Malaisie: recours en justice contre une expulsion massive vers la Birmanie

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Des organisations de défense des droits de l'homme ont introduit un dernier recours légal en Malaisie pour tenter d'empêcher l'expulsion mardi de 1.200 migrants birmans vers leur pays d'origine où une junte a pris le pouvoir début février.

Les migrants détenus, parmi lesquels des membres de minorités vulnérables, ont été acheminés vers une base militaire de la côte occidentale de la Malaisie, où ils doivent être embarqués sur trois navires envoyés par l'armée birmane.

Les Etats-Unis et l'ONU ont critiqué cette expulsion, et ont demandé que le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) puisse avoir accès aux prisonniers afin de vérifier si certains sont des demandeurs d'asile.

Selon l'ONU, au moins six personnes sont enregistrées auprès du HCR et doivent bénéficier d'une protection nternationale.

Amnesty International et Asylum Access ont annoncé avoir déposé un recours lundi devant un tribunal de Kuala Lumpur pour mettre fin à l'expulsion.

«Cette démarche pour empêcher l'expulsion se fonde sur des informations provenant de groupes de réfugiés indiquant manifestement qu'il y a des demandeurs d'asile et des réfugiés parmi les personnes renvoyées en Birmanie», a déclaré Katrina Jorene Maliamauv, directrice d'Amnesty International Malaysia.

«Les violations des droits de l'homme commises par l'armée birmane à l'encontre des manifestants et des opposants ont été largement documentées. Si la Malaisie insiste pour renvoyer ces 1.200 personnes, elle prendra la responsabilité de les exposer à de nouvelles persécutions, violences et même à la mort», a-t-elle affirmé.

Toutefois, les migrants étant déjà arrivés sur la base de Lumut par camions et bus, escortés par des véhicules de police, la possiblité de faire appliquer une éventuelle décision de justice restait incertaine mardi.

L'armée birmane a pris le pouvoir début février, en renversant le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, ce qui a déclenché une campagne massive de manifestations.

La Malaisie a exprimé sa «sérieuse préoccupation» après le coup d'Etat, mais quelques jours plus tard, des informations ont fait état de son accord pour que la junte envoie des bâtiments de guerre récupérer les migrants détenus.

Les responsables malaisiens affirment que les personnes expulsées ont commis des infractions, comme d'avoir des visas périmés, et qu'aucun membre de la minorité Rohingya ne figure parmi elles.

Néanmoins, parmi ces personnes expulsées, se trouvent des membres de la minorité chrétienne et d'autres des Etats de Kachin (nord) et Shan (est), selon Lilianne Fan, directrice internationale de la Fondation Geutanyoe, qui travaille avec des réfugiés.

La Malaisie accueille des millions de migrants des régions les plus pauvres d'Asie -notamment de Birmanie, du Bangladesh et d'Indonésie-,  qui travaillent pour des salaires de misère, en particulier dans le bâtiment.

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