Ananda Devi: «la révolte naît du spectacle de la déraison»

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@copyright H. Anenden

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Comment vit une écrivaine en temps de confinement ? L’enfermement transforme-t-il l’artiste ou la philosophe ? Quelle est la place de la philosophie quand on reste enfermé dans une chambre ? Sans détour, Ananda Devi, l’une de nos plumes les plus fines, prolifiques et étudiées à travers le monde, avoue qu’elle devient «féroce». Comme elle ne voyage plus pour participer à des événements littéraires, elle a terminé deux romans et écrit une pièce de théâtre, tout en regardant le passage des saisons dans son jardin en France. «Depuis mes débuts en écriture, j’ai eu pour consigne de ne jamais avoir peur de ce que j’écrivais. Mon prochain roman heurtera des sensibilités, mais je me tiendrai à cet engagement. Je n’ai plus de temps à perdre», prévient-elle. À bas les masques, elle jette un regard sans concession, sans fard, sur la pandémie, le reconfinement et les liens humains. «Au bout d’un an, les regards deviennent les messagers, parce que les sourires sont masqués…»

«Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte», écrivait Albert Cohen. Vous avez commencé votre papier sur le confinement de l’an dernier avec cette citation de Cohen, avant de poursuivre : «Cela signifiet-il que nous sommes, comme l’écrit Cohen, si seuls que nos douleurs sont une île déserte ? Le confinement est-il une sorte de désertification intérieure aussi bien qu’extérieure ?» Un an après, votre regard sur le confinement et la pandémie a-t-il évolué ? Si oui, comment…
Un an, déjà : ici, dans l’est de la France, confinements et couvre-feux se sont alternés dans une même apparence de désordre. Un an que je suis chez moi, regardant le passage des saisons dans le jardin. Deuxième printemps de pandémie. Beau et triste. À force d’être assise devant mon ordinateur, je deviens une femme-tronc, dont seuls les doigts bougent et le cerveau fonctionne… (Je ne plaisante qu’à moitié). Mon regard sur la pandémie n’a pas forcément changé, et le texte que j’ai écrit l’année dernière est toujours d’actualité, hélas !

Mais il nous faut approfondir la réflexion davantage, et ce, de manière urgente, pour préparer la sortie de la pandémie et surtout pour en éviter d’autres. Il ne s’agit pas de voir cette crise de façon ponctuelle mais comme la conséquence d’un ensemble de facteurs qui ont créé the perfect storm.

Une désertification ? Le mot me semble malheureux, aujourd’hui. Je ne crois pas que le confinement soit une désertification, mais une solitude, oui, même pour ceux qui sont en famille. Une solitude parce que le contact humain, charnel, est devenu non seulement quasi impossible, mais une source d’angoisse. On se surprend à s’écarter des autres. À imaginer ce virus qui danse dans l’invisible pour nous envahir traîtreusement, l’ennemi embusqué et mortel qui nous guette. L’élan premier d’offrir les bras, un accueil du corps, ce qu’est littéralement l’embrassade, est interdit. Au bout d’un an, les regards deviennent les messagers, parce que les sourires sont masqués. Si ce coup de semonce ne nous amène pas à remettre en question nos pratiques individuelles et collectives, je ne sais pas ce qui pourra le faire.

Le temps passe, rien n’est statique. Et Donald Trump n’est plus à la tête de la première puissance économique. Est-ce que cela change quelque chose à l’éventualité qu’on puisse espérer, ce que vous appelez, «un sursaut de l’infime pourcentage de ceux qui détiennent la richesse du monde ? Comprendront-ils à quel point la disparité entre leurs milliards et ce que gagnent les plus pauvres est une ignominie, une immonde infamie» ?
Ce fut bien sûr un grand soulagement… Les mesures prises par Biden dès les premiers jours de son mandat permettent d’espérer un peu, surtout par rapport au climat, aux migrants et au montant du package d’aide à ceux qui sont le plus affectés par la pandémie. Mais non seulement il n’est pas libre de prendre toutes les décisions nécessaires (il est après tout lui-même un politicien de l’establishment, soumis aux diktats du parti, de l’opposition, des lobbys et des financiers), Trump, lui, n’est pas vraiment parti : il a fait des petits, ou plutôt des émules et des suiveurs qui ne baisseront pas les bras pour autant. Le monstre est bien plus grand que lui : il comprend à la fois une partie de la population bernée par ses promesses, ces white supremacists qui ont envahi le Capitole, les fous furieux de QAnon, ainsi que l’infime pourcentage de grosses fortunes dont je parlais.

