Amendements à la «Local Government Act»: controverse sur l’extension du mandat des maires

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Les débats sur les amendements à la Local Government Act sont à l’agenda du Parlement. L’opposition conteste le fait qui permettra au gouvernement d’attendre deux ans pour organiser les élections municipales alors que le mandat des maires ne prendra fin qu’à la veille des élections. Aussitôt les amendements votés, ces derniers pourront rester à leur poste jusqu’à ce que le gouvernement décide de la tenue de nouvelles élections municipales. 

Radhamohun Beeharry, un ancien chief executive, qui a travaillé dans plusieurs villes, confirme que la loi actuelle définit la durée du mandat d’un maire. «D’ordinaire, le mandat d’un maire est de deux ans, mais à la dernière année du mandat des conseillers municipaux, il demeure en poste jusqu’à l’arrivée de son successeur. Cependant, avec les amendements proposés, un maire pourra garder son poste pour deux années au maximum en attendant que les nouvelles élections soient organisées à moins qu’il y ait un accord entre les conseillers et les maires pour qu’ils cèdent leur poste à quelqu’un d’autre.» 

C’est d’ailleurs ce que propose le conseiller de Curepipe, Rajen Bhinda. Il rappelle que Hans Margueritte est en poste depuis quatre ans et que c’est mieux pour les citadins qu’il laisse sa place à un autre élu. «Il y a beaucoup de choses qui ne marchent pas à Curepipe. Il faut une nouvelle personne pour faire bouger la ville. Quelqu’un d’autre doit avoir sa chance. Si le faut, nous entamerons des démarches pour changer de maire puisque l’opposition est en majorité à Curepipe. » D’après cet ancien membre du Mouvement social militant, l’opposition compte 11 élus et les représentants gouvernementaux ne sont que neuf. 

Pénaliser les habitants 

Toutefois, Nathalie Gopee, conseillère du PMSD à Curepipe et destituée en 2017 comme maire, ne partage pas son avis. «Ce n’est pas à nous de décider s’il faut changer de maire au risque de pénaliser les habitants de Curepipe. D’ailleurs, je ne pense pas que nous ayons la majorité. Il est vrai que l’actuel maire Hans Margueritte n’a pas été très présent tout dernièrement, mais tout est retourné à la normale. Il est à la disposition des conseillers.»  

Jeu démocratique

À Rose-Hill, l’ancien maire Ken Fong, qui avait décidé de partir après deux mandats, affirme que c’est ne sont pas vraiment les conseillers qui décident, même s’ils tombent d’accord entre eux pour laisser le fauteuil à un autre conseiller. «Il faut accorder du temps à un maire pour qu’il accomplisse le travail qu’il a entamé. C’est le cas actuellement à Beau- Bassin/Rose-Hill. On doit lui donner du temps. Cependant, il y a aussi le fait que tous les conseillers aspirent à devenir maire. Donc, il faut aussi donner la chance aux personnes compétentes, mais il y a d’autres facteurs qui entrent en jeu décidés par d’autres personnes.»

Le député du Parti travailliste, Ritesh Ramful, estime pour sa part que renvoyer les élections municipales pour une si longue période est déjà un acte antidémocratique. «Il est vrai que nous sommes dans une période de pandémie, mais pour les élections des maires, il n’y a pas de meetings ou de réunions. Ce sont des élections entre conseillers. Chaque conseil aurait pu organiser ses élections internes. Le gouvernement viole doublement le jeu démocratique. Désormais, on doit attendre deux ans pour les élections municipales et il n’y aura pas d’élection de maires. Ce faisant, il garde ses proches qui lui sont dévoués à la tête de chaque ville au lieu de donner la chance à tout le monde.»


Xavier-Luc Duval propose des contre-amendements

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, proposera des changements aux amendements que le ministre Anwar Husnoo a déposé à l’Assemblée nationale. Il l’a annoncé lors de la conférence de presse de l’alliance de l’espoir samedi et il affirme qu’il a le soutien des autres partis de l’opposition. «Nous allons proposer un amendement à la loi pour l’organisation des élections municipales dès que la situation le permettra. Nous ne voulons pas donner le choix au gouvernement de renvoyer les municipales et de se servir du Covid-19 comme excuse.»

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