Liberté de la presse: Maurice perd 5 places au classement mondial

Avec le soutien de

Reporters sans frontières (RSF) a publié ce mardi 20 avril son classement mondial pour la liberté de la presse 2021. Maurice passe au 61e rang sur 180 pays. Soit une baisse de 5 places par rapport à 2020.

L’organisation y pointe en titre l’indépendance des médias «mise à mal» et nuance l’exemple pour l’Afrique que le pays représente en matière de démocratie.

Voici ce qu’écrit RSF : «Maurice a beau être l’un des pays africains salués comme des modèles de démocratie et de respect des droits humains, le paysage médiatique y est fortement polarisé et reste très marqué par l’influence des personnalités du monde politique ou économique qui en assurent le financement ou la promotion. 

D’un côté, la radio télévision nationale et les médias proches du pouvoir versent très souvent dans la propagande, tandis que ceux plus favorables à l’opposition sont susceptibles d'être mis à l'écart : à la suite de la marée noire de juillet 2020, deux des plus importants médias de l’île, le quotidien L’Express et la radio privée Top FM, ont été systématiquement boycottés par le gouvernement, et leurs journalistes n’ont pas pu assister aux conférences de presse du Premier ministre sur le sujet. 

De l’autre, la liberté de ton, bien réelle, vire parfois au sensationnalisme, voire aux dérives déontologiques et nuisent à la qualité des informations produites. Dans ce contexte, le manque d’indépendance de l’organe de régulation ne contribue pas à l’émergence d’un journalisme de qualité. Les sanctions ciblent très souvent les médias proches de l'opposition, comme en décembre 2020, lorsqu'une radio a écopé d’une interdiction de diffusion de 72 heures après qu’un syndicaliste a qualifié le Premier ministre indien Narendra Modi de «raciste». Les pressions économiques et la distribution inégale des revenus publicitaires contribuent également à l’autocensure. Enfin, le cadre légal n’est pas protecteur pour les journalistes mauriciens, qui peuvent être condamnés à de la prison ferme pour des publications jugées d'outrages à l'ordre public. Depuis 2018, des amendements à la loi sur l’information et les télécommunications permettent de sanctionner de peines de prison les auteurs de contenus en ligne «contrariants» ou «dérangeants».»

Pas sûr que les amendements suggérés à l’Information and Communication Technologies Act vont permettre de remonter dans le classement l’an prochain.

Pour rappel, depuis 2013, la place la plus basse de Maurice était au 70e rang en 2014 et la meilleure en 2018, 2019 et 2020, en 56e position.

Au niveau mondial, RSF cible la désinformation et la crise Covid-19.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
Suivez le meilleur de
l'actualité à l'île Maurice

Inscrivez-vous à la newsletter pour le meilleur de l'info

OK
Pour prévenir tout abus, nous exigeons que vous confirmiez votre abonnement

Plus tardNe plus afficher

x