Dans la presse du… 24 février 1999: l’économie paralysée après trois jours d’émeutes généralisées

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Des scènes de violence ont secoué Goodlands, Roche-Bois et d’autres endroits.

Des scènes de violence ont secoué Goodlands, Roche-Bois et d’autres endroits.

Le mercredi 24 février 1999, l’express fait le point après trois jours d’émeutes qui ont débuté dimanche soir. Il n’y a presque plus d’activités administratives et économiques depuis la veille dans l’après-midi alors que les émeutiers commencent à s’attaquer aux commerces. Dans la soirée, la situation se dégrade, des scènes de violence se multipliant avec une rare intensité dans divers endroits. Les affrontements entre les forces de l’ordre et des émeutiers font deux morts à Bambous. 

Rien que dans la capitale, une trentaine de véhicules sont incendiés. Des foyers d’incendie au milieu de certaines routes brûlent toujours dans la matinée du mercredi. Les affrontements et les scènes de pillage se poursuivent jusqu’à tard mardi surtout dans la capitale, aux villes soeurs, à Curepipe et dans des villages. La maison de la ministre Indira Sidaya à La Louise, Quatre-Bornes, est attaquée par une cinquantaine d’émeutiers. 

Les mêmes scènes de désolation sont visibles dans ces régions : bâtiments saccagés, véhicules incendiés, commerces pillés, routes bloquées par des débris. Grande-Rivière est le théâtre de violents incidents en fin d’après-midi et dans la soirée. L’accès vers Pointe-aux-Sables est toujours bloqué le mercredi matin, et la Special Mobile Force essaye de déblayer la route. 

À la prison de Grande-Rivière, des émeutiers foncent la principale porte d’accès à l’aide d’un tracteur. Une deuxième porte est mise hors service, avant qu’environ 250 prisonniers ne prennent la fuite. Quatre prisonniers résistent à cette tentation d’évasion. Interrogés par l’express, ils expliquent qu’ils ont entre une semaine et 10 mois de peine à purger. 

À Grande-Rivière et Roche-Bois, les routes sont difficilement praticables car les débris sont très importants après une nuit d’émeutes et de pillage. À Roche-Bois, des bâtiments, des véhicules, les stations d’essence Total et Esso, et les panneaux de signalisation sont saccagés ou incendiés. À Beau-Bassin, la maison Kentucky et le supermarché Spar sont mis à sac et pillés. Une dizaine de personnes sont arrêtées dans le cadre de ce pillage. 

À Curepipe, des éléments de la SMF ont recours aux cartouches de gaz lacrymogènes pour réprimer les émeutiers. Un membre de la rédaction de l’express est touché à la jambe par une balle en caoutchouc. 

À Pailles, où des groupes de gens se tiennent toujours aux abords de l’autoroute aux alentours de 00 h 30 le mercredi matin, des pneus sont incendiés au milieu de l’autoroute, alors qu’à l’intérieur de ce quartier des émeutiers tentent de s’attaquer à la police. Dans la région de Rivière-Noire, des scènes de violence sont aussi enregistrées, de même qu’à Flacq et dans le Nord. À Grand-Baie, des émeutiers saccagent des maisons de commerce. À Cité Ste Claire, Goodlands, des incidents sont également signalés. À Pamplemousses, des actes de vandalisme sont commis. 

Les différentes routes d’accès à l’intérieur de la région de Roche-Bois sont bondées de monde. Les habitants occupent les rues pour voir le déroulement de la situation sur le terrain, après une nuit d’affrontement lundi entre émeutiers et forces de l’ordre. Des gens ont déversé sur ces routes des débris divers, barres de fer, blocs de béton, pierres, carcasses de barils, entre autres. L’autoroute du Nord est, elle aussi, jonchée des débris. Le mercredi matin, l’express constate que la partie de l’autoroute située près de la passerelle est occupée par des émeutiers qui ont mis le feu aux pneus et morceaux de bois. Elle est fermée à la circulation routière. 

Plus loin, sur le terrain de foot de la localité, aux alentours de 17 heures mardi, d’autres groupes s’affairent pour décorer le podium spécialement aménagé par les autorités municipales pour accueillir la dépouille de Kaya. Ses funérailles sont prévues ce mercredi. Image lourde de sens : c’est dans l’indifférence générale que le corps du chanteur Kaya repose ce mercredi matin, vers 6 heures, sur le podium. Personne n’y est pour pleurer sa mort ou lui rendre hommage.

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