Combat contre la fraude au travail: vibrant appel à relancer les lanceurs d’alerte

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​​​​​​​Madhavi Ramdin-Clark recommande un service d’audit interne pour lutter contre les comportements frauduleux.

Madhavi Ramdin-Clark recommande un service d’audit interne pour lutter contre les comportements frauduleux.

La promotion des activités des lanceurs d’alerte, dont le rôle est indispensable dans la mise au jour de comportements illicites et frauduleux au travail, a franchi une nouvelle étape dans la culture des entreprises à Maurice. Cela a été rendu possible grâce à un webinaire (photo) tenu le 29 avril sur le thème Audit committee guidelines for evaluating a whistleblowing system, qui analyse la responsabilité de comités d’audit pour renforcer la capacité d’évaluation des atouts d’un système de lancement d’alerte. Cette activité organisée grâce à une collaboration entre l’ACCA, association d’experts-comptables, l’Audit Committee Forum (ACF), une initiative émanant d’une collaboration entre la firme d’audit KPMG et le Mauritius Institute of Directors (MIoD), les deux ayant joué un rôle considérable dans la promotion d’un environnement favorable à l’émergence de lanceurs d’alerte dans le pays. 

Pour Georges Leung Shing, ancien président de l’ACF, les objectifs de l’entreprise en matière des activités de lanceurs d’alerte et les procédures pour y parvenir sont d’une importance capitale. «La mise en place d’une politique et de procédures claires, incluant la protection des employés lanceurs d’alerte, soutenues par des moyens de communication efficaces et assurant la confidentialité des lanceurs d’alerte, est indispensable pour créer les conditions qui encourageraient des employés désireux de dénoncer des activités frauduleuses et illicites à se manifester.» Ses observations s’enracinent dans une longue expérience dans l’ACF, dont il a assumé la présidence. 

Cet organisme, créé en 2013, avait pour principal objectif la définition de directives pour promouvoir et réaliser les meilleures pratiques et le respect des cadres légaux des comités d’audit. Depuis 2014, la vingtaine de membres de l’ACF ont produit huit position papers sur divers aspects de cette fonction. Il prépare un neuvième document consacré à la business continuity. Le sixième document de l’ACF, publié en septembre 2018, traitait de l’importance des systèmes capables de favoriser la réussite des activités des lanceurs d’alerte. 

Pour Georges Leung Shing, le rôle des comités d’audit est indispensable à la réussite d’un projet visant à inciter les employés à prendre une part active dans la dénonciation de comportements illicites et frauduleux au travail. «Tout s’articule autour d’une culture pour promouvoir les activités de lanceurs d’alerte et de traitement des cas de dénonciation que développe l’organisation. Si cette culture existe, les lanceurs d’alerte seront encouragés à révéler les maldonnes et manquements qu’ils auront notés, preuves à l’appui.» 

Fort d’un rapport publié en 2020, Amber Engelbretch, directrice de KPMG Faircall et associate director de KPMG Afrique du Sud, appuyé sur l’importance pour des compagnies de se doter d’un mécanisme qui leur permettrait d’être au courant des activités de fraude en leur sein. Parmi les points relevés par ce rapport, figurent entre autres :

  • la corruption est le principal type de fraude dénoncé par les lanceurs d’alerte de la région avec un taux de 56 %, bien supérieur à celui d’autres types ;
  • les indications fournies par les lanceurs d’alerte figurent à la première place au classement par rapport aux sources de détection de fraudes, une performance nettement supérieure aux autres sources de détection comme celle ayant trait aux informations destinées à dénoncer des cas de comportement frauduleux et illicites et dont le taux atteignait les 48 % ;
  • la source de dénonciation par des employés, dont le taux se situait à 50 %, était bien supérieure au taux de 22 % enregistré pour des dénonciations par des clients. 

Pour Amber Engelbretch, les données dévoilées peuvent dire plus que ce qu’elles auraient tendance à révéler. «Si les employés sont responsables de 41 % des fraudes, les managers, 37 %, et les directeurs de seulement 18 %, l’ampleur du préjudice financier pour les organisations est souvent plus grande dans le cas de maldonnes perpétrées par des personnes au plus haut de l’échelle hiérarchique.» 

Pour Madhavi Ramdin-Clark, Head of ACCA, le recours à un service d’audit-maison est indispensable dans le combat contre les comportements frauduleux au travail. «Les instances d’audit des entreprises», soutient-elle, «aident à l’amélioration du contrôle interne et sont indépendantes de la direction. Elles sont donc bien placées pour accompagner les initiatives visant à favoriser le whistleblowing efficace, dans le cadre d’une procédure bien définie et solide.» L’indépendance, l’objectivité et la confiance sont des atouts indispensables pour qu’une telle mission puisse atteindre les buts que l’entreprise s’est fixés. Un constat que Sheila Ujoodha, présidente de l’ACF et Chief Executive Officer du MIoD ne contredira pas. Il en sera de même pour l’importance du recours à une culture d’entreprise qui favorise le whistleblowing. Elle en fera état dans la synthèse des idées avancées dans ce webinaire et la relance des questions en conclusion de cet échange virtuel. 

Pour Amber Engelbretch, il est indispensable de recourir à un système qui donne confiance aux lanceurs d’alerte. Les conditions sont, entre autres, l’indépendance claire des acteurs du système, l’efficacité de la procédure de collecte et de traitement des dénonciations, le niveau de confidentialité et de respect de l’anonymat, qui font partie de cette procédure. Une exigence qui coule de source car aucun employé n’osera dénoncer quelqu’un, a fortiori son patron, en l’absence d’une garantie que son geste n’entraînera pas des représailles d’employés dont le comportement a fait l’objet de dénonciation. Ce qui, selon Amber Engelbretch, «requiert la disponibilité permanente d’un personnel spécialisé». 

La nécessité de créer un environnement où des comportements illicites et frauduleux au travail a bel et bien été entendu par certains. Parmi ceux-là, le groupe MCB, qui dispose de son propre whistleblowing policy, ou encore du tandem MIoD/Transparency Mauritius qui sont engagés dans un Memorandum of Understanding pour mettre sur pied un conseil dont les objectifs s’articuleront autour de la promotion d’activités associées aux lanceurs d’alerte. Parmi ses objectifs, on note la promotion du concept de lancement d’alerte dans le secteur privé.

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