporas sur la base des partenariats  (formels ou informels) dans les projets de développement local dans leurs régions, villes et villages d’origine. Dans le contexte de la mondialisation, ces partenariats  sont devenus un trait d’union  dans les rapports Nord-Sud, en matière de solidarité internationale et de développement.

  1. Prémices

Comprendre la diaspora présuppose des analyses minutieuses sur plusieurs fronts qui déboucheront sur une stratégie commune. Il s’agit en premier lieu de connaître la diaspora que le gouvernement ou autres institutions entendent associer au développement. Cet exercice fait appel à un recueil des données fiables et complètes sur des migrants ou des membres de la diaspora. Dans un premier temps Il faudrait  localiser la diaspora, répertorier ses compétences et expériences. Dans ce même processus il faudrait être à l’écoute des membres de la diaspora pour comprendre ce qu’ils ont à offrir et sont disposés à offrir de même que leur attente en retour du gouvernement. En prenant  acte de la diversité des priorités, des intérêts et des stratégies au sein de la diaspora, ce travail de réflexion doit être en mesure de proposer une  feuille de route qui exposerait plusieurs paramètres de telles stratégies qui se mettraient en place.

Un travail de recherche est exigé préalablement  qui déboucherait sur la conception d’une feuille de route utile et durable. Toute une somme d’éléments mérite d’être examinée dans le cadre de cette recherche. Citons en quelques-uns:  Méthodologie de recherche ; détermination des buts et des capacités ; définition de la diaspora ; mobilisation de la diaspora en faveur du développement ; renforcement  des capacités pour une mise en œuvre efficace ; identification des défis inhérents au renforcement des capacités et des  pistes à explorer pour renforcer les capacités, suivre les progrès et mesurer l’impact ; identification des lacunes en matière de suivi et d’évaluation ; mise en place des institutions chargées de la  diaspora,  et la mise en lumière des défis et des enseignements. Cette liste est loin d’être exhaustive. Plusieurs manuels développés par les organisations spécialisées des Nations Unies, en l’occurrence l’Organisation mondiale des migrations, le Bureau international du travail, sur la méthodologie de recherche, la collecte des données statistiques et la conceptualisation d’une feuille de route -  fruit de recherches approfondies et de longues missions réalisées dans les pays d’origine et les pays d’accueil,  sont aujourd’hui disponibles au public. Maurice étant membre de ces organisations internationales spécialisées, pourrait faire appel à leur compétence technique en la matière dans le cadre des projets de développement.

Les éléments d’une feuille de route pour l’engagement de la diaspora doivent prendre en considération les propres besoins et capacités de la diaspora, selon les particularités de son histoire et les conditions présentes dans son pays d’origine.

Pour qu’une stratégie, en vue d’associer plus étroitement la diaspora au développement, assume de l’importance,  le gouvernement doit préciser les buts qu’il poursuit par sa démarche tout en définissant les outils et mécanismes administratifs et financiers internes requis  pour réaliser ses objectifs fixés.

  1. La question définitionnelle et ses implications

Il est impératif  de définir le concept de la diaspora dans le contexte mauricien en mettant  l’accent sur la territorialité particulière de cette forme d’organisation sociale. Il est aussi question d’élaborer sur  les divers programmes de développement dans lesquels la diaspora mauricienne pourrait intervenir selon les différents types de partenariats nationaux ou internationaux.  Somme toute, il serait intéressant de pouvoir définir les diverses catégories d’émigrés mauriciens – sachant bien que dans le cas mauricien la grande majorité des causes inhérentes de l’immigration, toutes catégories sociales confondues, est plutôt économique – ceux victimes du chômage endémique, de la crise de l’emploi et de la pauvreté, se trouvant en exil volontaire ou involontaire et dispersées aujourd’hui dans les quatre coins du monde.

Cette diaspora mauricienne est installée aujourd’hui en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie, et ainsi de suite,  y travaillant dans divers secteurs de l’économie, vivant ou survivant tant bien que mal. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la diaspora mauricienne a souvent des rapports très variables avec la société d’accueil, eu égard à leur adaptation, leur insertion professionnelle et sociale. Tous les cas de figure sont possibles. Ils peuvent aller d’une insertion sociale et professionnelle partielle ou complète à des situations de précarité, de chômage, d’exclusion et de pauvreté.

Dans tous les cas, les diasporas peuvent être vues comme le prolongement de la société civile du pays d’origine. En cela, elles peuvent représenter un flux et un reflux de forces économique, politique, sociale et culturelle potentielles pour le pays d’origine et le pays d’accueil.

