Après les pluies torrentielles: les légumes sont rares au grand dam des maraîchers

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Depuis le 1er mai, les bazars du pays sont de nouveau ouverts. Si certains maraîchers sont heureux de retrouver leurs clients, d’autres sont inquiets face au manque de légumes, surtout après les pluies torrentielles de la semaine dernière. Petite virée dans les bazars de Curepipe, Rose-Hill et Port-Louis.

Les gestes barrières sont respectés aux abords du marché de la ville lumière. Après la prise de température et l’administration du gel hydro alcoolique, le client peut se faufiler dans le marché à travers l’une de ses ouvertures. Comme lors de la reprise au lendemain du déconfinement de 2020, le client sait bien qu’il ne pourra repasser par la même ouverture en quittant les lieux. Un petit tour auprès des étals et le constat est vite fait. Les légumes sont rares. Et les prix ont pris l’ascenseur.

Anju Jankee en est consciente. «À cause des pluies torrentielles et des inondations, les légumes sont moins abondants.» Elle confie qu’avec son époux, ils ont fait le tour du pays dimanche, en quête de cette «denrée rare» pour satisfaire les clients. «Malgré cette virée, nous n’en avons pas eu suffisamment. On peut même dire que les légumes ont disparu.»

Par rapport aux mesures de sécurité, Anju Jankee se dit satisfaite de celles prises par les autorités dans le cadre de cette réouverture. «Mais il y a un sentiment de frayeur qui persiste. Cette crainte est toujours présente, malgré le fait que nous ayons déjà été vaccinés.» Toutefois, par mesure de précaution, elle envisage de se tenir à un endroit différent pour servir les clients. «Habituellement, je me mets debout à côté de mon étal. Là, je vais le surplomber pour ne pas avoir de contact direct avec le client. C’est une précaution nécessaire.» Quoi qu’il en soit, elle s’attend à des jours difficiles. «On doit tout reprendre dès le début car tous ces jours passés sans travailler pèsent lourd dans notre vie quotidienne.»

Elle n’est pas la seule à le ressentir. C’est le même constat que nous fait Sanjeev Boodoo, maraîcher au bazar de Rose-Hill. Ce dernier est heureux de retrouver ses clients. «Mais le travail en luimême est devenu difficile. Surtout dans le sillage du mauvais temps de la semaine dernière.» Mais là où le bât blesse pour lui, c’est de voir le nombre de «petits bazars» qui opèrent aux quatre coins de l’île. «Les gens préfèrent s’approvisionner auprès de ces marchands. Ces petits-bazars poussent comme des champignons partout. Et la compétition est rude.»

Par contre, à Port-Louis, le contraste est frappant. Alors que l’on peut circuler librement à l’intérieur du bazar, la file d’attente à l’extérieur est longue. «Cette longue attente fait que les clients s’en vont. Surtout qu’à l’intérieur, il y a à peine une dizaine de personnes», soutient Krisna Govinden, maraîcher. Hormis cette attente, la distanciation physique fait aussi défaut. «Je pense que les autorités auraient pu venir faire un constat. C’est une bonne décision d’ouvrir le bazar mais il faut être plus flexible avec les clients.»

Comme les autres maraîchers, il fait la même analyse par rapport à la vente. «Trop de petits marchands vendent des légumes dans les rues. Légumes et fruits sont en vente libre.» De plus, une flambée des prix n’est pas à écarter durant les prochains jours. En espérant qu’avec le retour du soleil, les planteurs auront l’occasion de se remettre à labourer leurs champs.

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