Affaire Kanakiah: la surprenante conversation entre Reshmee Kanakiah et un haut gradé de la MCIT

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Pravin Kanakiah lors d’un mariage en juillet 2020.

Pravin Kanakiah lors d’un mariage en juillet 2020.

Cela fait 49 jours que le corps sans vie de Pravin Kanakiah a été repêché en mer à La Roche Qui Pleure et que l’autopsie a démontré qu’il ne s’est pas noyé. Ce décès, qui semble tout aussi suspect que celui de Soopramanien Kistnen, estil traité aussi légèrement que celui de l’agent du MSM au début ?

On nous rapporte une conversation qu’aurait eue hier Reshmee Kanakiah, la veuve de Pravin, avec un haut gradé de la Major Crime Investigation Team (MCIT). À la question de savoir si la police a déjà obtenu le Judge’s Order relatif au contenu des appels qu’avait échangés Pravin avant sa disparition, le haut gradé répond par la négative. Lorsque Reshmee Kanakiah lui demande comment il est possible que cette démarche n’ait pas encore été entreprise après tous ces jours, le policier change de version. Il lui dit qu’en fait le Judge’s Order a bien été demandé, reçu et adressé aux différents opérateurs téléphoniques. Mais que ce sont ces derniers qui ne sont pas encore revenus vers la police avec les informations demandées.

Qu’en est-il du témoin qui avait aperçu Pravin Kanakiah en dernier à Réduit ? La réponse de la MCIT : «Ah bon, il y a un témoin qui affirme avoir vu le défunt à Réduit ? Je ne suis  pas au courant.» Reshmee Kanakiah rappelle alors à ce haut gradé que c’est ce qu’elle avait affirmé dans sa déclaration à la police. « .. » Et les caméras d’une compagnie privée qui aurait pu capter les derniers mouvements de Pravin ? «Non, nous n’avons pas encore consulté les images.»

Pravin a-t-il pris le bus?

L’enquêteur de la MCIT revient alors avec l’histoire de caméras qui auraient capté l’image de la victime prenant le bus pour le Sud. Reshmee Kanakiah montre son étonnement puisque le 30 décembre dernier, la police l’a informée qu’en fait, il n’existe pas de telles images et que ce n’est qu’une rumeur lancée par le public. Or, l’enquêteur de la MCIT affirme maintenant que c’est vrai : il existerait bien des images montrant Pravin en train de prendre le bus pour le Sud à Réduit. Incompréhension de son épouse : «Which is which ?» Réponse : «Si le 30 décembre, la police avait nié qu’il existe de telles images comme je vous l’avais dit précédemment, c’est parce que vous (Mme Kanakiah) étiez accompagnée d’avocats quand vous êtes venue me voir. Et nous ne voulons pas que ces derniers refilent ces informations aux médias.»

Elle se sent perdue dans ces explications contradictoires. Toutefois, elle demande à voir ces images dont la police avait déjà parlé mais que l’on n’a pas montrées aux proches de Kanakiah jusqu’à présent. «Je ne pourrai plus vous les montrer. Ces images seront incluses dans le dossier et vous n’en prendrez connaissance qu’en cour.» Si jamais l’affaire va en cour, précise notre interlocuteur, qui nous a rapporté cette conversation. «En attendant, on ne saura rien. Car pour que l’affaire aille en cour, il faut un suspect, à moins qu’il y ait une enquête judiciaire.»

Autre interrogation de Reshmee Kanakiah adressée au haut gradé de la MCIT : le policier qui affirme avoir aperçu Pravin assis sur un banc le jour fatidique (et non sur un rocher, comme écrit précédemment) à Gris-Gris, a-t-il donné son témoignage  par écrit à la police ? Oui, lui répond le policier. Mais il ne veut en dire plus, craignant que ces informations fuitent dans la presse. La veuve ne saura pas non plus si les images des caméras Safe City sur place ont été consultées pour confirmer les propos du policier-témoin, son interlocuteur se contentant de lui dire qu’il n’y a pas de caméra près du banc en question. Alors qu’elle est convaincue du contraire car elle avait pris soin de compter les caméras et les bancs sur le site. Pris au dépourvu, l’enquêteur du MCIT ne répondra plus.

«Plus envie de vous aider»

Le haut gradé, même s’il ne veut rien dire ni montrer à la veuve Kanakiah, lui fera savoir quand même que contrairement à ce qu’a déclaré Me Rama Valayden, son défunt mari n’était pas employé au bureau du Premier ministre. Réponse ou plutôt question de la veuve : «Comment expliquez-vous que la contribution au National Saving Fund soit effectuée par le PMO ?» Pas de réplique du policier qui aura tenté en vain de ne pas impliquer le Prime Minister’s Office dans cette affaire.

La personne qui avait récupéré le sac de Pravin Kanakiah a-t-elle fait une déposition dans ce sens ? «Non, ce n’est pas nécessaire. Une simple entrée dans le dossier comme ‘General Inquiry’ suffit», rétorque le haut gradé.

À la fin de la conversation, le policier fera un aveu de taille à la veuve éplorée : «Au départ je voulais vous aider. Maintenant, je n’ai plus cette envie après que les médias et ces avocats se soient mêlés de cette affaire.»

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