De manière générale, il mérite de souligner dans ce contexte que la contribution des diasporas dans le développement des pays d’origine est un phénomène à caractère polymorphique, étant donné que  des irrégularités existent entre le centre et les périphéries du système mondial, dictées par plusieurs déterminants dont la mobilité du capital humain, social et financier, résultant à des effets tantôt négatifs ou  tantôt positifs. Bien que complexe, la contribution diasporique demeure un facteur potentiel de développement du pays d’origine, la  mondialisation aidant. Mais dans ce contexte, l’Afrique, pour prendre cet exemple,  se heurte à une contrainte majeure. Les associations des Africains de la diaspora ne font pas encore l’unanimité comme étant des acteurs du développement par les États africains, les bailleurs de fonds du Nord et les ONG. L’on pourrait dire que cette réalité est conforme au cas mauricien également.

De ce qui précède s’ajoute le problème de  la non-reconnaissance du statut juridique des diasporas, ce qui constitue une obstruction majeure pour œuvrer dans la coopération pour le développement. Ce manquement favorise ainsi des actions des  associations diasporiques dans l’économie informelle, d’où  l’espoir venant de l’intervention de NEPAD à travers une éventuelle élaboration des politiques incitatives, dans le cadre d’un Plan d’action, par exemple,  en vue  d’établir des mesures juridiques afin que les diasporas africaines apportent leur contribution au renforcement des capacités technoscientifiques et au développement de l’Afrique dans son ensemble.

  1. Questionnements complémentaires

A la lumière de ce qui précède,  une prise de conscience s’impose. Maurice doit avant tout considérer l’apport de sa diaspora comme un aspect des alternatives, de l’aide extérieure au développement. C’est dans cette direction que doit se diriger  toute réflexion sur la problématique de la diaspora.

Une démarche séquentielle doit privilégier dans un premier temps la mise en œuvre d’une politique incitative pour capter l’épargne de sa diaspora qui en revanche peut être canalisée dans des investissements productifs, ensuite pour utiliser  leur contribution - l’inventivité de la diaspora aidant - au renforcement des capacités scientifiques et technologiques du pays.

Cette question nous ramène encore une fois à la question définitionnelle. Seule  une définition des spécificités  diasporiques pourrait nous aider à la formulation et la mise en œuvre d’une politique diasporique qui va mettre en évidence les secteurs dans lesquels pourrait opérer l’interaction diasporas-pays d’origine – que ce soit, à titre d’exemple, dans le secteur du développement local , le secteur des affaires ou le secteur de la science et de la technologie ou autres encore.

Un autre obstacle s’ajoute à cette démarche. Contrairement aux diasporas asiatiques, du Moyen-Orient et de certains pays d’Amérique latine qui ont des organisations confédératives à l’instar de la Convention mondiale des chinois ou le Congrès mondial juif, la diaspora mauricienne ne dispose pas de tels organes, bien qu’elle développe néanmoins une  « culture d’émigré » à l’exemple des diasporas africains en pays d’accueil, dont les valeurs fondamentales reposent sur  l’importance de la communauté d’appartenance, les ambitions de réussite économique, la valorisation de l’éducation, la propension à l’épargne, l’esprit de sacrifice, la débrouillardise, et l’esprit d’initiative, entre autres.

Il est également utile de s’interroger sur la question si il existe vraiment une diaspora disposée à se rendre utile au service du pays d’accueil, d’où la raison d’être d’une définition de cette diaspora par rapport à leur diversité et leurs capacités. Il faudrait faire la distinction entre les devoirs que la diaspora assume envers leurs familles restées dans les pays d’origine, et le rôle de leur participation et contribution comme acteurs majeurs dans le développement du pays, qu’on veut aujourd’hui leur attribuer. 

Dans cette optique il est fondamental d’apporter des éléments de réponse à ces questions, voir même d’établir une typologie de la diaspora,  avant de parler de la contribution de cette diaspora au pays d’origine. Cette typologie permettrait en même temps d’identifier l’élite de cette diaspora autant bien que ceux qui  accomplissent des tâches qui n’exigent pas de hautes qualifications.  Maurice comptent bien des élites émigrés dans des pays d’accueil qui servent aujourd’hui les intérêts des entreprises dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC), de la médecine de pointe ou de la recherche pharmaceutique et technique.

Chaque diaspora a des spécificités qu’il faut identifier pour pouvoir créer un lien productif entre elle et son pays d’origine. Les experts relèvent qu’en Afrique ce sont les pays qui ont créé des environnements propices pour capter les apports de la diaspora qui ont enregistré des succès dans ce domaine.  Ce qui conditionne le succès également c’est l’existence des relais et des réseaux de soutien dans le pays d’origine. A leur tour, il ressort que les diasporas elles-mêmes doivent créer un cadre incitatif  qui va permettre à leurs membres d’éviter la dispersion et l’isolement  des initiatives en vue d’identifier dans un même élan  les secteurs prioritaires dans lesquels ils souhaiteraient se lancer et réussir.  

