Osman Mahomed: «La NSLD sera un festival de contrats en perspective»

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Steven Obeegadoo a impressionné sur la forme mais non sur le fond, mardi au Parlement dans sa réponse à Osman Mahomed. Dans ce genre de faux débat, on saisit mal les réponses du ministre qui a le dernier mot. Nous avons demandé un éclairage à l’ancien directeur de la NHDC.

 Vous avez voulu apprendre du ministre Obeegadoo pourquoi l’expérience et les capacités existantes de la National Housing Development Company (NHDC) ne sont pas utilisées pour le projet de la New Social Life Development Ltd (NSLD) de 12 000 logements. Quelle a été sa réponse ?

Le ministre a prétendu que la NHDC n’a pas la capacité et les ressources nécessaires pour ce projet de 1 2 000 logements. Si les 125 employés de la NHDC ne suffisent pas, elle peut toujours recruter du personnel additionnel. Est-ce qu’un gouvernement progressiste, pour reprendre ses propres mots, veut dire se lancer dans la création de Special Purpose Vehicles (SPV) temporaires et sans lendemain, pour concrétiser ses projets ?

 Vous avez parlé des coûts additionnels de la nouvelle compagnie NSLD, notamment le bureau luxueux et les salaires non moins luxueux de ses dirigeants.

Obeegadoo a complètement évité cette question précise. Avec la nouvelle compagnie, il y aura des coûts additionnels et superflus des directeurs, du CEO, du comptable, etc. ainsi que le loyer à Wall St, Ébène.

S’agit-il vraiment de logements sociaux ou non?

La décision du Conseil des ministres vendredi parle de «logements» et non de «logements sociaux». J’ai bien peur que le prix des maisons soit bien plus élevé et ne soit à la portée des familles mauriciennes dans le besoin. Je conseillerais au ministre d’aller visiter le développement immobilier de la MHC pour la classe moyenne, Domaine Le Hochet à Terre-Rouge, qui peine toujours à trouver acquéreur après deux ans.

 La NSLD ne tombera pas sous le contrôle du «Procurement Policy Office» (PPO). C’est grave ?

C’est bien plus que grave. Déjà, avec autant de gardefous dans le secteur public, jamais le rapport du directeur de l’Audit n’a révélé autant de gaspillages et de maldonnes. Imaginez ce qui se passera si le gouvernement persiste avec son projet de confier un projet de développement de Rs 12 milliards au secteur privé, qui n’est pas régi par les règlements du PPO et qui ne passera pas sous la loupe du directeur de l’Audit. Cela représente beaucoup trop de risques d’allocation de contrats à des petits copains et copines. Il y a aussi le danger de corruption et de gaspillage. J’ai utilisé le terme «festival de contrats» au Parlement, mardi.

 Le projet sera aussi soustrait du contrôle des parlementaires. Comme pour la SBM, Air Mauritius ou Mauritius Telecom ?

Steven Obeegadoo a donné la garantie que les députés pourraient poser des questions sur la NSLD, à condition qu’elles soient pertinentes et constructives. Qui en jugera ?

Le fait que la même personne préside le holding NHDC et la compagnie subsidiaire NSLD ne semble pas émouvoir Obeegadoo ?

Venant d’un avocat, cela me surprend. «No issue», a-t-il martelé. Je parle en termes d’effective leadership, de subsidiary governance et d’accountability surtout dans le secteur public. Qui va revoir les décisions de la filiale et à qui le chairman de cette subsidiaire sera-t-il redevable ? Quand j’avais soulevé ce manque de bonne gouvernance concernant les trois filiales du CEB, Ivan Collendavelloo, alors DPM, avait reconnu, lui, que j’avais un point. Malgré tout, on a bel et bien constaté le tort que ces filiales ont causé au CEB. La renewable energy est maintenant un département du CEB et les deux autres filiales vont aussi être démantelées d’après ce que j’ai compris. 

Votre souci est surtout qui prendra ensuite la responsabilité des défauts inhérents que tout développement immobilier comporte inévitablement ?

Est-ce qu’il y a là un modus operandi pour que tout le monde «get away scot free», c’est-à-dire aucune poursuite pour négligence professionnelle, non-respect du contrat, etc. ? Avec le Construction Industry Development Board Amendment Bill, on a toutes les raisons de s’en inquiéter

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