Décès de Roshan Hazareesing: un déclic pour les fédérations sportives

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Les fédérations ont à cœur la sécurité de leurs adhérents et s’activent pour les protéger au maximum. Exemple, l’attestation médicale obligatoire pour l’athlétisme aujourd’hui.

Les fédérations ont à cœur la sécurité de leurs adhérents et s’activent pour les protéger au maximum. Exemple, l’attestation médicale obligatoire pour l’athlétisme aujourd’hui.

Le triathlète Jayrajsing (Roshan) Hazareesing, le traileur Olivier Rozar ou encore l’athlète Guylène Duval. Des noms qui resteront à jamais gravés dans le coeur de tous, amis, proches et sportifs. Ces trois sportifs, qui vivaient à fond leur passion pour leurs disciplines, ont péri en compétition pour les deux premiers nommés et à l’entraînement pour la dernière. 

Toutefois, leurs décès ont conscientisé le monde sportif sur l’importance des assurances médicales ou encore sur celles des certificats médicaux attestant que le sportif est apte à la compétition. 

Cette pratique est courante depuis quelques années déjà au niveau de la Mauritius Athletics Association (MAA). Son président, Vivian Gungaram, souligne que c’est un «must» que chaque athlète soit assuré. «Nous avons une assurance qui couvre les blessures pendant les entraînements officiels et les compétitions. L’athlète doit également être licencié pour en bénéficier. L’assurance pour les blessures peut atteindre Rs 75 000 alors qu’en cas de décès, les parents toucheront Rs 100 000 comme dédommagement. Mais nous sommes en train de revoir cette somme.» Toutefois, la MAA encourage les athlètes à avoir une assurance personnelle également. 

Appui d’un service médical

Hormis cette assurance donnée par la MAA, la fédération a aussi signé un accord avec la Clinique Mauricienne afin que cette dernière soit présente à Réduit lors des compétitions pour parer à toute blessure ou au moindre pépin physique. «Depuis l’année dernière, cela se fait. Et aussi, en cas de blessures des athlètes, nous les envoyons à cette clinique. Certes, dans certains cas comme ceux qui s’entraînent à Flacq, il est mieux qu’ils aillent à l’hôpital qui n’est pas loin.» 

Mais le président donne l’assurance qu’aucune compétition n’est organisée sans l’appui d’un service médical. «Lors de la Ligue de cross qui se fait un peu partout dans le pays, il y a un service de First Aid et le St John Ambulance qui sont présents. Nous avons une couverture médicale que nous payons avec le ministère des Sports également.» 

Par contre, en ce qui concerne le certificat médical, Vivian Gungaram ajoute que la MAA recommande à tous les entraîneurs de clubs et des centres d’emmener leurs protégés effectuer un examen à la Sports Medical Unit (SMU), située à Vacoas. «On prend rendez-vous et ils y vont en début de saison. On n’est jamais trop prudent, que ce soit avec les entraîneurs, ceux qui sont des vétérans et les plus jeunes.» 

Nouveau plan

C’est également le ressenti de Rajessen Desscann, Technical Manager de l’Association mauricienne de tennis de table. «Ce décès a changé la donne pour plusieurs fédérations. On va justement demander une attestation médicale à tous les pongistes – vétérans comme jeunes», soutient-il. 

Ce dernier explique que d’ordinaire, tous ceux qui sont appelés en sélection nationale ont un certificat médical. «Nous avons annoncé ce nouveau plan à tous les jeunes de la sélection. Ils doivent se munir de cette attestation qui est donnée soit dans une clinique soit à la SMU. On ne peut prendre de risque.» 

Par contre, pour l’haltérophile Roilya Ranaivosoa, c’est tout un concept qui doit changer. «Nous faisons un bilan de santé au début de chaque année. Et cela n’est pas efficace. On ne peut pas faire un bilan en début d’année alors qu’une année est composée de douze mois. On ne peut pas se porter bien uniquement en janvier. Selon moi, pour les athlètes du High Level, ce bilan devrait se faire tous les mois car il est primordial de savoir si l’athlète est en bonne santé», propose la multiple médaillée. 

Suivi avec un spécialiste

La leveuse de fonte se pose même la question de savoir si elle a des problèmes cardiaques. «On ne peut pas savoir uniquement un utilisant un appareil cardiaque. Qui sait si j’ai une artère bouchée ? Les athlètes ne savent pas s’ils sont diabétiques ou ont de l’hypertension.» 

Elle va encore plus loin. «Un athlète doit avoir un suivi avec un spécialiste. À l’étranger, on effectue un test sanguin en faisant un prélèvement dans votre oreille. On veut que les athlètes deviennent des professionnels, alors il faut que les soins également soient professionnels.» 

Roilya Ranaivosoa s’insurge contre le fait qu’il n’y ait pas d’assistance médicale quand ils vont en compétition à l’étranger. «L’organisation doit être plus solide. Nous nous entraînons jusqu’à 20 heures et le centre médical ferme à 18 heures. Si nous sommes blessés, devons-nous porter secours à nous-mêmes ? Est-ce que nous, athlètes, avons été formés pour pratiquer les premiers soins à nos amis ?» 

De soutenir qu’elle continuera son combat pour les sportifs. «Un athlète doit être entouré d’une équipe professionnelle. Un physiothérapeute peut être employé pour nous aider. Parce que l’argent ne manque pas au niveau du ministère des Sports. On ne peut pas dépenser à chaque fois de la bourse qu’on reçoit de la High Level Sports Unit. Il ne faut pas oublier que j’ai aussi une vie et des vitamines à acheter. Tout cela a un coût.» Elle espère que le ministère va rectifier le tir…

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