Santé: absence de données sur ces principaux maux qui nous rongent

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Si le Covid-19 monopolise l’attention depuis l’année dernière, les Mauriciens continuent de mourir d’autres maladies.

Si le Covid-19 monopolise l’attention depuis l’année dernière, les Mauriciens continuent de mourir d’autres maladies.

Depuis 1975, un rapport annuel sur les statistiques de santé est publié à Maurice. Et pour Rodrigues, cette pratique se fait depuis 1988, lit-on justement dans le dernier Health Statistics de 2019. Un inventaire déterminant pour définir les axes prioritaires suivant les causes de mortalité les plus récurrentes chez les Mauriciens. Ces dernières restent-elles inchangées ? Y a-t-il une progression de certaines ma- ladies devenues vectrices de décès en 2021 ?

Hélas, les dernières mises à jour ne sont pas disponibles depuis 2019, alors pour le Covid-19, le décompte se fait quotidiennement. Pourquoi ? «Des enquêtes régulières se font à intervalle de cinq ans. En 2020, on ne l’a pas fait à cause du Covid-19. Cela devait être réalisé en 2021 mais vous voyez que l’île est à nouveau frappée par la pandémie. C’était pourtant prévu», explique le Dr Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé à Maurice.

De son côté, le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien directeur des services de santé au ministère de tutelle, précise que chaque département doit envoyer ses données et faire des mises à jour.

«Peut-être que ces données n’ont pas encore été préparées face à l’accent mis sur le Covid-19. Les équipes travaillant sur les maladies causant des décès, devraient continuer à le faire. Ce sont des enjeux nationaux qu’il faut gérer quotidiennement pour la bonne santé de la population», commente, pour sa part, Ramesh Purrunsingh, porte-parole du Comité amélioration de la santé.

En effet, l’incontournable Non-Communicable Diseases (NCD) Survey n’a pu se concrétiser l’an dernier, confirme-t-il. L’édition précédente, datée de 2015, sonnait déjà l’alarme sur les maladies cardiovasculaires et le diabète, responsables de la mort de la majorité des Mauriciens. Six ans plus tard, ces maladies non-transmissibles progressent-elles ou déclinent-elles ? En l’absence de nouvelles données, d’études et de tests de dépistage réguliers, les médecins peinent à esquisser un tableau précis sur leur ampleur. Toutefois, les observations en milieu médical sont alarmistes.

«La racine du mal est d’origine cardiovasculaire. Ceci constitue le plus gros pourcentage de décès à Maurice. S’y rajoutent le diabète, l’obésité, la malbouffe, la sédentarité et une hygiène de vie précaire en général. Enfant, on a été mal informé comment bien se nourrir et se comporter», observe le Dr Mike Sooknundun, directeur de la Clinique du Nord. Avec une hausse de cas, le cancer est tout aussi récurrent, même s’il ne détrône pas les maladies cardiaques, toujours en pole position des mortalités locales, estime-t-il.

Concernant le diabète, qui plafonnait à 20,5 % de Mauriciens atteints de cette maladie en 2015, il pourrait officiellement dépasser la barre de 25 % en 2021, voire plus. Car beaucoup de Mauriciens ignorent qu’ils en souffrent comme ils ne se font pas dépister. «En sus de cette catégorie, il ne faut pas négliger les pré-diabétiques qui sont à la hausse. Dans la pratique médicale, on ne voit. Bien sûr, il faut aussi des chiffres nationaux à l’appui», indique-t-il. Le taux de Mauriciens pré-diabétiques était de 19,4 % en 2015, selon le NCD survey.

De plus, de telles comorbidités sont propices à une plus grande fragilité en cas de Covid-19, ajoute le médecin. Comme la population est confinée, il faut redoubler d’efforts pour la pratique d’activités et la proscription d’aliments trop riches, gras et sucrés.

Pour Ramesh Purrunsingh, bien que les nouvelles technologies et infrastructures soient davantage disponibles en santé, les efforts doivent être consentis sur la lutte contre les maladies conduisant à la mortalité de la population. «On ne peut tout mettre sur le dos du Covid-19. Personne n’a certes prévu ce virus, mais le combat contre les maladies qui tuent doit être continu», déclare-t-il. Il ajoute que Maurice dispose de médecins et de personnel qualifiés pouvant contribuer aux traitements et préventions adéquats. Évidemment, rétorque-t-il, ceci doit être complémenté par la responsabilité des citoyens, qui doivent être plus avertis sur les composants et effets de leur consommation.

Idem pour la pratique sportive nullement inculquée au sein de la population. Dans cette lignée, il suggère l’introduction d’une matière spécialisée en santé dans le cursus scolaire dès le primaire.

3 440 décès liés aux maladies circulatoires

D’après les «Health Statistics» de 2019, 3 440 Mauriciens sont décédés de maladies circulatoires. Cela inclut les problèmes cardiovasculaires, les infarctus du myocarde, les insuffisances cardiaques, des cas d’accident vasculaire cérébral, l’hypertension etc. Le diabète était aussi évoqué comme principale cause pour 2 413 décès en 2019. Ensuite, on trouve le cancer avec 1 441 mortalités, suivi des causes externes (accidents, suicides, entre autres) chiffrées à 507. Le rapport répertorie 10 911 décès liés à d’autres maladies en 2019.

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Le jeudi 31 mars, c’est Maneesh Gobin qui s’est chargé d’annoncer que le confinement sera prolongé jusqu’au 30 avril mais qu’il y aura une reprise partielle de certaines activités. Comment les Mauriciens vivent-ils cette situation sanitaire? Retrouvez tous nos articles dans ce dossier.


Le mardi 9 mars 2021 vers 21 heures, le Premier ministre a prononcé une allocution télévisée pour annoncer un confinement national du 10 au 25 mars. Une annonce qui rappelle celle de l’année dernière. Le 19 mars 2020, Pravind Jugnauth avait décrété un confinement national à partir du lendemain.  

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