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Et non, ils n’ont pas compris, ils n’ont pas fait les gestes attendus pour aider ceux qui se sont retrouvés sans ressources et sans travail, ou alors seulement avec des gestes bien dérisoires, alors même qu’ils ont continué à s’enrichir pendant la pandémie. Elon Musk engloutit des milliards dans son projet de colonisation de Mars, avec des fusées qui explosent régulièrement. Pourquoi ? Parce qu’il pense qu’il n’y a pas d’espoir pour notre planète. Mais ce que ces milliards pourraient, s’ils étaient réinvestis dans notre planète pour en faire un habitat capable de supporter toutes les formes de vie,y pense-t-il seulement ? Non, c’est un âne bâté obsédé par l’argent et par ses fantasmes de science-fiction. Quant à Jeff Bezos, faut-il même en parler ? Il engraisse de jour en jour, caressant sa vache à lait : le monde. Amazon boit à même le pis de la vache que nous sommes devenus, et pendant ce temps ses employés sont traités comme des robots avant d’être remplacés par des machines, ce qui est déjà en cours.

En Inde, la plupart des milliardaires n’ont pas offert une bouteille d’eau aux travailleurs journaliers forcés de quitter les villes pour retourner dans leurs villages, à des centaines de kilomètres de là. Mais ils ont affrété des jets privés pour rapatrier leur progéniture.

J’utilise là des exemples extrêmes, parce que la situation est extrême. Comment rétablir un semblant de justice, d’équité, d’intégrité ? Ces mots qui semblent si beaux sont perdus dans la cacophonie ambiante. Or, c’est cette question-là qui doit se poser aux plus hauts niveaux comme au niveau des individus. Car, dans les démocraties, l’individu est supposé compter. Mais si l’individu abandonne son libre-arbitre, son libre-choisir, pour se laisser emberlificoter par ceux qui n’ont rien à foutre de lui, c’est aussi sa responsabilité. Et donc, c’est ce mot que je choisirais de souligner aujourd’hui : responsabilité. Par rapport à nous-mêmes, aux autres, à nos enfants, à l’avenir.

 Ici à Maurice, depuis mercredi dernier, nous sommes à nouveau confinés en raison d’une seconde vague du coronavirus. Positivons. En quoi cette rupture avec nos habitudes peut-il être salutaire ? Elle est salutaire parce qu’il n’y a, hélas, pas vraiment le choix. À ce jour dans le monde, plus du double de la population de Maurice est mort du Covid-19. N’en doutons pas, ce virus tue. Il n’y a pas vraiment de moyens de se protéger, autres que les consignes archi-répétées et, en cas de nouvelles infections comme on vient de le constater à Maurice, un confinement pour éviter la flambée. Cela implique l’engagement de l’État (à condition qu’il y ait une communication et une planification adéquates !) mais aussi celui des Mauriciens eux-mêmes.

C’est ce que je voulais dire plus haut par responsabilité. Nous ne sommes pas des enfants à qui l’on doit rappeler les règles élémentaires, cette crise nous concerne tous et c’est aussi à nous de faire le nécessaire pour l’enrayer. Ceux qui tentent d’échapper à la quarantaine obligatoire à l’arrivée à Maurice mettent tout le monde en danger. Quel est leur sens de la responsabilité ?

