Météo politique: Le froid s’installe entre les partenaires de l’opposition

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Après des «koz-kozé» qui avaient l’air plutôt chaleureux, la météo politique annonce un refroidissement. Il a fallu une déclaration d’un député du Parti travailliste (PTr) pour qu’une tempête secoue l’opposition. Lors d’une émission radiophonique diffusée au cours de la semaine écoulée, Eshan Juman a soufflé que le parti de Navin Ramgoolam est si puissant qu’il pourra seul, telle une bourrasque, balayer ses adversaires lors des prochaines élections municipales prévues avant le mois de juin et faire déferler une vague rouge sur les cinq villes.

Cette annonce arrive à un moment où le ciel était dégagé pour favoriser une entente entre le PTr, le Mouvement militant mauricien (MMM), le Parti mauricien social démocrate (PMSD) et le Reform party. Lors de la réunion sans nuage des leaders de ces partis, fin janvier, il était question qu’Arvin Boolell préside un comité pour discuter des modalités d’une alliance entre les partis concernés après la marche du 13 février.

Cependant, depuis quelques jours, il y avait de signes annonçant un sale temps pour l’opposition. Quand l’express avait interrogé un dirigeant du PTr la semaine dernière pour savoir si les pourparlers allaient reprendre en vue de ces élections municipales, il avait répondu : «Il faut attendre le bureau politique pour savoir s’il y en aura ou pas.»

«Nous en avions parlé au sein du MMM. Nous sommes blessés et ‘bien amerdé’… La situation est grave. Nous avons notre dignité (…) pas question de tenir une réunion des leaders des partis dans cette situation.»

Or, la réunion du bureau politique a eu lieu jeudi, après la déclaration houleuse d’Eshan Juman. Une réaction d’un dirigeant du PTr à l’issue de cette réunion aurait pu apporter une accalmie. Mais point de parapluie en vue. «Nous notons qu’aucun dirigeant du PTr n’a désavoué cette déclaration. Nous notons également que ce n’est pas un cas isolé. Depuis quelque temps, des dirigeants du PTr disent des choses négatives sur le MMM», observe le leader des Mauves, Paul Bérenger qui émet une pluie de critiques. À une question de la presse, le chef de file du parti du cœur a déclaré que ce genre de comportement affecte non seulement les discussions pour les municipales, mais bien plus. «Nous en avions parlé au sein du MMM. Nous sommes blessés et ‘bien amerdé’… La situation est grave. Nous avons notre dignité. Il n’est pas question de tenir une réunion des leaders des partis dans cette situation», gronde-t-il, sa moustache lançant des éclairs. Paul Bérenger en a également parlé avec Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain, mais pas avec Navin Ramgoolam.

Et ce type de climat instable affecte aussi le parti du coq, qui se mouille également. Xavier-Luc Duval a par ailleurs évoqué la présence de ce cyclone lors de sa conférence de presse, hier. «Je prends note de la déclaration d’Eshan Juman. Je ne sais pas si c’est une opinion ‘générale’ du PTr ou si c’est son opinion personnelle. Nous sommes en tout cas en phase de réflexion et de coordination avec l’opposition pour ces élections. Cette remarque d’Eshan Juman ne créé pas une entente. On verra où cela nous mène.» Le leader du PMSD a qui plus est fait savoir qu’il demandera des éclaircissements à Navin Ramgoolam.

En attendant, nous avons contacté le président du PTr, Patrick Assirvaden. Celui-ci affirme qu’il prendra connaissance de la déclaration de Xavier-Luc Duval et de celle de Paul Bérenger pour ensuite faire connaître sa position. Roshi Bhadain, lui, demeure silencieux. Serait-ce le calme avant la tempête ?

D’autres questions demeurent : est-ce un orage passager, une tempête dans un verre d’eau ou un ouragan ?

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