Akademi Kreol Repiblik Moris: retards à l’allumage

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Om Varma (à g.), président de l’AKRM, reconnaît qu’il y a eu quelques problèmes. Tandis que le président de la Creol Speaking Union, Arnaud Carpooran, ne trouve aucune raison valable pour ce retard.

Om Varma (à g.), président de l’AKRM, reconnaît qu’il y a eu quelques problèmes. Tandis que le président de la Creol Speaking Union, Arnaud Carpooran, ne trouve aucune raison valable pour ce retard.

Un an sans réunion du «board». Le recrutement d’un cadre qui attend toujours le feu vert du ministère de l’Éducation, un an après que l’appel à candidatures a été lancé. À l’occasion de la journée internationale de la langue maternelle, le dimanche 21 février, c’est un constat de «bouz fix» pour l’Akademi Kreol Repiblik Moris.

L’objectif est précis. Franchir les étapes pour faire de la langue maternelle – le kreol – une langue nationale. Direction donnée à l’Akademi Kreol Repiblik Moris (AKRM), réactivée en octobre 2019. La journée internationale de la langue maternelle, célébrée le dimanche 21 février, est l’occasion de faire le point sur l’avancement de l’AKRM.

D’emblée, Om Varma, directeur du Mauritius Institute of Education (MIE) et président de l’AKRM, reconnaît qu’il y a eu des «soucis pour démarrer». Il affirme que le recrutement d’un Administrative and Research Officer a été finalisé. «Nous attendons l’aval du ministère de l’Éducation.» Une fois ce feu vert obtenu, les activités seront lancées, dit-il. Rappelons que l’avis de recrutement de ce cadre avait été lancé le 24 février 2020. Ce qui fera bientôt un an, en comptant la parenthèse du confinement lié au Covid-19.

Le président de l’AKRM explique que le retard est «en partie dû au Covid-19, mais aussi à cause des étapes administratives à suivre. Mais tout est déjà planifié. Nous avons déjà sélectionné la personne. Nous attendons l’aval du ministère pour aller de l’avant». Une fois ce cadre en poste, le site web de l’AKRM sera activé.

 Om Varma rappelle que le budget de fonctionnement de l’AKRM est acquis. C’était déjà le cas, il y a un an, le 21 février 2020. Selon le président de l’AKRM, l’institution est «prête». «On attend que la personne prenne son poste. Cela prendra peut-être un mois environ à mettre en place.» Il cite aussi le lancement, par la suite, d’un avis à candidatures pour trouver les personnesressources pour le service de traduction. Qu’en est-il des cours de kreol pour adultes ? «Il existe déjà des cours au MIE. Il faut passer par les étapes d’évaluation et de validation du board avant que cela ne soit lancé», indique Om Varma.

 Ces lourdeurs administratives ne sont pas au goût de tout le monde. Des sources parlent même de «dysfonctionnement institutionnel» en soulignant que le board de l’AKRM ne s’est pas réuni depuis février 2020. Il s’agit d’un board où diverses institutions sont représentées (MIE, université de Maurice, ministère des Arts et du Patrimoine culturel, Service diocésain de l’Éducation catholique entre autres).

 Arnaud Carpooran, de la faculté des Humanities et Social sciences de l’université de Maurice, et président de la Creole Speaking Union, est l’un des membres de l’AKRM. «Cette explication représente pour moi un prétexte tout à fait bidon, inventé à la dernière heure pour tenter de justifier une année entière non seulement d’inaction totale, mais aussi et surtout de manque de communication absolu avec les différents représentants d’institutions siégeant sur le board, dont le bureau du Premier ministre. Il a procédé au lancement de cet organisme en octobre 2019 en prenant l’engagement que son gouvernement allait tout faire pour qu’il fonctionne», dit-il.

D’ajouter : «On peut légitimement se demander si de par leur immobilisme pendant un an et leur refus de communiquer avec les différents membres du board, ce n’est pas à l’image du Premier ministre lui-même que les dirigeants de l’AKRM ont porté atteinte, ainsi qu’à celle de la ministre de l’Éducation. Elle avait été fort élogieuse à l’égard de cet organisme lors de son allocution du 5 décembre dernier, lors de la partie protocolaire de la conférence inaugurale du Festival Kiltir ek Langaz Kreol.» La Creole Speaking Union, qui a aussi mis en place des cours de kreol, compte, de son côté, aller de l’avant avec sa formule.

Pour sa part, Menon Munien, secrétaire de l’AKRM, précise que le board est tombé d’accord sur les projets à mener, par phases. Les procédures nécessaires pour réaliser ce que le board a décidé sont en cours. «Dès que l’on arrive à 75 %, 80 % du travail en cours, nous allons certainement tenir tout le monde au courant.» Il ironise : «Si on réunit les gens maintenant, ce sera pour bwar dite manz biskwi. On peut faire cela ailleurs que dans une réunion officielle.»

 Le secrétaire de l’AKRM réitère que l’institution se penche sur «comment installer une manière d’enseigner le kreol aux adultes». En amont, il faut «écrire le curriculum, trouver ceux qui vont assurer les cours. Nous lancerons dès que c’est bon. Nous ne pouvons pas lancer quelque chose qui ne tiendra pas la route». Il cite aussi la mise en place du service de traduction. Ce qui nécessite «une manière d’évaluer ceux qui seront accrédités. Cela prend le temps que cela prend».

Kreol au parlement : traduction de 5 000 pages du hansard

Un comité de pilotage – qui ne dépend pas des ministères – a été constitué en octobre 2020. À l’initiative d’Arnaud Carpooran, président de la Creole Speaking Union, ce comité de pilotage regroupe cinq institutions : l’université de Maurice, l’université de Technologie, l’Open University, l’université des Mascareignes et le MIE. L’objectif de ce comité de pilotage et ses sous-comités est de travailler sur les divers aspects de l’entrée du kreol au Parlement. Arnaud Carpooran indique que «nous avons traduit pratiquement 5 000 pages du Hansard (NdlR, le compte rendu officiel des débats à l’Assemblée nationale). Nous avons traduit toute la partie qui concerne 2019. C’était notre mission. Cela va nous servir de base de données pour les étapes à venir». Cela aidera aussi à mieux comprendre «le modus operandi dans la recherche». Un atelier de travail sur ce sujet est prévu le 27 février.

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