Marche citoyenne: «Nous ne supportons pas l'opposition mais... »

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Une des revendication était la fin des dynasties.

Une des revendication était la fin des dynasties.

Ils étaient des milliers. Même si les organisateurs n’avancent pas de chiffres et si la police parle de «moins de 20 000» personnes. Toujours est-il qu’hier, les Mauriciens étaient une nouvelle fois dans la rue. Pourquoi ? Que veulent-ils ?

Six mois après la marche citoyenne du 29 août 2020, les Mauriciens ont une nouvelle fois répondu à l’appel des organisateurs. Les revendications étaient quasiment les mêmes : #BLD, plus de transparence et la fin des dynasties politiques à Maurice. 

12 h 45 devant la mairie de Port-Louis. Ceux qui ont décidé de venir tôt s’abritent du «gro soley midi» là où ils peuvent : le bâtiment Emmanuel Anquetil, la galerie à côté de la municipalité ou le complexe en face. Les organisateurs, eux, apportent les touches finales aux préparatifs. Un camion a été transformé en estrade, il est «garé» devant la mairie. Les quadricolores, pliés, ne flottent pas encore, mais les conversations tournent autour de l’actualité. Les démissions, les contrats, les décès suspects… À ce moment-là, personne ne veut s’avancer sur une estimation quant au nombre de Mauriciens qui vont faire le déplacement. «Nou la pou dir nou pa dakor. Nou pa pé sounténir lopozisyon, mé la bizin fer enn pacte avec le diable…» avance Indranee. 

13 h 10. Le soleil cogne toujours. Un brouhaha se fait entendre au sein de la foule massée sous le bâtiment Emmanuel Anquetil. Bruneau Laurette arrive en fanfare. La foule l’acclame. En l’espace de quelques minutes, les gens quittent les endroits sis à l’ombre et se massent devant l’estrade. Les haut-parleurs donnent de la voix, la foule s’éveille. Les quadricolores inondent les rues, les slogans et chansons improvisées se font entendre. Le flot de manifestants venant du Champ de Mars, de la rue Desforges ou de la rue de l’Intendance ne tarit pas. En haut du bâtiment, pas de snipers cette fois, mais des photographes et quelques policiers… 

Le cortège se met en marche. On trépigne. Les orateurs ont du mal à se faire entendre. Au milieu des marcheurs, des chefs des partis de l’opposition, ils se saluent et se font discrets. Les marcheurs ont d’autres préoccupations, d’autres revendications. Départ du gouvernement, de l’ordre dans les institutions. Mais pas que. Ceux qui travaillent avec des produits en plastique ne comprennent pas que le gouvernement ne leur a pas accordé un moratoire pour qu’ils aient le temps de se recycler. Les pouvoirs des super conseillers du Premier ministre sont dénoncés. Un Pinocchio en papier fait son apparition, il est sérieusement malmené. Un cercueil en carton est également là. L’épitaphe : BLD. Sur les pancartes, «Bour li déor» ou encore «Bez lui à l’extérieur». De l’imagination, en veux-tu en voilà. 

Devant le bureau du Premier ministre, en face du Parlement, la foule s’arrête. Les décibels grimpent d’un cran, sous le regard quelque peu amusé des policiers. À la place d’Armes, les premiers arrivés s’agglutinent devant le camion-estrade. Face à la foule compacte, les organisateurs demandent aux manifestants de reculer pour montrer qu’ils sont nombreux… 

Le soleil, la chaleur, la sueur, qu’importe, il en faut plus pour venir à bout de la colère, de l’enthousiasme de ceux présents. Après les discours, alors que la foule se disperse, certains, dans un excès de zèle, font brûler le cercueil en carton devant la Government House poussant la police à agir promptement. 

La question est sur toutes les lèvres dès la fin de la marche. «Komié dimounn ti éna ?» Plus de 75 000 selon Rajesh Bhagwan. La foule était comparable à celle au 29 août selon Xavier Duval. La police dira qu’il y avait moins de 20 000 personnes.

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