Mais c’est un fait que nombre de gouvernements ont fait des erreurs, non seulement parce qu’ils ne s’attendaient pas (tout au moins au début) à l’ampleur de cette catastrophe, mais aussi parce qu’ils s’efforcent de ménager la chèvre et le chou, c’est-à-dire leur électorat et l’urgence sanitaire. Ne parlons pas des abus qui ont eu lieu dans certains pays où des contrats juteux de fourniture en équipements sanitaires ont été offerts aux proches et aux amis ! Comment peuvent-ils demander aux populations de leur faire confiance quand ils ont encore et encore trahi cette confiance ? Quand comprendront-ils que l’enrichissement personnel ne les sauvera pas si la planète s’effondre ?

Ce que je disais plus haut au sujet des grosses fortunes s’applique aussi aux gouvernements : vous avez une responsabilité par rapport au monde, puisque vous avez choisi d’être au pouvoir. Regardez-vous en face. Soyez à la hauteur de votre tâche. Il y va de la vie humaine.

L’écrivaine prolifique que vous êtes travaille-t-elle davantage dans cette situation d’enfermement collectif ?
Oui, heureusement ! Les écrivains sont souvent des créatures solitaires, et le confinement ne leur est donc pas trop difficile. Je me suis rendu compte que je pouvais davantage me consacrer à mon travail que lorsque je devais voyager et participer à des événements littéraires comme je le fais d’habitude. J’ai terminé deux romans, dont l’un sortira en septembre, écrit une pièce de théâtre et poursuivi l’écriture d’autres textes entamés. Je me rends compte cependant que je deviens plus féroce ! Depuis mes débuts en écriture, j’ai eu pour consigne de ne jamais avoir peur de ce que j’écrivais. Mon prochain roman heurtera des sensibilités, mais je me tiendrai à cet engagement. Je n’ai plus de temps à perdre.

Comment la société et le monde changent depuis l’avènement du Covid-19 ?
J’aurais beaucoup de difficulté à répondre à cette question. D’abord, parce que les pays ne sont pas tous égaux face à la pandémie, et aussi parce que les couches sociales n’en subissent pas les conséquences de la même façon. Dans un monde en chaos, l’individu est celui qui souffre le plus, parce qu’il n’a pas de pouvoir décisionnel. La personne isolée dans un studio d’une grande ville se sent encore plus seule. Les familles entassées dans des lieux étroits sont soumises à un stress encore plus grand. Ceux qui pensent à leur emploi menacé ou perdu ne voient aucune issue possible, du moins pour l’instant. Les plus aisés sont bien sûr, comme toujours, les moins affectés.

C’est pour cela que je parlais de ce besoin de repenser la répartition des richesses, et réparer le déséquilibre, les injustices, les désastres dont le libéralisme forcené est responsable. Je ne crois pas que la société et le monde aient changé pour l’instant, malgré les avertissements que la terre et la nature ne cessent de nous donner. En tout cas pas suffisamment pour faire une différence. J’ai bien peur que dès que la propagation du virus sera maîtrisée, nous reprendrons nos vieilles habitudes de consommation excessive comme si rien ne s’était passé.

Je ne souhaite pas me poser en donneuse de leçons, je n’ai aucune légitimité pour cela, et le monde est bien trop complexe pour que l’on puisse saisir toutes les ramifications de cette crise sanitaire. Je ne peux qu’avoir une opinion, qui n’engage que moi. Une réflexion que je peux partager, et qui n’est souvent que truismes, car certaines vérités sont connues depuis longtemps. Mais si on ne répète pas cette évidence que nous sommes responsables de notre terre, de notre présent, de notre futur, tous en tant qu’humains et tous en tant qu’individus, à notre propre échelle, il est trop facile de l’oublier et de continuer avec nos habitudes comme si le monde s’arrêtera avec nous.

«Ce coup de semonce doit  remettre en question  nos pratiques individuelles  et collectives.»

