Covilen Narsinghen: «Incluez le droit de vote à la diaspora dans votre manifeste électoral»

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Covilen Narsinghen, modérateur de Mauritius Global Diaspora.

Covilen Narsinghen, modérateur de Mauritius Global Diaspora.

Une élection générale virtuelle. C’est ce qu’organise l’association Mauritius Global Diaspora le 8 mai. Covilen Narsinghen, modérateur de Mauritius Global Diaspora, entend ainsi militer pour le droit de vote aux Mauriciens à l’étranger.

Dans le sillage des manifestations citoyennes de l’an dernier, de nombreux Mauriciens ont manifesté à leur échelle, dans le pays où ils sont installés. Quel est le point de départ de votre appel aux urnes du 8 mai ?

Après la manifestation citoyenne du 29 août 2020, nous avons vu les chiffres avancés…

«L’express» a parlé d’environ 75 000 personnes à Port-Louis…

Différentes estimations parlaient même de 100 000 personnes. Nous faisons appel aux Mauriciens de la diaspora et à ceux qui sont à Maurice autour d’un thème : le droit de vote pour les Mauriciens qui sont à l’étranger. L’intérêt qui s’est déjà manifesté à ce jour tourne autour de 200 000 à 250 000 personnes.

Tous de la diaspora ?

Non, des Mauriciens qui sont à Maurice aussi.

Dans quels pays les Mauriciens sont les plus mobilisés ?

La France et l’Angleterre dominant.

Vous avez aussi touché des Mauriciens dans des pays auxquels on ne pense pas d’emblée ?

Oui, il y a des Mauriciens qui travaillent en Arabie saoudite et à Dubaï qui nous ont contactés.

Et l’Australie ?

Effectivement, il ne faut pas oublier l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Vous appelez aux urnes sur la question du droit de vote à la diaspora. Est-ce que c’est seulement la diaspora qui pourra voter dans l’élection que vous organisez ?

Non, les Mauriciens à Maurice sont aussi invités à s’exprimer. C’est voter pour dire quel parti va faire mieux que le gouvernement actuel.

Vous souhaitez voir émerger un gouvernement meilleur que le gouvernement actuel. Sur quels points vous n’êtes pas d’accord avec la gestion actuelle ?

On voit des scandales qui poussent comme des champignons.

Lesquels vous interpellent plus ?

Ceux liés à la corruption. Il y a l’affaire Angus Road qui n’a pas eu de suite à l’ICAC. Il y a aussi le cas de l’ex-activiste du MSM, Soopramanien Kistnen. Il y a aussi la liberté d’expression.

On l’a moins qu’avant à Maurice ?

Certainement. Avec les amendements à la section 46 de l’ICT Act, cela a été une manière directe de bâillonner les gens. On a revu cela avec le consultation paper de l’ICTA publié le 14 avril (NdlR, consultations publiques sur les amendements proposés à l’ICT Act sur les abus sur les réseaux sociaux concernant les mineurs). Certes, on donne l’occasion aux gens de s’exprimer, mais est-ce qu’il y aura de la transparence dans ces opinions des citoyens lambda. Comment ces opinions seront-elles prises en compte?

Je rappelle que la section 66 de l’ICT Act en Inde a été déclarée anticonstitutionnelle par la cour là-bas. Ici, on a presque copié ces dispositions de la loi indienne.

Au départ, nous avions choisi la date du 1er mai pour le vote virtuel sur le droit de vote à la diaspora, mais faute de temps, nous avons décalé le vote d’une semaine, pour le 8 mai. Pour rester dans la symbolique de la Fête du travail, nous avons invité tous les leaders politiques à un débat, le 1er mai. L’invitation a été lancée au Premier ministre, Pravind Jugnauth, leader du MSM.

Une indication sur son éventuelle participation ?

Aucune pour le moment. Pour sa part, Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater a demandé quelles seront les thématiques du débat.

Et les leaders des partis d’opposition ?

Xavier Duval a confirmé, Nando Bodha…

Nando Bodha n’est pas un chef de parti. Vous le classez où ?

Il a lancé une page qui s’appelle L’avenir de demain. Il est peut-être un futur leader. Le Dr Navin Ramgoolam a confirmé sa participation. Nous attendons celle de Paul Bérenger. Ce sera une première d’avoir les leaders politiques sur un même plateau pour discuter de ce thème. Roshi Bhadain a confirmé sa participation. Tout comme Dev Sunnassee. Il pourrait y avoir un représentant de Rezistans ek Alternativ.

Sur votre plateforme, les trois principaux partis d’opposition ont dit qu’ils sont d’accord avec le droit de vote pour les Mauriciens d’ailleurs. Leur avez-vous demandé s’ils seraient prêts à l’inscrire dans leur manifeste électoral ?

Le seul parti qui nous a dit que c’est déjà dans son manifeste électoral, c’est 100% Citoyens de Dev Sunnassy. Nous avons aussi reçu Stephan Gua et Kugan Parapen de Rezistans ek Alternativ qui ont dit qu’ils sont pour cette idée. Nos débats sont ouverts à tous les partis politiques sans distinction.

100% Citoyens et Rezistans ek Arlternativ ne sont pas représentés au Parlement. Qu’en est-il des trois principaux partis ? Ont-ils fait un pas ou est-ce de l’ordre du discours seulement ? Bonne question. Je leur lance un appel. Comme ils ont participé aux débats sur le droit de vote à la diaspora, je leur demande, au nom de la diaspora, que cela soit inclus dans leur manifeste électoral. Et de montrer que «they mean business».

Que dites-vous aux Mauriciens qui ne voient pas d’un bon œil que l’on accorde le droit de vote à leurs compatriotes qui vivent à l’étranger ?

Nous avons un gros problème à Maurice. Il faut toujours garder l’esprit ouvert et accueillir les nouvelles idées. On n’a jamais fait un vote virtuel sur ce sujet. Nous sommes tous différents, mais nous croyons dans la démocratie, une île Maurice meilleure.

Mauritius Global Diaspora

Cette association regroupe, au- tour de Covilen Narsinghen, Vashist Parsunnoo, qui est en Angleterre ; Abhirai Basennoo, qui est en Inde ; Rubesh Pultoo et Loic Ahnee, qui sont en France ; Olivier Ramoojee, qui est en Pologne ; et Harsley.

Parcours

Covilen Narsinghen est un senior legal consultant dans un cabinet spécialisé dans le domaine des technologies de l’information. Il a étudié à l’université Concordia, à Montréal, au Canada, puis à l’université de Birmingham. En Angleterre depuis 21 ans, il est aujourd’hui installé dans le Hertfordshire. «Je suis pour une démocratie qui reflète la société mauricienne dans son ensemble. Pas seulement dire que l’on vit dans un pays arcen-ciel et multiethnique, mais donner des chances égales à tous», affirme-t-il. Pourquoi le droit de vote de la diaspora lui tient à cœur ? «J’ai toujours été passionné par la politique et j’ai suivi les élections à Maurice.» Covilen Narsinghen est-il proche d’un parti ? «J’ai des affinités. Mais je n’a jamais été membre d’un parti politique à Maurice.»

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