Suspension du Parlement: «J’ai décidé d’avoir recours à la justice», affirme Boolell

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Arvin Boolell était face à la presse hier.

Arvin Boolell était face à la presse hier.

Arvin Boolell a expliqué, face à la presse, hier, pourquoi il a changé d’avis après avoir dans un premier temps indiqué qu’il présenterait ses excuses après sa suspension indéfinie du Parlement, la semaine dernière. «Il est vrai que j’ai écrit que je pardonne mais n’oublie pas. Sauf qu’après consultations, j’ai décidé d’avoir recours à la justice.»

Le député de Belle-Rose – Quatre-Bornes dénonce un gouvernement qui opère dans l’opacité et qui fait fi des institutions comme le Parlement. «Plus tôt, lors de la PNQ (hier), nous avons appris qu’il n’existe aucun procès-verbal des 29 réunions du High- Level Committee sur le Covid-19 tenues depuis le 1er mars de cette année. Nous faisons face à des gens qui encouragent la corruption et la fraude avec des proches du pouvoir et leur famille qui, notamment, créent des Special Purpose Vehicles et attendent que des hôtels aillent en administration pour acheter des biens.»

Pour Arvin Boolell, il est amplement justifié de porter sa suspension en cour. Il est sûr et certain que l’affaire sera traitée rapidement par la Cour suprême. «Ils font fi du Parlement à chaque fois à cause de la tyrannie du nombre avec un système électoral dépassé et des Standing Orders périmés. La démocratie mérite mieux et j’espère un ruling de la Cour suprême le plus tôt possible.»

De son côté, le président du Parti travailliste (PTr), Patrick Assirvaden, a soutenu que la place d’Arvin Boolell est au Parlement. «Après consultation, c’est lui qui prend la décision finale. Le groupe parlementaire et le PTr soutiennent sa décision d’avoir recours à la justice.»

Il ajoute que le speaker n’est pas le seul que les rouges blâment. «Pravind Jugnauth est celui qui a nommé et décoré Sooroojdev Phokeer. C’est aussi lui qui, la semaine dernière, a porté la motion pour suspendre les trois députés pour toute la session.» Patrick Assirvaden précise que le PTr alertera des organisations internationales.

Quant à Shakeel Mohamed, il a fait valoir qu’à aucun moment, dans les Standing Orders, provision n’est faite pour donner le pouvoir au Premier ministre (PM) de décider de la durée de la suspension d’un membre du Parlement. «C’est illogique qu’un PM, qui est un adversaire politique, décide du nombre de jours de suspension. Il n’a pas le droit d’agir de la sorte. S’il est vrai que cela a déjà été le cas dans le passé, c’est toutefois un point qui n’a jamais été considéré par une cour de justice. Nous étudions toutes les possibilités pour Arvin Boolell.»

Pour Shakeel Mohamed, Sooroojdev Phokeer est un «cas désespéré et sans espoir» et Arvin Boolell gagnerait à demander une injonction pour un ordre intérimaire, comme l’a déjà fait Paul Bérenger dans le passé après sa suspension par feu sir Ramesh Jeewoolall, ancien speaker. «Navin Ramgoolam, comme un bon démocrate, avait alors décidé de réintégrer Paul Bérenger alors que le jugement de la cour était défavorable à ce dernier.»

Pour finir, Ritesh Ramphul est revenu sur l’origine des expulsions et suspensions de Boolell, Bérenger et Bhagwan de l’Assemblée nationale la semaine dernière. «Les trois senior members ont tous les droits d’objecter à l’enlèvement du Hansard de la question de Patrick Assirvaden portant sur Showkutally Soodhun, un ambassadeur payé des deniers publics. Si Pravind Jugnauth est un vrai démocrate, qu’il suive le pas de son prédécesseur et vienne de l’avant avec une motion pour réintégrer les trois parlementaires.»

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