Bien sûr que non ! Si je puis me permettre : que vous inspire cette pensée du philosophe Blaise Pascal, au 17e siècle : «Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre» ?
Cette phrase est bien entendu ironique, Pascal parlait des habitudes de la Cour royale, des «agitations» qui y ont lieu, et des guerres. Elle ne s’applique donc pas à tous ceux qui n’ont pas cette possibilité de demeurer en repos puisqu’ils doivent survivre, c’est-à-dire la plupart d’entre nous. Proust dirait sans doute la même chose. Peut-être les artistes et les écrivains aimeraient-ils cela, rester dans une chambre tout en continuant à créer …Et même eux se doivent d’être dans le monde. J’aurais aimé, de par ma nature, être hors du monde. Mais je sais que ce n’est pas possible. Être écrivain, c’est être dans l’engagement. Je ne peux pas être hors du monde. Et aujourd’hui – ce n’est pas pour dire que ce que je dis a plus d’importance – je pense qu’il faut d’autres voix, des voix qui ne sont pas dans une posture, dans un discours, des voix qui ne se doivent qu’à elles-mêmes, c’est-à-dire à leurs convictions…

…le moment d’arrêt que nous traversons est un moment intrinsèquement philosophique. Que peut nous apporter la philosophie en ce moment ?
Beaucoup ont relu La peste d’Albert Camus au cours de cette année. J’ai aussi relu Camus, mais c’est dans L’homme révolté que j’ai trouvé des échos à notre époque : «Le miroir brisé, il ne reste rien qui puisse nous servir pour répondre aux questions du siècle.» Ou encore : «La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible. Mais son élan aveugle revendique l’ordre au milieu du chaos et l’unité au cœur même de ce qui fuit et disparaît.» Les voix comme celle de Camus peuvent nous éclairer sur notre humaine condition, sur notre destin et notre devenir.

Des philosophes contemporains comme Yuval Noah Harari dans son opus Sapiens : une brève histoire de l’humanité nous obligent également à confronter nos actes en tant qu’humains, et ce qui nous a conduits jusqu’à cet instant précis où nous semblons vaciller au bord du gouffre. Dans la conclusion de ce livre, il écrit ceci : «Par malheur, le régime de Sapiens sur terre n’a pas conduit à grand-chose dont nous puissions être fiers. Nous avons maîtrisé ce qui nous entoure, accru la production alimentaire, construit des villes, bâti des empires et créé de vastes réseaux commerciaux. Mais avons-nous fait régresser la masse de souffrance dans le monde ? (…) Self-made-dieux (…), nous n’avons de comptes à rendre à personne. Ainsi faisons-nous des ravages parmi les autres animaux et dans l’écosystème environnant en ne cherchant guère plus que nos aises et notre amusement, sans jamais trouver satisfaction. Y a-t-il rien de plus dangereux que des dieux insatisfaits et irresponsables qui ne savent pas ce qu’ils veulent ?»

Il a raison, bien sûr, mais ce «nous», qui désigne-t-il ? S’applique-t-il à vous et moi comme individus, aux gouvernants, aux multinationales, aux peuples? Ce «nous» semble ne pas prendre en compte les milliards qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, victimes des guerres, des famines, des catastrophes climatiques qui secouent la planète. Car eux ne sont pas des «dieux satisfaits et irresponsables» mais bien leurs victimes.

C’est ce que je voulais dire plus haut au sujet de mes propres réflexions : elles ne s’appliqueront jamais à tout et à tous, mais doivent être comprises dans un contexte plus restreint, et ne seront jamais que des opinions. La philosophie nous apprend à nous interroger, à questionner, à utiliser notre propre jugement pour comprendre le monde. Elle est d’autant plus importante que nous sommes aujourd’hui assaillis, non d’opinions ou de réflexions, mais de déclarations intempestives énoncées comme des vérités. Vraies, fausses, absurdes, fondées, toutes bénéficient du même statut et sont reçues en tant que telles. On ne compte plus les diverses théories concernant l’origine du virus qui ont circulé pendant cette dernière année.