Au niveau des transferts financiers de la diaspora, il y a lieu d’examiner le niveau et l’efficacité de l’usage de  ces transferts et de suggérer des recommandations pouvant résoudre  les contraintes identifiées, le but ultime étant de transformer les membres des diasporas en une classe spéciale d’investisseurs.  Un autre facteur important à prendre en considération par rapport aux investissements de la diaspora dans leur pays d’origine c’est les risques élevés d’échec et les nombreux obstacles qu’ils rencontrent  sur leur cheminement, remettant en cause le rôle catalyseur tant attendu de la diaspora dans le pays d’origine.  C’est bien là que la  nécessité de créer un réseau de soutiens et de contacts en faveur de la diaspora assume encore plus d’importance. 

  1. Rôle des diasporas dans le développement de leur pays d’origine  - quelques exemples d’initiatives existantes

Si l’on oserait affirmer que la diaspora mauricienne joue un rôle non moins important dans les efforts du développement local dans son pays d’origine, cependant, ses actions dans les activités d’économie sociale où les associations diasporiques prennent des initiatives seules ou en partenariat avec des mouvements associatifs du Nord ne sont encore loin d’être documentées.

L’émigration des travailleurs qualifiés et des professionnels draine généralement des richesses privées nationales dans le pays hôte. Dans cette optique, Maurice pourrait réfléchir sur des politiques fiscales et monétaires incitatives, en vue de les mettre en vigueur pour inciter la diaspora à épargner dans son pays d’origine. L’effort pourrait se produire pour canaliser un tel apport dans des investissements productifs qui serait une contribution significative au développement du  pays.

A ce titre citons–en l’engagement volontaire formel des émigrants dans les activités de développement économique, social et culturel de leurs localités ou régions d’origine, l’expédition de biens en nature, des transferts de fonds, des retenues sur salaire effectuées par les services sociaux de retraites, d’allocations familiales et bien d’autres. Ces apports de la diaspora peuvent représenter une source appréciable de financement, d’où l’apport économique fondamental de la diaspora par rapport aux transferts de fonds. Prenons les exemples de Haïti et le Soudan du sud, entre autres, pour illustrer la contribution des transferts de fonds de ces diasporas à leur produit intérieur brut (PIB), dont 37.1% dans le cas de Haïti (2019) et 34.1 % pour le Soudan du sud pour la même année.  Toujours en 2019, les transferts de fonds  représentaient un record de $ 554 millions dans le monde, surpassant l’investissement direct étranger. Pour certains pays comme le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, les contributions des émigrés dépassent même l’aide publique au développement octroyée par le pays hôte. De même les transferts de fonds des diasporas constituent la seule et souvent l’unique source de revenu des individus et des familles. Or, nous ne disposons pas de tels chiffres pour Maurice. Il semblerait que le volume de transferts financiers de la diaspora mauricienne vers son pays d’origine n’est pas aussi important par rapport à ce qu’il représente pour d’autres pays exportateurs de la main-d’œuvre.

Certaines diasporas d’origine africaine s’organisent de façon formelle dans des associations pour œuvrer,  en partenariat avec les compatriotes demeurés au pays, à la réalisation des projets de développement en terre d’origine. Il s’agit également du partenariat entre les associations diasporiques, les mouvements associatifs ou les organisations non gouvernementales (ONG) du pays hôte. Leurs interventions ont permis de mettre en place des infrastructures villageoises, entre autres, des écoles, des dispensaires, des centres de santé, des silos de stockage de céréales, des banques céréalières. S’y ajoutent des activités d’économie sociale telles que le développement de micro-financement, transports, coopératives dans une diversité de secteurs.

Bref, de manière générale, nous ne sommes pas en grand manque d’exemples au niveau des expériences existantes concernant les aspects organisationnels des diasporas dans le monde, sur la base desquels Maurice pourrait s’en inspirer. Les diasporas africains, par exemple (on pourrait en citer plusieurs cas), contribuent directement et indirectement  à l’effort du développement du continent, comme en témoignent des rapports et documents des Nations Unis et ceux de l’Organisation mondiale pour les migrations (OMM) et du Bureau international du travail (BIT). Des mouvements associatifs et des organisations de coopération internationale développent des liens de solidarité avec des associations diasporiques pour appuyer la société civile et les partis d’opposition dans leurs luttes pour la démocratie et l’État de droit en Afrique – tel le  Collectif pour la démocratie au Togo qui regroupe la Communauté togolaise au Canada (CTC), pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres.

