Conservation: quand artistes et scientifiques se rencontrent

Avec le soutien de
«Zardin zetwal», aquarelle de Kim Yip Tong, de 2018.

Les scientifiques et les artistes sont deux mondes que tout oppose a priori. Mais pour Nicola Ross, qui développe une oeuvre pour signifier l’importance de la conservation des espèces naturelles protégées, la recherche serait le point commun de ces deux univers. «Nous avons tout à gagner, si artistes et scientifiques se rencontrent pour travailler ensemble. À Maurice, il manque un endroit pour que ces deux univers puissent échanger. Car les scientifiques ne communiquent qu’entre eux, à l’écart de Monsieur et Madame tout le monde. Les artistes, eux, ont une autre manière de procéder», explique Nicola Ross, qui ne nous en dira pas plus sur son projet pour le moment. 

Toutefois, l’artiste nous explique ses motivations. Il a d’ailleurs commencé à développer sa réflexion bien avant la catastrophe écologique causée par le naufrage du MV Wakashio à Pointe-d’Esny, en juillet 2020. «Cet incident n’a fait que confirmer ce que je pensais à propos de la terre nourricière et de la conservation des espèces naturelles. Le confinement nous a montré l’importance de ce qui compte le plus. J’ai ainsi orienté ma pratique et ma sensibilité vers l’essentiel. La fonction même d’un curator est de prendre soin des travaux des artistes mais la conservation est tout aussi importante.» 

Peinture de Raphaëlle Peira, 2020.

Pour Nicola Ross, le moment est propice à un réveil des consciences pour créer un élan qui ira dans le bon sens. «Nous ne réalisons pas. Beaucoup de choses se passent à Maurice en lien avec sa propre biodiversité : les nombreuses terres fertiles, par exemple. Il est possible d’aménager des potagers en ville et/ou cultiver également des plantes médicinales pour nous soigner nous-mêmes sans avoir à courir à la pharmacie. Nous avons souvent tendance à consommer sans connaître la provenance des produits. Nous oublions que c’est un point important. Il faut reconnaître cette richesse qui est dévalorisée.» 

Maurice, ajoute-t-il, est une île avant tout. La conservation est une urgence. Par ailleurs, il constate que de plus en plus de musées commencent à faire de la place pour des peintures et des photographies, entre autres. Toutefois les oeuvres végétales ont aussi leur place. «D’ailleurs, des artistes s’y intéressent. Raphaëlle Peria, qui explore le lagon et dénonce l’état de nos coraux ; la plasticienne Ivana Adaime Makac, qui vient de la Patagonie, une terre très aride ; ou encore la Mauricienne Kim Yip Tong, qui s’intéresse à la flore et la faune marine.»

Installation en situation d’Ivana Adaime Makac, réalisée en 2021.


Qui est Nicola Ross ?

Après avoir vécu 15 ans en France et après une longue expérience auprès d’artistes étrangers, ce curator de profession est rentré à Maurice en décembre 2019 pour servir son pays natal et être au service d’artistes mauriciens. Son travail consiste à accompagner artistes et institutions (musées, théâtres, maisons d’opéra, galeries, collectionneurs privés) dans leurs projets. Nicola Ross est fasciné par les arts depuis son enfance. Sa soeur aînée réalisait de grandes toiles. Parfois, il se rendait au théâtre du Plaza avec ses parents, où il a découvert ce qu’il appelle «le monde des émotions» et, à d’autres moments, il flânait dans la galerie Max Boullé pour admirer les expositions.

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