Horticulture: il y a urgence à rendre notre île plus verte

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Manand Baldawoo, propriétaire de la Serre de Palma et fondateur de l’International Society of Horticulture & Environment, a assisté à un webinaire international, jeudi dernier, axé sur l’horticulture. Il partage avec Vous ses idées.

Jeudi dernier c’était la Journée internationale de la Terre et c’est dans ce contexte qu’a eu lieu un webinaire international animé par The International Association of Horticultural Producers (AIPH) sur le thème Blooming Economies & Cities to Inspire the World. Webinaire, qui a accueilli des centaines de participants. Les principaux intervenants étaient des professionnels de l’horticulture du Canada, de l’Angleterre et de l’Autriche, entre autres, ainsi que des professionnels ayant pendant longtemps travaillé sur des projets horticoles à Taiwan et en Chine.

Notre compatriote, Manand Baldawoo, propriétaire de la Serre de Palma et fondateur de l’International Society of Horticulture & Environment, y a assisté. «Ce webinaire avait pour objectif d’inciter le monde à devenir vert et sensibiliser le plus grand nombre sur le potentiel de l’horticulture», explique-t-il. «Alors que le monde fait face à la pandémie du Covid-19 et au réchauffement climatique, il est plus que jamais temps de se tourner vers l’agriculture.»

Lors de ce webinaire, Manand Baldawoo a constaté «que de plus en plus de pays créent des zones réservées aux piétons ou à ceux circulant à vélo. Au Canada, les conteneurs de plats à emporter en plastique ou en carton sont remplacés par des récipients en acier inoxydable et réutilisable et ils se tournent vers des bus 100 % électrique. À Vienne, ils mettent de plus en plus l’accent sur les panneaux solaires et économisent sur l’huile lourde. A Singapour, les infrastructures résidentielles doivent avoir des espaces verts. En Chine, des orchidées sont cultivées dans des serres alors qu’il neige. Ils mettent également en avant la culture tissulaire, soit un laboratoire de culture cellulaire, qui permet une production rapide de plantes. En Israël, qui est pourtant un pays désertique, la production agricole est telle qu’elle nourrit d’autres parties du monde. A travers le monde, il y a de plus en plus une conscience verte», explique cet amoureux des plantes.

«Désastreux»

Il considère notre système et notre gestion de l’agriculture «désastreux». Manand Baldawoo estime que les institutions capables de faire avancer les choses sont tellement politisées que les bonnes décisions ne sont pas prises. «Les personnes à la tête, qui sont des nominées politiques, n’ont pas les compétences nécessaires dans ce domaine. Déjà, le ministre, qui a été nommé au portefeuille de l’Agriculture doit lui-même connaître le sujet. De plus, le personnel des institutions dédiées à l’agriculture doivent toujours se tenir informées de ce qui se passe dans l’univers de l’agriculture au niveau mondial. Ces personnes doivent participer à des séminaires à l’étranger et partager leurs connaissances acquises à Maurice. Si certains y vont, cette dissémination de l’information ne se fait pas par la suite.»

Il poursuit que «des institutions telles que le FAREI sont des éléphants blancs». «Des terres de l’État qui étaient promises à l’agriculture sont toujours à l’abandon», s’insurge-t-il avant de faire ressortir que «de plus, il y a trop de complications quand on veut faire des projets agricoles. Pour avoir des facilités de prêts, ce sont des parcelles de terre, qui doivent être mises en garantie. Les conditions sont tellement contraignantes que ceux qui veulent s’y lancer abandonnent vite la partie. Si des projets tels que l’installation de panneaux solaires ont été mis en place, ils sont encore trop timides».

Et pourquoi n’a-t-il pas essayé de rencontrer le ministre de l’Agriculture pour proposer ses idées ? «Gaspilaz», s’exclame-t-il. «Dans le passé, j’avais parlé du projet de culture des orchidées à Maurice et de leur exportation à l’étranger par la suite, mais à l’époque rien n’a été fait, alors que la Chine le fait. Et pourtant, c’est un pays où les hivers sont rudes et où il neige. Il a fallu attendre plusieurs années avant que les conditions d’importation des orchidées soient assouplies à Maurice alors qu’en attendant, des tas de choses auraient pu avoir été faites».

C’est face à ce qu’il considère l’inertie de l’Etat que l’entrepreneur a décidé de mettre sur pied en 2019 l’International Society of Horticulture & Environment. Pour l’instant, cet organisme regroupe une quinzaine de professionnels. Manand Baldawoo n’hésite pas à partager ses connaissances, ainsi que des plantes aux écoliers et aux responsables d’organisations non gouvernementales.

Malgré toutes les contraintes rencontrées par le secteur agricole mauricien, Manand Baldawoo souligne que rien n’est perdu. «Nous pouvons encore rebondir. Si de bonnes décisions sont prises, dans cinq à six ans, la structure agricole de Maurice peut complètement changer et devenir un exemple.»

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