Cuisine universelle: Mauriciens «kontan nana»

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L’île Maurice a la particularité d’avoir su réunir l’Asie, l’Afrique et l’Europe dans sa cuisine.

L’île Maurice a la particularité d’avoir su réunir l’Asie, l’Afrique et l’Europe dans sa cuisine.

Oser parodier Shakespeare, «si bon manze is the food of love, give me excess of it», pour reprendre la leçon de «mauricianisme» que nous donne Isabelle Ramdoo dans l’express du 15 février 2021. Et aussi pour rajouter un peu de piquant !

Exemple, dholl Puri que des interlocuteurs à Bengalore ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam. Il paraît que c’est une particularité du Bihar. En revanche, dans un restaurant aux Pays-Bas dont la réputation culinaire est loin de faire l’unanimité, on en trouve mais la cuisine était du Surinam. Le top reste le nôtre, celui avec «so kari gro pwa, so rougay ek so pima zasar», sans oublier «so gato piman, so ladou usa so gato poutou ek so koko».

Le halim est dans tous les coins de rue populaire. Y compris sur les menus huppés à base de langouste. Le Bryani, n’en parlons pas ! Dans sa forme végétarienne ou de viande – bef meyer – mais il y en a qui prennent la liberté d’oser le porc, question de goût sans vouloir blasphémer. Celui qui prétend ne pas apprécier ces plats le fait souvent par racisme primaire.

Le mine chinois est dans le quotidien de toute la population aujourd’hui. «Ki li so bol mine buyi usa so mine frir» ou comme pour le briyani chinois, «diri frir, one of the best akoz so lake zognon ?», beaucoup de Mauriciens en raffolent incontestablement. Avec le pouvoir d’achat de nos jours, la population est de sortie plus souvent. Les restaurants chinois sont incontournables et ne sont plus localisés uniquement à Chinatown de Port Louis ou dans les villes. Ils sont partout, une sorte de must pour sortir en famille avec même des «tantines» en sari dans certains d’entre eux.

L’unanime rougaille n’est rien d’autre qu’une forme adaptée de la sauce tomate méditerranéenne, principalement italienne. Africaine quand nous y ajoutons, «so lay, so ditin persi avek so pom damour pou fer enn bon rougay». Quel qu’en soit l’apport, poisson ou viande, la base donne le plat le plus consommé du pays. Le top a depuis longtemps été celle de «sounouk» (notre jambon du pauvre) pour accompagner le riz de base, son bouillon de brède ou de grains secs (lentilles principalement).

La cuisine française y a apporté sa contribution. Elle continue à le faire mais on voit de plus en plus l’influence italienne dans nos plats (question climat, goût et facilité, sans aucun doute). Mais surtout pour enrichir davantage notre amour de «nana».

Il y en a beaucoup à citer comme exemple pour clamer, tout haut, que les plats cités ne sont plus et pas le monopole d’une seule «communauté». Ils sont «pou tou dimoune», les MAURICIENS, d’origine diverses pour rendre agréables et colorées nos assiettes, nos bouches, nos estomacs et… nos têtes. Nous avons cette chance inouïe de pouvoir réunir l’Europe, l’Asie et l’Afrique dans nos foyers et il n’en existe pas beaucoup dans le Monde qui peuvent en dire autant.

Une ex-collègue, venant d’une des plus grandes familles de sucriers (sorti «tabisman» sa) me disait qu’elle ne fréquentait pas l’ambassade de Maurice à Paris parce que ça «puait» le samoussa. Digne d’un racisme primaire comme il existe partout dans le monde, celui de l’obscurantisme qui fait beaucoup de victimes abattues lâchement chaque jour dans les rues. Des États-Unis d’Amérique (ou plutôt des Ununited States of America) à la Chine (au nom de la supériorité Han), de la Russie de Poutine, alors que leur grand poète Pouchkine avait du sang africain, à la «Grande Démocratie indienne» et ses castes, de l’Europe des Lumières (avec la montée de groupuscules d’extrême droite) jusqu’en Amérique latine où il ne fait pas bon d’être noir ou indien d’origine.

Si le gustatif pouvait faire raisonner nos «cocos, le noubanisme (ki pe rane nou peyi malad plis ki bizin)» n’aura plus sa place politique prépondérante depuis un certain nombre d’années dans «Lil Moris nou zoli payi». Un autre collègue à Pékin m’avait demandé : «Mais tu viens d’où toi, tu n’es pas comme nous? De l’Afrique, regarde comment je bouge mon ‘tawa’ en dansant». Le voici notre patriotisme mauricien, par sa richesse culinaire et musicale et la prétention que nous pouvons avoir d’être authentiquement Les manœuvres multiculturels.

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