Dr Zaheer Allam: «L’environnement doit susciter des émotions…»

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Comment avez-vous accueilli votre nomination comme président du National Youth Environment Council, par le Conseil des ministres, le vendredi 19 février?
J’ai été agréablement surpris. D’autant plus que je ne suis pas dans la politique. En fait, j’ai soumis ma demande en vue de faire partie du conseil, mais j’ai été conduit à la présidence. Je vais prendre connaissance des actions et des décisions importantes que le Conseil pourra prendre, mais aussi à quelle vitesse on pourra le faire. On n’a pas le pouvoir d’implémentation, certes, mais on pourra faire des recommandations au Premier ministre, qui, à son tour, pourra les canaliser vers les départements concernés.

Vous avez justement eu une rencontre avec le Premier ministre, Pravind Jugnauth, le lundi 1er mars. Qu’en est-il ressorti ?
Il m’a dit qu’il voulait quelqu’un de neutre pour présider ce conseil. Je trouve que c’est une bonne décision parce que l’environnement transcende la politique. Je lui ai exprimé mon souhait d’avoir une approche policy-driven, et non réaliser des projets uniquement. Je souhaite influencer les politiques de l’État. Déjà, dans le cadre du Budget 2021-2022, je souhaite que le conseil puisse faire des recommandations. Ensuite, je souhaite proposer la présentation d’un climate plan afin d’atteindre les objectifs fixés par des instances internationales.

Quel est le plus grand défi auquel fait face notre environnement ?
Je dirai que c’est la décarbonisation de l’économie. Cela, afin de nous aligner avec les objectifs climatiques fixés au niveau international. À cet effet, on compte engager des discussions sérieuses avec la jeunesse du pays. Cela pourrait paraître ambitieux, mais les jeunes veulent trouver des résultats très vite. On va devoir aller vers des réflexions innovatrices.

Diriez-vous que tous les jeunes du pays sont concernés par l’environnement ?
Oui, la plupart. Les jeunes, voire les moins jeunes tant qu’on y est, ne sont pas insensibles à l’environnement. Tout le monde est concerné. Cela dit, il faut qu’il y ait des campagnes de sensibilisation constantes à ce sujet. Il faut que l’environnement soit une question qui suscite des émotions. Et on a vu cela lors du naufrage du MV Wakashio.

En effet, les actions d’une personne par rapport à l’environnement sont aussi influencées par l’aspect psychologique. Par exemple, si un individu trouve qu’un lieu est dans un état insalubre, il risque de le considérer comme un dépotoir, et lui aussi peut y jeter des déchets. Et si l’on trouve un endroit propre, on ne voudra pas le salir. Mais encore une fois, il nous faut faire des campagnes de sensibilisation régulièrement.

Quid des amendes pour non-respect de l’environnement ?
Il n’y a pas que des pénalités mais aussi tout le processus de faire respecter la loi qui doit nous interpeller. Par exemple, on peut avoir une loi mais pas suffisamment de ressources humaines pour la faire respecter… On doit réfléchir sur toute la question.

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