Chili: les rédacteurs de la nouvelle Constitution élus dimanche

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Une femme vote dans un bureau de Temuco, au Chili, le 15 mai 2021. afp.com - MARIO QUILODRAN

Une femme vote dans un bureau de Temuco, au Chili, le 15 mai 2021. afp.com - MARIO QUILODRAN

Les Chiliens sauront dimanche soir quels rédacteurs ils se sont choisis pour leur nouvelle Constitution, destinée à promouvoir plus de justice sociale et à refemer l'ère Pinochet, au lendemain d'une première journée de vote à faible participation.

Les premières estimations sont attendues dimanche en début de nuit. Mais samedi, à mi-parcours de ce week-end électoral, seulement quelque trois millions de Chiliens avaient participé au vote, ce qui correspond à 20,44 % des 14,9 millions d'électeurs convoqués aux urnes, selon les données du service électoral.

Ils doivent choisir 155 élus parmi 1 373 candidats sur une base paritaire. Dix-sept sièges seront également réservés aux 10 peuples autochtones du Chili.

Les autorités avaient décidé de tenir ces élections sur 48h en raison de l'épidémie de coronavirus et de reporter le scrution initialement prévu le 11 avril.

«J'espère que nous aurons une Constitution qui capturera l'âme de notre pays», a déclaré le président chilien Sebastian Piñera, un conservateur, après avoir voté dans la capitale.

Cette Constitution remplacera celle rédigée en 1980 sous le régime militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990).

«Cette élection définira la Constitution qui nous guidera pour les 40 ou 50 prochaines années», souligne Claudio Fuentes, universitaire à l'Ecole de sciences politiques de l'université Diego Portales. Ce scrutin est «certainement» le plus important en 31 ans de démocratie, estime-t-il, «un nouveau Chili est en jeu».

Réécrire la Constitution était une des revendications issues du plus grand soulèvement social des dernières décennies, amorcé en octobre 2019 pour réclamer une société plus égalitaire.

Se débarrasser de Pinocho

Le changement de la loi fondamentale actuelle, qui limite fortement l'action de l'Etat et promeut l'activité privée dans tous les secteurs, notamment l'éducation, la santé et les retraites, est vu comme la levée d'un obstacle essentiel à de profondes réformes sociales dans un pays parmi les plus inégalitaires d'Amérique latine.

Selon les sondages, plus de 60% des Chiliens estiment que cette Constitution a créé un système qui profite à un petit nombre de privilégiés.

«C'est comme si on commençait vraiment à se débarrasser de Pinocho (le surnom donné à Pinochet par ses détracteurs, ndlr), de son ombre, de son héritage, de tout», estime Carmela Urquiza, une fonctionnaire de 62 ans résidant à Santiago.

«Le Chili a l'occasion de réaliser sa deuxième transition, ça aura pris trois décennies en raison de la trop forte tendance au statu quo du système de partis» traditionnels, dit à l'AFP Marcelo Mella, politologue à l'université de Santiago.

La nouvelle Constitution doit être rédigée dans un délai de neuf mois, prolongeable une seule fois de trois mois supplémentaires. Elle doit être approuvée ou rejetée en 2022 par un référendum à vote obligatoire.

Le scrutin comprendra également des élections locales de maire, de conseiller municipal et, pour la première fois, de gouverneur régional. Le Chili était l'un des rares pays de l'OCDE qui n'avait pas d'autorités régionales élues.

Présidentielle en novembre

Les analystes voient ce scrutin comme un test décisif avant les élections présidentielles de novembre.

Ce processus électoral est également le premier au monde à élire une Assemblée constituante sur une base paritaire, avec un nombre égal d'hommes et de femmes.

Les prédictions sur les forces politiques qui composeront l'Assemblée constituante sont hasardeuses, mais la difficulté des candidats indépendants à se faire connaître devrait privilégier les partis traditionnels.

L'opposition de gauche, dispersée sur 69 des 70 listes en lice, entend proposer un nouveau modèle pour le pays, avec différents droits sociaux garantis, comme l'éducation, la santé ou le logement.

De leur côté, les candidats de la droite au pouvoir regroupés sur une seule grande liste alliée à l'extrême droite défendent le système actuel, qui selon eux a favorisé la croissance économique du pays.

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