Comment faire la part des choses ? L’avènement de l’Internet et ses ramifications sous forme de réseaux sociaux n’a pas conduit à un plus grand accès à la connaissance et à une informationfiable, mais au détournement de l’information de sorte que l’on ne puisse plus déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux. Les médias qui ont bâti leur réputation sur le concept d’informations fondées sur des faits et sur une certaine objectivité sont devenus des îlots de plus en plus assiégés par un tsunami impossible à maîtriser. Sans notre faculté de jugement, notre common sense, notre simple rationalité, ce sera de plus en plus facile de nous manipuler, de faire de nous des marionnettes dansant sur des musiques discordantes, de nous rendre moins que nous-mêmes, de nous faire oublier notre humanité.

«Nous avons bâti un monde  fait d’illusions et nous nous  félicitons de cette technologie  quand nous avons aussi  contribué à bâtir un monde  où il n’est plus possible de nous toucher.»

Les liens humains «se reconfigurent, se réinventent». Le numérique joue un grand rôle : il y a davantage d’échanges via Internet, des écrits, des photos, des conversations… Quels liens humains à l’heure du coronavirus ?
Oui, c’est à la fois une chance que nous puissions continuer à communiquer par le biais de ces liens virtuels, et donc continuer à travailler, à voir nos proches, à échanger, à vaincre l’isolement, et un spectacle néanmoins désolant de nous retrouver encore plus enfermés dans une bulle seulement peuplée de pixels. Qui sont ces êtres que nous voyons sur nos écrans ? Ils ressemblent à nos proches, mais sont des facsimilés. Leur voix est désincarnée. Les regards se perdent dans une dimension autre, et sont reconstitués presque instantanément, mais avec un décalage, l’obscure présence du vide qui nous sépare, une étrangeté accrue par le fait qu’une part de notre cerveau n’y croit pas tandis que tout nous dit que ces personnes sont bien réelles.

Nous avons bâti un monde fait d’illusions et nous nous félicitons de cette technologie quand nous avons aussi contribué à bâtir un monde où il n’est plus possible de nous toucher. Ce constat mélancolique est peut-être le résultat de cette année où l’incertitude a fait disparaître les balises rassurantes des habitudes, et provient aussi de ma nature propre, de ce sentiment d’être une observatrice sur les rives d’un grand flux dont je ne fais pas partie, figée dans une contemplation inquiète. Cela dit, je pense que nous retrouverons vite, une fois la crise résolue, nos liens humains naturels, parce que, justement, nous avons appris que les écrans ne parviendront jamais à les remplacer. Au contraire, nous saurons d’autant mieux les apprécier qu’ils nous ont si profondément, si puissamment manqué. Non, nous ne sommes pas seuls. Nous saurons mieux l’apprécier, dorénavant.

Je reviens sur une question précédente : quel peut être donc le rôle du philosophe en temps de pandémie ?
Votre question paraphrase la fameuse question d’Hölderlin, et je voudrais donc, pour y répondre, citer un autre passage de ce poète et philosophe : «Et ouvertement je vouai mon cœur à la terre grave et souffrante, et souvent, dans la nuit sacrée, je lui promis de l’aimer fidèlement jusqu’à la mort, sans peur, avec son lourd fardeau de fatalité, et de ne mépriser aucune de ses énigmes. Ainsi, je me liai à elle d’un lien mortel.»

Peut-être les philosophes nous apprennent-ils à vouer notre cœur à la terre souffrante, à nous lier à elle à jamais ? Ce serait là un beau message… Comme je le disais plus haut, je pense que leur rôle est de nous interroger et de nous amener à nous interroger, à prendre le recul nécessaire pour appréhender le monde comme un tout et non à la mesure d’un espace étriqué qui n’offre aucune place à l’autre, à comprendre avant de condamner. Leur voix serait celle de la mesure face aux dérives et aux excès et aux intégrismes qui gangrènent le monde, elle comprendrait l’ambiguïté qui nous caractérise et s’élèverait contre les postures trop tranchées, trop dogmatiques. Surtout, elle nous rappellerait le sens de notre humaine présence sur terre.

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