L’évolution phénoménale de la science et le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication au cours des vingt dernières années, ont permis à certaines diasporas de jouer un rôle important dans le développement et le renforcement des capacités scientifiques et technologiques de leur pays d’origine. Qu’en est-il à Maurice ? On s’accorde en général à reconnaître que cette circulation internationale des personnes et compétences a des effets bénéfiques. L’Ile Maurice ne pourrait-elle pas en profiter  à partir de ce brassage d’idées ?

Des données récentes basées sur des méthodologies et des sources différentes  montrent que dans le contexte actuel de la mondialisation, il y a un nombre très élevé d’expatriés hautement qualifiés -  des diasporas scientifiques et technologiques provenant des pays en développement qui travaillent dans le Nord. A la lumière de publications et de brevets déposés il ressort que  leur productivité scientifique et technique dans le pays d’accueil dépasse largement celle   qu’elle ne le serait dans leurs pays d’origine, pour des raisons évidentes. Ce qui amène à conclure que fondamentalement la masse de la production scientifique et technique des gens originaires du Sud se concentre dans le Nord. Comment capter cette ressource humaine diasporique, surtout que l’organisation formelle de la diaspora mauricienne en science et technologie est très peu développée, sinon inexistante?

A la lumière de ce qui précédent soulignons de passage quelques idées phares pouvant être décelées pour faire partie intégrante d’un plan d’action ou d’une feuille de route:  i)  création d’un cadre juridique et politique permettant Maurice de bénéficier des travaux de sa diaspora à travers un programme de coopération Nord-Sud ; ii) réflexion sur des mécanismes qui peuvent contribuer à un « retour de cerveaux » qui évidemment va dépendre  sur   les conditions politiques et sociales existantes – option problématique semée d’énormes embuches ;  iii) mise sur pied des réseaux de mobilisation à distance et de reconnexion des chercheurs, des ingénieurs de la diaspora avec la communauté scientifique présente sur le territoire national.   

Il est intéressant de noter que les nouveaux pays émergents du Sud-Est asiatique ont mis en place des politiques et des programmes visant la réinsertion systématique de leurs experts nationaux formés à l’étranger. De même  l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM) et le programme Transfer of Knowledge Through Expatriate Nationals (TOKTEN), administré par le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD),  financent des projets d’aide au retour dans leur pays d’origine des membres hautement qualifiés des diasporas.   

Il existe une multiplicité d’initiatives qui a été prise par plusieurs pays pour répertorier, mobiliser et reconnecter leurs diasporas scientifiques et technologiques  avec leurs collègues du territoire national. Maurice pourrait bien s’en inspirer.  Par exemple, Taïwan et la Corée du Sud ont mis en application les politiques de retour des compétences de façon plus volontariste, qui contribuent de manière durable au développement scientifique, technologique et industriel des pays d’origine. On observe des expériences similaires dans le cas de Hong Kong et de Singapour où le retour de leurs expatriés scientifiques et le nombre de publications scientifiques de haut niveau a accru de manière très significative.

Dans la même veine, on doit souligner les efforts déployés en Afrique par certains pays, comme le Ghana, l’Érythrée, la Tunisie et le Maroc, pour créer des projets de mobilisation et de reconnexion de leurs diasporas, représentant ainsi un facteur potentiel de développement dans le contexte de la mondialisation.

Plusieurs documents (anciens et récents) attestent la contribution potentielle des diasporas au développement. Citons un ancien document clé dont le rôle de la diaspora (Science et Technologie) africaine comme facteur de développement est reconnu dans le document du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique, élaboré par des chefs d’États africains et discuté au Sommet du G8 à Kananaskis, en Alberta, les 26 et 27 juin 2002. C’est ce qui amène les organisations internationales, travaillant sur la question migratoire et de la diaspora, dans son ensemble, à recommander qu’il faudra soutenir et intensifier les expériences novatrices de partenariat et de solidarité internationale entre les associations diasporiques, les mouvements associatifs du Nord et les populations africaines pour la réalisation de projets d’économie sociale et de développement local. 

De telles initiatives peuvent s’appuyer également sur le soutien des institutions des Nations Unies, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et l’Organisation internationale du travail (OIT), qui privilégient les projets d’économie sociale et solidaire.  Le secteur informel en Afrique étant le mode de production la plus importante, l’apport de la diaspora dans ce secteur  pourrait réduire l’écart  progressivement entre les espaces des activités de survie et les activités de l’économie formelle.

Il n’est pas superflu d’ajouter en guise de conclusion qu’il est impératif d’établir, d’entrée de jeux, les conditions qu’il faudrait réunir pour que les membres de la diaspora mauricienne puissent jouer un rôle productif dans la création d’entreprises dans leur pays d’origine et participer ainsi au processus de développement dans son ensemble.  Cette question fondamentale pourrait bien être débattue dans le cadre d’une Table Ronde, impliquant entre autres, la société civile,  des experts du milieu des affaires et du développement, des universitaires et des journalistes. 

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